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07/12/2012

‘’ L’EVANGILE ’’ SELON CARTER III

 

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Carter III, est l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire. A ce titre, ce personnage se croit certainement investit d’une mission – oh, combien de fois - divine auprès de nous autres, pauvres africains qui ne sont pas, selon la thèse à la fois inique et raciste, «assez mûrs pour la démocratie ».

Le représentant des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, version Ouattara, est avant tout en territoire conquis. Il peut par conséquent se permettre tous les écarts dignes d’un prédateur sur sa chasse gardée.

Ainsi, celui dont il est dit qu’il « n’a pas sa langue dans la poche » vient de dévoiler le contenu de sa « mission » : «C’est clair que les Etats-Unis veulent établir une culture démocratique en Côte d’Ivoire », martèle-t-il devant la presse.

Mieux, après avoir annoncé cette « bonne nouvelle » aux ivoiriens, « l’envoyé » de la première puissance mondiale, leur indique le chemin de leur « salut » : «Laurent Gbagbo, s’est rayé et je pense que la question de la réconciliation incombe à ceux qui sont là en côte d’ivoire maintenant. La question de Laurent Gbagbo, à mon avis, c’est une question qui est dépassée ». Parole de Carter III, parole des Etats-Unis d’Amérique !

La presse pro-Ouattara aux yeux de qui – manifestement - cette parole mérite toute confiance, donc revêt un caractère d’évangile, ne s’est pas fait prier pour s’en faire l’écho: « Gbagbo, c’est du passé », « le mythe brisé » ou encore : « cet homme est fini ». Et, pourtant…

Cela est de notoriété que depuis le 11 avril 2011, date de son kidnapping jusqu’à ce jour, Laurent Gbagbo, ou « la question de Laurent Gbagbo » » demeure au cœur du débat politique national, donc au centre des préoccupations se rapportant à la situation socio-politique ivoirienne. A quoi obéit donc les récentes sorties médiatiques du représentant américain ?

Cela est aussi de notoriété que depuis plusieurs mois de présence  à la tête de la Côte d’Ivoire, monsieur Ouattara peine à asseoir définitivement un pouvoir précédé par les bombes occidentales. Un pouvoir fébrile qui, sous les feux des critiques de l’opposition et des observateurs encore lucides de la crise ivoirienne, n’a de cesse de montrer ses limites.

Pour preuve, ses carences en matière des Droits de l’Homme ne sont plus à démontrer. En effet, le régime d’Abidjan fait piètre figure – en ce moment - auprès des organismes internationaux de défense des Droits humains. Que faire pour le « poulain » en danger, sinon voler à son au secours, se sont certainement dit ses soutiens occidentaux, en l’occurrence, la France et les Etats-Unis.

Pour ce faire, la France a tenu à jouer sa partition de « secouriste » au chevet du « poulain » en difficulté. En recevant Alassane Ouattara à l’Elysée, dans une période marquée par les accusations de violations graves des Droits de l’Homme, dont est l’objet le régime d’Alassane Ouattara, il apparait clairement aux yeux de tous que cette France tient à redorer l’image d’un régime dont elle a contribué à l’avènement.

Après la France, c’est donc au tour des Etats-Unis d’entrer en scène au nom de la solidarité entre puissances occidentales ayant des « intérêts » communs à préserver. Et, faut-il le rappeler, Alassane Ouattara est celui qui représente ces «intérêts ».

Si la France elle, met en avant une certaine « embellie économique » dit-on, réussie par Ouattara, pour « noyer » la question des violations massives des Droits Humains en Côte d’Ivoire, les Etats-Unis quant à eux, tentent de nier à Laurent Gbagbo le rôle, sinon l’influence qu’il pourrait avoir sur le processus de réconciliation que l’on s’accorde à reconnaitre qu’il est au point mort.

Laurent Gbagbo peut-il être « fini » en quelques mois seulement de présence à la Haye ? Ce Laurent Gbagbo dont on ne peut nier qu’il a été et demeure encore le choix d’une large majorité d’ivoiriens, qui voient en lui un homme injustement emprisonné au profit de son adversaire Alassane Ouattara, peut-il être « rayé » simplement parce que monsieur Carter, représentant des Etats-Unis l’affirme ?

Ou monsieur Carter III se trompe lourdement sur les réalités de la crise socio-politique ivoirienne, ou  alors il tente de cacher le soleil avec ses mains.

Cette sortie de l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, n’est  - à notre sens - ni plus ni moins une vaine tentative de travestir l’histoire récente de ce pays, en niant à Laurent Gbagbo sa qualité de pièce maitresse dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire.

En effet, Laurent Gbagbo, à travers sa volonté de « gouverner autrement  la Côte d’Ivoire », c’est-à-dire s’écarter de la dialectique du « de la monture (Afrique) et du cavalier (Occident) », est devenu, dès lors, pour les puissances occidentales, « l’homme à abattre ». Un véritable « danger » pour leurs intérêts égocentriques. N’est-ce pas pour cela qu’il fut l’objet d’une campagne de diabolisation visant à le faire passer pour un affreux dictateur ? N’est-ce pas pour cette raison qu’il fut kidnappé à l’issue d’un bombardement continu de sa résidence pour être finalement déporté et fait prisonnier à Scheveningen comme un malpropre ?

Si rien de tout cela n’a en entamé l’admiration et le soutien massif des ivoiriens pour Laurent Gbagbo, que valent alors les paroles de Carter III ? Que valent-elles face à leur mobilisation sans précédent pour la cause de Laurent Gbagbo, pour la cause de la Côte d’Ivoire?

Qu’il soit déclaré « fini » ou « dépassé », Laurent Gbagbo est et reste la figure emblématique de la résistance, l’incarnation de la lutte contre le capitalisme oppressant en Côte d’Ivoire. N’en déplaise à Carter III et les Etats-Unis. Laurent Gbagbo est le porte étendard de la lutte contre l’hégémonie occidentale, insidieuse et mortelle, pratiquée par la France, les Etats-Unis et leurs alliés.

Peine perdue pour Carter III, inutile pour lui de se donner tant de peine et de se perdre en de vaines paroles, fut-il le représentant des Etats-Unis, superpuissance mondiale, en terre ivoirienne. Sa parole ne pourra que représenter seule, pour lui et pour ceux qui veulent bien lui accorder leur attention, parole d’évangile.

Marc Micael

http://afriquemergente.ivoire-blog.com/

 

 

 

21:44 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

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