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21/07/2012

Laurent Gbagbo, un fuyard ?

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Certains douteraient-ils encore de la partialité de la Cpi, après le rejet de la demande de liberté provisoire du président Laurent Gbagbo, appuyé par les arguments farfelues de Madame Silvia Fernàndez de Gurmendi juge unique de la Chambre Préliminaire I, de la Cpi ? Depuis belle lurette, la Cpi, cet instrument au service de l’avilissement de l’homme africain, a démontré qu’il se souciait peu que sa crédibilité soit mise à mal dans le conflit ivoirien. Ayant pris fait et cause pour le camp de monsieur Alassane Ouattara, cette institution donne ainsi au régime ouattara, des raisons fondamentales de poursuivre et asseoir sa politique de justice des vainqueurs en Côte d’ivoire.


 


Dans son ordonnance justifiant le rejet de la demande de liberté provisoire, la juge argentine penche dangereusement en faveur des arguments du procureur. Mais c’est surtout l’argument selon lequel Laurent Gbagbo dispose d’un « réseau bien organisé » et dont les objectifs seraient d’organiser la « fuite » de ce dernier, qui apparait le plus ridicule. La démarche de madame Silvia montre combien de fois elle est nettement à côté de la plaque. Si l’objectif de ce « réseau » dont elle fait mention, était d’organiser la fuite de Laurent Gbagbo durant sa liberté provisoire, pourquoi alors ce « réseau » aurait attendu que son leader se retrouve à la Cpi pour vouloir préparer sa fuite ? Car avant même qu’il n’arrive à la Haye, les charges qui pèsent aujourd’hui contre lui étaient plus ou moins connues, alors qu’il était encore emprisonné à Korhogo. Pourquoi donc, avec les moyens dont disposerait ce « réseau », il n’ait pas organisé son évasion et sa fuite au moment où il était encore sur le territoire ivoirien ?

 

Le « réseau » dont elle parle, n’est en réalité, rien d’autre qu’un vaste mouvement qui s’est mis en place spontanément dès que Laurent Gbagbo fut kidnappé et remis par les forces spéciales françaises aux rebelles de monsieur Ouattara, depuis le 11avril 2011. Dans son argumentaire soutenant que ce « réseau » vise la libération de Laurent Gbagbo, la juge cite en pied de page (page 21), des articles de journaux, des déclarations, et diverses activités sur l’internet. Dans cette liste, figure en occurrence le blog de votre serviteur « Afrique Emergente, le blog de Marc Micael », en annexe. Eh bien oui, madame le juge, nous revendiquons, mieux, nous exigeons la « libération pure et simple » de           Laurent Gbagbo, comme nous l’avions écrit dans « Manifestation du 18 juin à la Haye, ça leur fait mal au cœur », notre article incriminé.

(Cf. http://afriquemergente.ivoire-blog.com/archive/2012/06/19/manifestation-du-18-juin-a-haye-ca-leur-fait-mal-au-coeur.html#more).

 

Que reproche-t-on à Laurent Gbagbo qu’on ne pourrait reprocher à monsieur Alassane Ouattara et son « son petit », monsieur Soro Guillaume ? Des crimes contre l’humanité ? Des meurtres ? Des viols et autres délits sexuels ? Des violences, des actes inhumains et des persécutions ? Des crimes qui se sont poursuivis en réalité, avant, pendant et après la prise du pouvoir par monsieur Ouattara, lors de l’offensive de ses forces rebelles sur les zones sud de la Côte d’Ivoire. Faudrait être ainsi frappé de cécité ou de mauvaise foi pour ne pas comprendre le parti pris de la Cpi dans la crise ivoirienne.

 

Le refus d’accorder la liberté provisoire à Laurent Gbagbo est interprété par certains esprits obscurcis comme une désillusion de ses partisans. Mais qu’ils se réveillent donc ! Car quand est ce qu’ils comprendront, eux et la juge de la Chambre Préliminaire I, le sens de la lutte de Laurent Gbagbo et de ses partisans ? Un jour certainement, s’il n’est pas encore trop tard pour eux. Lorsqu’ils voudront bien se réveiller de ce profond sommeil qui les coupe des réalités et des défis présents et à venir du continent africain.

 

Non, la volonté des partisans de Laurent Gbagbo n’est pas de se soustraire à la justice en organisant « la fuite » de ce dernier. Bien au contraire, ils réclament que la vérité soit dite et que justice soit faite. Afin que Laurent Gbagbo soit rétablit dans ses droits et dans sa dignité, pour que la Côte d’ivoire retrouve enfin le chemin de la paix, de la cohésion sociale et de la sérénité. Rien de plus. C’est un devoir de restitution de la vérité que la Cpi doit au peuple ivoirien. Il faut que ce qui est caché soit révélé. Il faut que tous ceux qui sont morts dans cette crise, ne le soient pas en vain. Il faut que justice soit rendue. Voilà ce qu’ils espèrent et réclament. Car à l’image de leur leader la dignité a un sens à leurs yeux. Contrairement aux « sauteurs de clôture » et au « petit-gros frileux », la fuite ne les intéresse guère et ils aiment à affronter la vérité. Voilà ce qui ressort de leurs différentes réactions. De même, qu’est ce que Laurent Gbagbo a à se reprocher, en fuyant ? S’il na pas fui quand les bombes françaises pleuvaient sur sa tête, pourquoi fuirait-il maintenant, alors que sa vie n’est plus menacée ? N’est-ce pas Laurent Gbagbo, le même, qui est rentra prendre sa place, à la tête de son pays en 2002, contre vents et marées, alors que les fusils retentissaient encore et qu’on lui proposait un asile doré en occident ?

 

C’est pourquoi à l’endroit de la Cpi, qu’il nous soit permis de dire que notre mobilisation et notre soutient sans faille à l’égard du digne fils du peuple, Laurent Gbagbo, ne faiblira point, quelque soit le verdict. Ce que madame le juge appelle « réseau » sera un exemple de témoignage et de victoire éclatante pour l’Afrique délivré des chaînes de l’assujettissement, pour les générations futures. Alors, quel exemple laisserait Laurent Gbagbo à ces générations s’il devait fuir ?  

 

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr   

 

08:20 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

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