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26/08/2012

Quand Ouattara demandait cinq ans pour…, assouvir la vengeance du RDR

photo a la Une


La photo à la Une d’un quotidien ivoirien, montrant une mère désemparée, implorant les trois bourreaux FRCI, ayant encerclés son fils agenouillé, s’apprêtant à le torturer, est éloquente, à elle seule. Symptomatique du profond chaos – sur fond de vengeance – dans lequel baigne la Côte d’Ivoire, pendant que « le Chef », lui, se délecte de ses vacances – bien au frais – au pays de l’ex-colon français.


Les tortures, les perquisitions, les rafles sauvages, les descentes musclées dans les villages, les fouilles, les enlèvements, les arrestations pour délits de faciès, ou sur la simple base de l’appartenance ethnique…, par les FRCI, l’armée tribale de Ouattara, se sont intensifiés – à outrance – sur la seule période allant des attaques des commissariats de Yopougon, par le « commando mystérieux », à ce jour.

Certains seront surpris – certainement – par cette description, à la limite « apocalyptique » de la Côte d’Ivoire. Peut-être même que d’autres n’y accorderont aucun crédit. Nous ne leur en voudrons pas. Cela est tout à fait normal. Car ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire, ne concerne, en fait qu’une partie des ivoiriens. L’autre partie – à juste titre – ne se sentant pas concernée, car ayant « la chance » d’être d’une ethnie ou d’une région proche du nouveau régime. Ainsi en a décidé le régime Ouattara. Ainsi va la « brillante » politique du rattrapage ethnique, lancée il y a peu, de la propre bouche de monsieur Ouattara.

Les chantres de la xénophobie et de l’exclusion sont aujourd’hui au pouvoir. Disons-le tout net : ils tiennent – enfin ? - leur revanche. Place au rattrapage ethnique, place à la vengeance du RDR, parti politique d’Alassane Ouattara. Ne cherchez pas loin et regardez, juste autour de vous. Qui sont les cibles et les victimes des FRCI, son armée ? Qui sont ceux qui sont indexés dans ce pays, par son régime, comme étant du côté « des méchants » ? Qui sont-ils, ceux qu’on accuse – sans preuves – de vouloir déstabiliser ce régime RHDP ?

Hier, Ouattara et ses amis, dix ans durant, se sont érigés en martyrs – d’une supposée ou réelle – exclusion et de son corolaire, la xénophobie. Ils se sont dits – moins sentis – exclus, parce qu’étant « musulmans et du nord ». Ils ont même fait de cela un prétexte pour prendre les armes, contre la mère patrie, en 2002. Dans le même temps, ils dépeignirent Laurent Gbagbo comme, l’ultra-nationaliste qui confondait tout, étrangers ressortissants de la CEDEAO et ivoiriens originaires du nord-musulman. Les FDS, forces chargés de la sécurité et de la défense nationale, sont ainsi mis au banc des accusés pour – dit-on – des exactions au centre desquelles, il y aurait un délit de patronyme.

Aujourd’hui, tout naturellement, pour ces « martyrs-revanchards » d’hier, ce n’est que « justice » - celle des vainqueurs - si les FRCI, cette armée majoritairement nordique s’en prend au reste des ivoiriens, notamment, ceux proches de Laurent Gbagbo. Bien sûr, dans l’entendement des responsables du RDR, « les terroristes », ce sont bien, les « gens du FPI », les pro-Gbagbo. Nul doute, c’est d’eux qu’il s’agit quand Karamoko Yayoro (président de la jeunesse du RDR) ordonne « que les FRCI perquisitionnent chaque maison ». Bien sûr, c’est de Yopougon, commune réputée pour être un bastion pro-Gbagbo, qu’il s’agit. Bien sûr, les descentes musclées des FRCI ne se font pas dans les villages du nord de la Côte d’Ivoire, ni à Abobo, mais à Dabou, à Bingerville, à Agboville…, à Duékoué et ses environs, dans le grand ouest... Descentes à l’issue desquelles les FRCI forcenées, ne laissent que tristesse et désolation, convaincus que ces populations sont de mèche avec ceux qu’ils appellent « miliciens pro-Gbagbo ». L’objectif est donc le même, qu’il s’agisse de faire du rattrapage ethnique, de terroriser les ivoiriens ou d’« éradiquer le FPI ». Il s’agit de s’en prendre à des ivoiriens sans défense pour leur appartenance politique ou ethnique, de verser sur eux 10 ans de colère et de haine accumulées. Oui, des ivoiriens, notez bien. Car en effet, qui sont les militants et les dirigeants du FPI ? Qui sont les pro-Gbagbo ? Sinon – et aussi -  des ivoiriens au même titre que les autres, ceux qui hier se disaient exclus.

