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13/06/2012

Bruits de déstabilisation: Si seulement monsieur Ouattara et le RDR se souvenaient

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Peut-on, en toute honnêteté intellectuelle, affirmer que le régime actuel en Côte d’Ivoire, est sur la voie de la stabilité ? Cette question mérite d’être posée, étant donné que l’on constate que plus d’un an après avoir pris les rênes du pouvoir, monsieur Alassane Ouattara et son parti politique le Rdr, en sont encore à courir après de supposés ou réels déstabilisateurs. Mais le sage a dit : « connais-toi, toi-même ». Si seulement monsieur Ouattara et le Rdr se souvenaient d’où ils viennent, ils comprendraient très vite… Donnons-nous la peine, dans la présente, de les y aider.


Les déstabilisateurs dits « tapis dans l’ombre » ou qui seraient « clairement identifiés », on en entend parler tous les jours. Notamment dans la presse proche du pouvoir. Au nombre de ceux-ci, compterait Lida Kouassi Moïse, arrêté au Togo, puis extradé, manu-militari en Côte d’Ivoire. Pour prévenir que ce coup de filet n’en sera pas le dernier, monsieur Koné Bruno, porte-parole du gouvernement, martèle : « Les déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire, seront traqués et arrêtés ». Parallèlement, à ce coup d’éclat, des opérations de rafles ‘’sauvages’’, en violation totale des principes élémentaires des droits de l’homme, se déroulent à Abidjan et à l’intérieur du pays. Résultat, des centaines de jeunes gens, soupçonnés d’être ou d’héberger des miliciens pro-Gbagbo, sont molestés et arbitrairement détenus. Pour corser l’addition, une flopée de mandats d’arrêts internationaux sont lancés contre certains exilés, bien plus parce qu’ils sont suspectés de mener des activités subversives contre le régime, que parce qu’ils sont poursuivis pour des crimes commis lors de la crise post-électorale. Lida Kouassi Moïse en est un exemple parmi tant d’autres. Aux dires de monsieur Hamed Bakayoko, ministre de l’intérieur de Ouattara: « pendant son interpellation, il a été saisi en sa possession de documents compromettants, qui l’impliquent dans des projets de déstabilisation de la Côte d’Ivoire ».

Et la rengaine n’en finit pas, pour un régime sur le-qui-vive depuis son avènement et qui croit voir ici et là, des personnes, fomenter contre lui, des coups d’Etat. A tel point qu’il finit par développer une attitude de névrose, s’en mêlant les pinceaux et ne sachant finalement à quel saint se vouer.

Ces derniers temps, comme si monsieur Ouattara et ses collaborateurs avaient décidé de donner un coup d’accélérateur à l’opération « traque et neutralisation des déstabilisateurs », nous assistons à la fois à des auditions des prisonniers politiques - auditions qui visent en réalité à soutirer des informations sur leurs liens supposés avec les ‘’déstabilisateurs’’ - et à l’exhibition dans la presse proche du régime, d’individus, présentés comme des miliciens pro-Gbagbo préparant des attaques. Des lieux sont même cités et dépeints comme des camps d’entrainements de ces derniers.

« On ne sort pas d’une guerre comme si on sort d’un diner-gala ».

Cette citation, pleine de bon sens, est celle d’un grand fils de ce pays. Car la Côte d’Ivoire, pilotée par monsieur Ouattara, revient d’une guerre post-électorale,  mais comment l’en sort-il ? En augmentant la fracture sociale ; en faisant monter les tensions, au delà du seuil qu’elles ne devraient pas dépasser ; en contribuant à renforcer, dans chaque camp, les positions des plus extrémistes... Bref, en pourrissant d’avantage une situation socio-politique, déjà bien précaire. Menaces, arrestations, poursuites, emprisonnements, ont pris l’ascendant sur le dialogue et la réconciliation tant attendus. Ce régime, en se mettant ainsi en état d’alerte maximale, se met une pression inutile. Cette attitude, aux dires des observateurs, ne favorise nullement l’arrivée des investisseurs et la consolidation de la cohésion sociale. De fait, la Côte d’Ivoire est loin d’être sortie de l’auberge, bien après que les armes se soient tuent.

S.O.S. communauté internationale

Par ailleurs, cette bien curieuse attitude qui consiste aggraver les problèmes plus qu’à les résoudre, pourrait bien cacher un autre plan que nous conviendrons d’appeler « S.O.S. communauté internationale ». Nous savons tous aujourd’hui que c’est grâce à l’intervention de la coalition Onuci-Licorne que le régime de Laurent Gbagbo a été renversé. Aujourd’hui, monsieur Ouattara n’ayant pas plus confiance aux Fds qu’en ses propres Frci, a tendance à s’en remettre à ces forces étrangères. En effet, quoi de plus naturel que de se mettre en position ‘’d’agressé’’ pour obtenir de l’aide de ces ‘’alliés’’ ? A ce titre, on sait tous comment ‘’l’opération’’ des femmes tuées à Abobo a donné le feu vert aux bombardements de l’Onuci et de la Force française Licorne.

