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29/09/2011

Régime Ouattara, vers une fin irréversible

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Hamed Bakayoko, ministre de l’intérieur d’Alassane Ouattara était récemment en visite au Ghana. Une visite de travail au cours de laquelle il a rencontré les exilés ivoiriens vivants dans ce pays. Les propos qu’il leur a tenus, lors de cette rencontre, ont fait la une des journaux proches du pouvoir, qui s’en sont donnés à cœur joie : « Arrêtez de rêver à des coups d`Etat » ou encore: « Aucune magie ne peut faire revenir Gbagbo au pouvoir ». Dans cette Côte d’Ivoire, version Alassane Ouattara, il est récurent de voir des ministres de la république étaler leurs carences politique sur la place publique: des bourdes de Mme Kandia Camara, en passant par les dérives verbales de Koffi Koffi Paul, la liste de carences, vient de s’enrichir de celle du sieur Hamed Bakayoko. Mais ne dit-on pas que l’élève est à l’image du Maître ? Hamed Bakayoko, en effet n’a fait que traduire, par ses propos, la vision politique du régime d’Alassane Ouattara sur la situation que vit la Côte d’Ivoire. Pour ce régime, les populations proches de Laurent Gbagbo, notamment les ivoiriens réfugiés au Ghana, cherchent à opérer un coup d’Etat qui mettrait le Président Laurent Gbagbo au pouvoir. Pour le peuple ivoirien réputé pacifique, quoique résistant, cette appréciation des choses est tout à fait biaisée, car, dit-on, faire de la politique, c’est être capable d’avoir une bonne appréciation de la réalité. Et ne vient pas en politique le premier aventurier. Surtout lorsqu’on aspire à diriger une nation. La politique est un métier, une activité noble qui s’exerce avec aisance et habilité et qui ne souffre pas d’amateurisme. D’ailleurs, les amateurs politiques, tout de suite, on les reconnait. Dixit Laurent Gbagbo. En Côte d’ivoire, les amateurs en politiques sont connus : il s’agit de Ouattara et de son équipe gouvernementale. En effet, accuser les ivoiriens qui se reconnaissent en Laurent Gbagbo, de vouloir fomenter un coup d’Etat, c’est faire preuve de peu de sens critique. Car en réalité, ces ivoiriens ont pleinement épousé la vision de celui qui a affirmé : «…  j’ai passé trente 30 années à lutter dans l’opposition sans prendre le moindre fusil, sans soulever le moindre couteau, ni la moindre aiguille. Et cela n’était pas dû à la personnalité du président Houphouët, ni à son charisme, mais cela était plutôt dû à la conception que j’ai de la politique ». De même, faire croire à ces ivoiriens qu’ils doivent oublier celui qu’ils ont élu pour leur dignité, c’est leur faire une injure et hisser le mépris à son paroxysme. Si Ouattara croit que le renversement de son régime, par un coup d’Etat militaire, viendrait des ivoiriens proches de Gbagbo, le délivrant ainsi des griffes de ses créanciers occidentaux, qu’il se détrompe très vite, car les causes de son imminente chute se trouvent ailleurs. A travers les non-dits du ministre de la république, nous verront comment ce régime si fébrile, porte en lui-même, les germes de sa chute et sème les ingrédients qui l’y conduiront irréversiblement.

On entend encore Hamed Bakayoko, l’envoyé de Ouattara au Ghana, s’époumoner: «Aucune magie ne peut faire revenir Gbagbo au pouvoir ». On comprend bien l’effet recherché par ce dernier, en prononçant de telles paroles. Assurément il cherche à décourager et briser le moral de ceux qui espèrent toujours au retour de leur leader. Pour lui, croire que le Président Laurent Gbagbo reviendra au pouvoir, relève de l’utopie. Il en est convaincu et il le crie avec arrogance et mépris. Première erreur, première mauvaise appréciation de la réalité, par l’apprenti-politicien.

Laurent Gbagbo, c’est bien de lui qu’il s’agit, a dirigé ce pays pendant plusieurs années. C’est un panafricaniste. Un homme qui a su par ses idéaux d’indépendance et de liberté, réveiller la flamme patriotique chez les ivoiriens jaloux de leur souveraineté. Des millions d’ivoiriens se reconnaissent en lui, en ses idées qui fascinent toujours les jeunes générations, malgré l’image de dictateur que les médias occidentaux, à dessein, véhiculent de lui. Il suffit de prêter attention à l’engouement manifesté autour de lui, de sa libération, pour reconnaître que l’homme est loin d’être parti. Et Gbagbo n’est jamais parti et ce n’est pas l’arrivée de Ouattara au pouvoir qui l’ôtera du cœur des ivoiriens. Car Laurent Gbagbo, au-delà de son statut d’homme mortel, incarne la dignité du peuple ivoirien, libéré du joug colonial. Nul n’ignore que c’est ce qui lui vaut aujourd’hui d’être détenu arbitrairement, le temps pour Ouattara et ses complices français de piller ses richesses de la Côte d’Ivoire. Maintenir une telle personnalité en prison, c’est maintenir tous les ivoiriens qui ont pleinement adhéré à sa vision d’une Côte d’Ivoire et d’une Afrique libres. A ce sujet des sources proches du pouvoir de Ouattara avouent : « Son (ndlr Gbagbo) ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme ». Et Abou Cissé, oncle maternel de Ouattara, d’ajouter, à propos du jugement de Laurent Gbagbo: « Ce jugement aura pour conséquence une guerre tribale. Parce que les victorieux d’aujourd’hui seront les vaincus de demain avec pour corollaires des guerres fratricides ». Laurent Gbagbo est et demeure au pouvoir, car le pouvoir, c’est le peuple. Le vrai pouvoir, émane, en effet, du peuple. Or, de qui Ouattara détient-il son pouvoir ? D’une ‘’communauté internationale’’. Ils l’ont dit à qui voulait l’entendre: La ‘’Communauté internationale’’, derrière laquelle se cachent, la France et les Etats-Unis, a reconnu Ouattara comme chef de l’Etat. Que vaut donc l’avis des ivoiriens dans cette affaire ?

