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04/11/2012

L’OMBRE DE GBAGBO…

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« Son ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme ».

Extrait des propos d’un membre influent du parti de monsieur Ouattara enregistrés à son insu par l’un de ses amis, proche du milieu des affaires et des hommes politiques. Cet entretien qui mettait en exergue comment Laurent Gbagbo est vu à l’intérieur des cercles Ouattaristes, avait en son temps, été largement diffusé et commenté dans les médias.

Aujourd’hui encore et plus que jamais « l’ombre » de Laurent Gbagbo, ne cesse de hanter les esprits des uns et des autres et même au-delà des frontières ivoiriennes.


La préoccupation de l’opinion internationale

On peut s’en rendre compte. Lorsque le thème de la Côte d’Ivoire est abordé, partout ailleurs, c’est surtout le sujet de la réconciliation nationale qui revient comme préoccupation, avec en toile de fond, le sort du président Laurent Gbagbo, incarcéré au pénitencier de Scheveningen. Il est ainsi aisé de comprendre qu’à travers les différentes analyses et commentaires produits par la plupart des observateurs étrangers de la crise ivoirienne, la question de la réconciliation nationale est intimement liée à celle des partisans de Laurent Gbagbo, de leur participation pleine et entière à ce processus absolument vital pour la Côte d’Ivoire. Or ces ivoiriens, partisans de Laurent  Gbagbo, tout le monde le sait, ne jurent que par leur leader, Laurent Gbagbo, qu’ils jugent injustement incarcéré à la Haye, alors que ses adversaires eux, - non moins coupable que lui – sont en Côte d’Ivoire, libres de tous leurs mouvements.

Comment concevoir donc une réconciliation nationale réussie, c’est-à-dire qui rencontre l’assentiment de tous les ivoiriens, tous sans exclusive, si une partie de ces ivoiriens se sent lésée par l’emprisonnement de ses leaders d’opinions, de ses fils et filles, frères et sœurs, mais surtout, de son chef charismatique Laurent Gbagbo ? That is the question, diront les anglophones.

Le cauchemar du pouvoir en place

En Côte d’ivoire, non plus, impossible de détacher l’image de Laurent Gbagbo des questions se rapportant à la cohésion sociale. On n’efface pas dix ans de règne d’un homme politique de la trempe de Laurent Gbagbo avec des promesses de « pluies de milliards », des coups de pioches ou de  peinture par-ci et par-là. Le pouvoir en place l’apprend bien à ses dépens. En dix-huit mois d’existence, ce régime, comme on peut le constater, se sera démené comme un beau diable pour « effacer » les traces du passage de Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire, mais, malheureusement, pour lui, ce fut en vain.

L’inamovible  Gbagbo a fini par devenir le pire cauchemar d’un régime résolument engagé sur la voie de la vengeance, du dénigrement et de la calomnie. Il ne se donne pour ainsi dire, aucun répit pour salir l’image de cet homme qui servit son pays avec abnégation et ardeur. Pour ce régime, à défaut de l’ôter du cœur de ces millions d’ivoiriens qui se reconnaissent en lui, il faut continuer à entretenir aux yeux de ses partisans encore obnubilés par une « victoire » inespérée, offerte sur un plateau d’argent par les bombes françaises, un Laurent Gbagbo déchu, un dictateur qui ne représente plus rien et qui n’a rien apporté à son pays. Mieux, un Laurent Gbagbo qui serait la source de tous leurs malheurs et qui devrait croupir, pour le restant de ses jours, dans les geôles de la CPI.

Le fait est en réalité - selon ce qui nous a été donnée d’entendre dans les cercles ouattaristes – c’est que la perspective d’un Laurent Gbagbo libre est interprétée par les pro-Ouattara comme une reprise de la guerre en Côte d’Ivoire. Du coup, aux yeux des partisans d’Alassane Ouattara, tout comme aux yeux de leurs leaders  politiques et du régime qu’ils soutiennent, Laurent Gbagbo ne doit, sous aucun prétexte, sortir de prison au risque d’une reprise de la guerre à l’issue de laquelle ils n’imaginent pas le sort qui sera le leur. De quoi transpirer – bien entendu - à grosses gouttes.

Dès lors, il est à noter que la thèse des victimes qui seront « lésées » si l’on devrait libérer cet illustre prisonnier de Scheveningen et ses collaborateurs, n’est qu’un paravent dont se sert le régime en place, pour masquer ses pires craintes.

L’espoir des pro-Gbagbo

Les récentes audiences de la CPI auront eu pour mérite de mettre en exergue l’attachement des ivoiriens pour Laurent Gbagbo, ce digne fils du pays. C’est avec un intérêt certain et particulier que ces derniers ont suivi les récents déroulements des audiences de la CPI dans l’affaire « Laurent Gbagbo contre le Procureur de la CPI ». Les témoignages de tous ces ivoiriens particulièrement préoccupés par le sort d’un Laurent Gbagbo entre les griffes de la CPI est éloquent. Tous ont voulu savoir ce qui pourrait bien être décidé à son sujet. Tous étaient inquiets, certains indignés, d’autres impatients de savoir enfin... ce qui serait décidé à l’issue de ce jeu trouble et troublant de la CPI, cette Cour qui n’inspire ni confiance, ni crédit.

En vérité, tous aspirent à voir enfin,  leur leader incontesté - et ses collaborateurs - entièrement libres et retrouver ce pays, ce peuple qu’ils ont dignement servis. C’est à ce prix-là – seulement - qu’ils daigneront prêter une oreille attentive à ceux qui viennent leur parler de réconciliation. Car à leurs yeux, ceux qui leur parlent aujourd’hui de réconciliation ne peuvent prétendre ne rien se reprocher. Ils ne peuvent donc être juges et partie dans cette profonde crise socio-politique que traverse la Côte d’Ivoire. Laurent   Gbagbo et ses collaborateurs en prison est donc à leurs yeux, le symbole d’une grave injustice qui mérite d’être – avant tout et à tout prix - réparée. La Côte d’Ivoire n’en ressortira que grandit et apaisée.

Au total, nous pouvons affirmer à la suite de ce partisan de Ouattara, que l’ombre de Gbagbo plane et planera longtemps encore sur ce beau pays, cette Côte d’Ivoire en quête de paix et de réconciliation. Il continuera à hanter le quotidien des ivoiriens par les traces indélébiles qu’il aura laissé dans leur vie, durant son mandat à la tête de ce pays. Mais là encore, il ne s’agit que de son ombre. Qu’en sera-t-il de lui-même, libre et appelé à la rescousse dans le processus de réconciliation total de la Côte d’Ivoire ?

Aux tenants actuels du pouvoir, nous rappelons - avant de poser notre plume - ce que l’un d’entre eux a eu le courage de reconnaitre : « Quand vous avez eu affaire à un adversaire politique chevronné, aussi coriace que Laurent Gbagbo, vous ne racolez pas les morceaux aussi aisément après lui ». De quoi méditer.

Dieu veille sur  la Côte d’Ivoire !

Marc Micael

zemami1er@yahoo.fr

19:42 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

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