La récente attaque dans l’extrême sud-ouest ivoirien, à la frontière ivoiro-libérienne, qui a causé la mort de 7 casques bleu nigériens et 5 soldats FRCI, semble être l’aubaine pour notre homme. Tant elle lui ouvre une voie royale afin de demander un appui militaire. L’Onuci à son tour pourrait ainsi décider de renforcer ses troupes et bien évidemment, demander à la force Licorne d’apporter son soutien logistique. Au finish, à quoi ressemblerait la Côte d’Ivoire ? Tout simplement à un pays en état de siège ou à un Etat sous occupation.

Comme peut on le constater, là où les ivoiriens attendent des actes d’apaisement et de réconciliation, ce régime les abreuve de bruits de coups d’Etat, de honteux spectacles d’arrestations, de mandats d’arrêts lancés, de menaces de mort ou d’emprisonnement… Ne vaut-il pas mieux avoir ses opposants près de soi, de sorte à avoir un œil sur eux, que de les contraindre à l’exil, où ils sont hors de tout contrôle ? C’était pourtant l’avis de Félix Houphouët Boigny (paix à son âme), dont Ouattara et ses alliés se targuent aujourd’hui d’être les héritiers.

Un bilan aux allures d’échec cuisant

Pour ses farouches partisans, Alassane Ouattara aurait « fait en un an, plus que ce que Laurent Gbagbo n’aurait fait en dix ans ». Les critiques des observateurs, notamment des média occidentaux, ont bien démontré le contraire. Reconnaissant que beaucoup reste encore à faire, mais  surtout, relevant que la situation socio-politique en Côte d’Ivoire demeure explosive en tout point. Si nous y ajoutons la récente sortie du bureau politique du Pdci, à l’issue de laquelle ce parti reproche à son allié le Rdr et à son mentor Alassane Ouattara de favoriser le ‘’rattrapage ethnique’’, de ne pas  pouvoir rétablir la sécurité totale, de ne pas être parvenu à créer une véritable armée républicaine, de laisser progresser la cherté de la vie, de ne pas mettre tout en œuvre pour que les biens privés soient restitués.., la messe est dite ; le bilan à mi-parcours est un échec cuisant. Monsieur Ouattara doit revoir sa copie.

Alors, après quels ‘’déstabilisateurs’’ courent monsieur Ouattara et le Rdr, s’ils ne parviennent même pas, plus d’un an après, à jeter les bases d’une fondation solide en Côte d’Ivoire ? A ce propos, un internaute ivoirien se demande : « Lorsque les fondations sont à ce point instables, pensez vous que l'immeuble que l'on construit dessus puisse être pérenne » ? A cela nous ajoutons que pour prétendre être dans le viseur des ‘’déstabilisateurs’’, il faudrait tout au moins, bénéficier d’une certaine stabilité. Avec monsieur Ouattara et le Rdr, à quelle étape sommes-nous ?

Des ‘’déstabilisateurs’’, réels ou supposés, dont les sentiments sont exacerbés par les agissements machiavéliques d’un régime aux antipodes de la paix ; un régime aux abois, un bilan à mi-parcours aux perspectives peu rassurantes. L’un mis dans l’autre, on peut d’ores et déjà l’affirmer : la Côte d’Ivoire coure vers le désastre. Mais à monsieur Ouattara et à ses partisans du Rdr, aguerris à l’art de « rendre le pays ingouvernable » et à « frapper les pouvoirs moribonds », que peut-on dire ? Sinon leur citer ce passage : « Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez ». Qui sait si cela les aidera à se souvenir de là où ils viennent, pour bien évidemment, en déduire vers quoi ils s’acheminent.

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

 

 

 

 

Commentaires

En effet,la COTE d'IVOIRE est assise sur une poudrière,qui peut exploser d'un moment à un autre si le régimme actuel n'arrive pas à la DESAMORCER.Quel est ce mode de gouvernance ou on passe son temps à humilier ses ADVERSAIRES POLITIQUES?ce qui fait la CAPACITE d'un GRAND HOMME c'est sa CAPACITE à se mettre au-dessus des clivages politiques,ethniques et religieuses.A bon entendeur à celui qui dirige la COTE d'IVOIRE d'une main de fer dans un gant de velours...que Dieu bénisse les IVOIRIENS et la COTE d'IVOIRE,AMEN...

Écrit par : RitaFlower | 14/06/2012

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