Au vu de ces agissements, ceux du régime tribal et régionaliste d’Abidjan, il y a – somme toute et depuis le début – une véritable crise de confiance entre administrés et dirigeants. Les dirigeants soupçonnent une certaine frange de la population qui ne leur est pas – forcément – favorable, de prêter main forte « aux assaillants » venus d’on ne sait où et qui en veulent terriblement au régime d’Alassane Ouattara. De fait, cette population est l’objet de toutes sortes d’exactions de la part de La milice tribale, les FRCI – car c’en est une - de Ouattara, véritable gestapo du régime. Cette population, en retour, pensez-vous – en âme et conscience – qu’elle se sente en sécurité avec ses nouveaux dirigeants ? Ne se sent-elle pas trahie par les politiques qui hier, la main sur le cœur, durant la campagne présidentielle, juraient de garantir leur sécurité et celle de leurs biens ? Notamment monsieur Ouattara, à qui toutes ces interrogations s’adressent – en particulier – de façon cruciale ? Car c’est lui, qui est actuellement assis dans le fauteuil présidentiel. C’est lui, le « garant de la sécurité des ivoiriens », tous, sans exclusive, comme le stipule la Constitution ivoirienne. A moins qu’il l’ignore ou, fasse semblant de l’ignorer. Malgré tout…

Alassane Ouattara poursuit allègrement son séjour de vacances, au bord de la Seine, en France. Alors que les échos en provenance de la Côte d’Ivoire – ce pays qu’il a désiré diriger coûte que coûte - ne sont pas, du tout, bons. Alors que ce pays est en proie à une sanglante vague de répressions de la part de son armée, les FRCI, contre d’innocents ivoiriens. Ah nous oubliions, ces ivoiriens ont une appellation, toute particulière : « les pro-Gbagbo ». Est-ce donc ce qui justifie son silence coupable et complice ? Alors que chaque jour, des ivoiriens sont enlevés, portés disparus ou simplement exécutés, du fait des sbires de Ouattara ?

Mais lui, Ouattara, n’en a cure. Pour lui, ce sont – certainement – des « déstabilisateurs », des « miliciens pro-Gbagbo » dont la vie ne vaut rien du tout. Mais…

Soyez rassurés. Ouattara reviendra de ses vacances. Il se tiendra – certainement – devant nous – peut-être - à la télé. Dira – probablement – un discours. Peu importe son contenu. Pour tous ces ivoiriens, martyrisés, profondément blessés dans leur âme par sa politique inique de vengeance, endeuillés par la perte d’un être cher…, cela ne servira à rien - absolument – car il sera, alors trop tard.

Il aura donc suffit de quelques mois, à monsieur Ouattara, pour montrer aux ivoiriens, son vrai visage: celui du rattrapage ethnique, de la haine puis…, de la vengeance. En quelques mois seulement.

Or, ce monsieur, Alassane Ouattara, l’on s’en souvient, se promenait sur ses estrades de campagne présidentielle, desquelles il montrait ses cinq doigts, pour demander aux ivoiriens de lui accorder « cinq ans pour transformer ce pays ». Vous l’aurez vite compris, il s’agissait, en réalité, de cinq ans pour assouvir sa soif de vengeance.

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

21:55 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (1)

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Écrit par : St-Ralph | 26/08/2012

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