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29/01/2013

La Résistance aux mains vides

 

Paroles Noires N°02

 

La Résistance aux mains vides

 

Après la « résistance aux mains nues »,

Voici la « résistance aux mains vides » :

 

Elle est entrée dans une noire colère,

Après que son chef eut-été kidnappé,

Elle décida de croiser le fer,

Contre son ennemi juré.

 

A défaut de se désister,

Elle se résolut à résister.

 

D’assurance, de confiance, de persévérance,

De patience,  de constance, de vaillance…,

Seulement, elle s’arma,

Oubliant l’essentiel,

S’en remettant, pour la victoire finale, au ciel,

Dans cette résistance au goût de plus en plus amer.

 

Mais « l’ennemi », calculateur et sans remords,

D’un rire fou, se tord,

Car elle n’a que le courage, le dévouement, le don de soi…, « la résistance ».

Face à son arsenal de guerre si sophistiqué,

Les mains bien vides  de « la résistance » !

Or, ce n’est pourtant pas si compliqué :

Une guerre ne se remporte pas qu’avec la seule volonté,

Il faut y adjoindre les moyens, matériels et financiers.

Elle doit s’y atteler si la victoire finale, « la résistance » veut remporter.

C’est à ce prix-là que de son sacrifice, de son abnégation…, elle pourra pleinement bénéficier

 

Il se tient donc les côtes « l’ennemi », face à cet adversaire sans sou,

Cette pauvre « résistance » qu’il est assuré de tenir en-dessous,

Car lui, sait qu’une guerre ne se fait pas sans grands moyens,

Et que, la fin justifie aussi les moyens.

 

A moins que « la résistance » ne se complaise dans cet état de précarité,

Ceux qui, en son sein, en ont, doivent aider ceux qui n’ont pas assez de moyens,

Les uns doivent mettre avec les autres ensemble, si maigres soient-ils, leurs moyens,

A défaut, elle doit rechercher et élaborer des stratégies pour dénicher les fonds nécessités.

 

C’est seulement à partir de là, qu’elle pourra remporter sa lutte, 

Qu’elle sera une « résistance » qui peut, sans oublier le reste, atteindre son but,

En se refusant de demeurer une « résistance aux mains vides »,

Armée, rien que de volonté, de paroles et d’écritures dont elle est avide,

 

Une « résistance » aux mains désespérément vides,

Prompte à laver en public ses habits sales,

À enfoncer ses propres enfants dans les profondeurs abyssales,

Les vouant, au moindre soupçon, aux gémonies,

Au grand bonheur de… son pire ennemi.

 

Paroles Noires

 

Traîtrise et ‘’galaxie’’ patriotique

Blé Goudé.jpg« Blé Goudé a-t-il trahi ? ». Voici « la question » qui continue de semer la zizanie au sein de ce que l’on a convenu d’appeler « la galaxie patriotique », ou encore « la galaxie des jeunes patriotes ». L’une des questions subsidiaires qui en découle est bien évidemment la suivante : « Y a-t-il eu ‘’deal’’ entre le régime Ouattara et Blé Goudé ? ».

Parce que Blé Goudé n’est pas « n’importe qui » dans le paysage politique ivoirien, parce qu’il fait partie des leaders qui, jusqu’à cette triste date du  11 avril 2011, ont continué à mobiliser « les troupes » pour faire barrage à l’imposture de la coalition franco-onusienne dont le but ultime était d’imposer un certain Alassane Ouattara au peuple ivoirien. Parce que Blé Goudé est le leader incontesté des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo…

Comment donc « ce » Blé Goudé, tout conscient qu’il est d’être « l’homme à abattre » d’un régime qui a juré d’avoir sa peau – régime auquel il a réussi, plus de deux ans durant, à échapper – a-t-il pu se faire arrêter et extrader dans des conditions tout aussi rocambolesques que faciles ? Pourquoi les autorités ghanéennes ne se sont-elles pas opposées -  comme ce fut le cas du ministre Koné Katinan – à son extradition « immédiate » ? Autant de d’interrogations qui confortent ses « compagnons » d’hier – de la ‘’galaxie’’ patriotique - devenus, du coup, ses détracteurs dans la thèse  du « deal ».

Blé Goudé aurait-t-il donc trahi ?

Cette question mérite que l’on s’y attarde et qu’au-delà même des passions. Que nous en faisions une analyse froide et objective. Non pas parce qu’il s’agit simplement de l’individu Blé Goudé, mais que cette énième arrestation d’un proche de Laurent Gbagbo a forcément un impact certain sur cette Côte d’Ivoire meurtrie, en quête de paix et de réconciliation.

Aussi, de peur de nous perdre dans des conjectures faciles et improductives, nous en tiendrons-nous aux faits, rien qu’aux faits. Quand bien même les partisans de la thèse du « deal Blé Goudé-Régime Ouattara » soulèvent dans leurs démonstrations, des suspicions légitimes, il est bon que chacun comprenne que jusqu’à ce que l’on ait les preuves irréfutables de « sa trahison », Blé Goudé bénéficie jusqu’ici – qu’on le veuille ou non -  de « la présomption d’innocence ».