La France a installé Ouattara au pouvoir par les armes, au prix du sang de milliers d’ivoiriens, au mépris des lois de la république ivoirienne. Voici la triste vérité qui fâche Ouattara et ses suiveurs. Qui donc Hamed Bakayoko, pense t-il accuser en vociférant : « Arrêtez de rêver à des coups d`Etat » ? C’est bien Ouattara et ses alliés français qui ont orchestré un coup d’Etat le 11 avril 2011. Or donc, le père des coups d’Etat en Côte d’Ivoire, redoute un coup d’Etat qui viserait son régime ? Celui qui règne par l’épée, périra par l’épée dit la Parole. Que dire alors de celui qui règne par les coups d’Etats ? Son récent forfait, date bel et bien du 11 avril dernier. Car, comment qualifier le fait de kidnapper un Président démocratiquement élu, à défaut de n’avoir pas réussi à l’assassiner, de le jeter en prison, d’usurper son titre et de violer la Constitution à son gré ? Si la France et Ouattara n’ont pas assassiné Gbagbo, ce n’est pas par humanisme, car ils en sont dépourvus. C’est bien par un simple calcul : éviter d’en faire un martyr, chose qui ne leur aurait jamais permis de bénéficier de ce semblant de victoire.

Deuxième erreur : en ajoutant : «…cela (ndlr coup d’Etat) ne marchera pas, la communauté internationale ne l`acceptera pas… », Hamed Bakayoko renforce, sans le savoir, le sentiment que nourrissent les ivoiriens au sujet de ce régime: un régime entièrement à la solde des occidentaux. Le régime de Ouattara privilégie et œuvre pour les intérêts des prédateurs occidentaux. A t-il seulement le choix ? Cela, au grand détriment du peuple ivoirien. Un pouvoir en inadéquation avec les aspirations véritables des ivoiriens, ne sera qu’instable et voué à une fin prématurée. D’où la fébrilité de ce régime Ouattariste qui voit partout et en tout, des tentatives de déstabilisations:

- Des religieux osent-ils faire des prédictions sur la chute de Ouattara ? Ils sont immédiatement arrêtés ou recherchés, leur tête mis à prix

- Des journaux se permettent-ils de relater les circonstances réelles de l’accession de Ouattara au pouvoir ? Ils sont automatiquement suspendus

- Des citoyens usent-ils de leur droit de liberté d’expression, en critiquant ouvertement le régime ? Ils sont rapidement enlevés, torturés ou tout simplement exécutés.

Nous nous fatiguons à le répéter toutes les fois où nous en avons l’occasion: la situation que vivent les populations au quotidien en Côte d’Ivoire, est loin d’être ce que Ouattara et ses médias alliés, tentent de faire croire à l’opinion internationale. En effet, une insécurité permanente enveloppe le pays tout entier depuis le 11 avril:

- Les agressions quotidiennes des populations civiles par les Forces pro-ouattara (Frci), ne se comptent plus

- Des mandats d’arrêts intempestifs sont lancés contre des citoyens ayant collaborés avec Laurent Gbagbo

- Des milliers (certains avancent le chiffre de millions) d’ivoiriens exilés, pas du tout enclins à retourner au pays, leur sécurité n’étant pas garantie.

- Un grand nombre de la population se retrouve sans outils de production de richesses du fait de l’opération de déguerpissement initiée par le régime de Ouattara. A cela s’ajoute le nombre déjà alarmant de tous ceux qui ont perdu leurs emplois du fait de la guerre postélectorale.

- Etc.

Que dire de ce qui précède ? Menacer, intimider, maintenir dans une terreur grandissante le peuple qu’on aspire à diriger, c’est creuser soi-même, sa propre tombe. Comme vous pouvez le constater, le pouvoir de Ouattara, régionaliste et tribal à souhait, porte en lui-même, les germes de sa chute et surtout sème le vent qu’il récoltera très bientôt comme une tempête que nul ne pourra plus arrêter. Et comme il est de notre devoir, nous pouvons alors affirmer, avec Kouakou Krah, député du département de Nassian, sans risque de nous tromper : « Le pouvoir Ouattara sera vomis par les Ivoiriens ». Certes, ces ivoiriens n’ont pas la culture des coups d’Etat militaires. Cependant, le moment venu, ils l’accompagneront, à leur façon, dans cette chute, aussi brutale qu’elle soit.

En définitive, il est à retenir qu’aucune armée, si puissante soit-elle, ne peut vaincre un peuple debout et déterminé. L’armée française a remporté une bataille, mais pas la victoire. Ouattara et consorts pensent la tenir sur le peuple ivoirien, mais leur joie sera de courte durée. Et contrairement à ce que l’on dit des âmes bien nées, aux pouvoirs mal édifiés, la chute n’attendra point le nombre des années. Croyez-le, une belle chute avec fracas, car les réalités d’aujourd’hui, ne seront pas celles de demain. Il appartient alors au régime de Ouattara d’attendre dans l’angoisse, le jour et l’heure. En attendant ce moment qui est d’ailleurs arrivé à échéance, ils gagneraient à méditer, se demandant si leurs parrains occidentaux, eux-mêmes aux abois ces derniers temps, seront toujours là pour voler à leur secours.

Marc Micael

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