Règlements de comptes entre Blé Goudé et ses « camarades » ? « deal » entre lui et le régime d’Abidjan… ? Que faut-il retenir par-dessus-tout ? C’est qu’une fois de plus le processus de réconciliation national – saboté par une justice à vitesse variable -  vient, une fois de plus, d’être mis à mal, aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

Car comment des dirigeants qui disent rechercher la paix et la réconciliation, peuvent-ils ramer contre-courant de ce qu’ils disent rechercher ? Il y a là absolument un amalgame voulu, doublé d’une incompétence notoire et d’un manque de véritable vision politique des nouvelles autorités ivoiriennes pour la Côte d’Ivoire. Toute chose que nous nous empressons de dénoncer ici.

Une justice à vitesse variable. Une justice nationale et internationale qui -  délibérément - ont décidé de ne punir que les partisans de Laurent Gbagbo, diabolisés à dessein. Pourtant nul ne peut soutenir – sauf s’il est animé d’une mauvaise foi – que le camp d’en face - celui d’Alassane Ouattara - est exempt de tout crime.

Alors, nous soutenons que, de deux choses, l’une : soit on applique – d’abord -  la justice. Mais une justice équitable pour tous, appliquée dans toute la rigueur de la loi. Soit, on se réconcilie – ensuite - tout simplement en faisant en sorte de réunir tous les fils et filles de la, Côte d’Ivoire, autour de leur patrie commune. Pour que démarre enfin, le vrai jeu politique et s’installe une véritable démocratie, gages de tous les progrès, sociaux, économiques et culturels.

Malheureusement, nous sommes bien loin d’un tel schéma. Le régime de monsieur Ouattara peine visiblement à mettre en place les mécanismes d’un Etat démocratique et véritablement de Droit. Il n’y a pas quatre chemins pour trouver les causes de cet état de fait : on n’impose pas un dirigeant indigne à un peuple, pour ensuite le spolier et l’embastiller de concert avec ce dernier. Ni par la force, ni par des coups foireux.

Voilà, le mal de la Côte d’Ivoire. Voici ce qui devrait être et rester l’objet de la lutte, menée par l’opposition ivoirienne, c’est à dire l’ensemble de la ‘’galaxie’’ patriotique et le Front Populaire Ivoirien (FPI), au-delà même de ses querelles intestines et des ambitions individualistes, certes inévitables, mais qui ne doivent en aucun cas, constituer un frein à son élan dans la lutte pour la reconquête du pouvoir.

Cela, l’excellent Théophile Kouamouo, le relève de fort belle manière lorsqu’il affirme : « L’opposition ivoirienne, naturellement menée par le Front populaire ivoirien (FPI), est engagée dans un combat dont elle ne maîtrise absolument pas les échéances les plus importantes. Le vrai enjeu pour elle est de maintenir et de renforcer ses outils idéologiques structurants. Ce n’est pas pour rien que le régime travaille au corps à corps le FPI, flattant certains hiérarques, jetant d’autres en prison pour faire place nette et obtenir une entrée au gouvernement qui serait, pour le coup, une véritable trahison. Dans quelle mesure ce travail patient porte-t-il ses fruits, crée-t-il de mortelles suspicions et des ambitions inavouables, entrave-t-il les nécessaires pressions destinées à contraindre le pouvoir à laisser libre cours à une activité politique normale et contradictoire ? Qu’est-ce qui relève, dans la diaspora, de l’activisme de positionnement ou de «défoulement», et qu’est-ce qui participe à éclairer les consciences sur la nature réelle de la dictature ivoirienne, à rallier les alliés objectifs, à faire bouger les lignes chez les autres ? Ces questions sont incontournables ».

En tout état de cause, cette ‘’galaxie’’ patriotique doit s’interroger d’avantage : à qui profite ces divisions ? A qui profite ces bruits de traitrise qui l’agite et disperse inutilement ses forces ?

Marc Micael

http://afriquemergente.ivoire-blog.com/

 

 

 

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26/01/2013

Traîtrise et ‘’galaxie’’ patriotique

 

 

 

Blé Goudé.jpg« Blé Goudé a-t-il trahi ? ». Voici « la question » qui continue de semer la zizanie au sein de ce que l’on a convenu d’appeler « la galaxie patriotique », ou encore « la galaxie des jeunes patriotes ». L’une des questions subsidiaires qui en découle est bien évidemment la suivante : « Y a-t-il eu ‘’deal’’ entre le régime Ouattara et Blé Goudé ? ».

 

Parce que Blé Goudé n’est pas « n’importe qui » dans le paysage politique ivoirien, parce qu’il fait partie des leaders qui, jusqu’à cette triste date du  11 avril 2011, ont continué à mobiliser « les troupes » pour faire barrage à l’imposture de la coalition franco-onusienne dont le but ultime était d’imposer un certain Alassane Ouattara au peuple ivoirien. Parce que Blé Goudé est le leader incontesté des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo…

 

Comment donc « ce » Blé Goudé, tout conscient qu’il est d’être « l’homme à abattre » d’un régime qui a juré d’avoir sa peau – régime auquel il a réussi, plus de deux ans durant, à échapper – a-t-il pu se faire arrêter et extrader dans des conditions tout aussi rocambolesques que faciles ? Pourquoi les autorités ghanéennes ne se sont-elles pas opposées -  comme ce fut le cas du ministre Koné Katinan – à son extradition « immédiate » ? Autant de d’interrogations qui confortent ses « compagnons » d’hier – de la ‘’galaxie’’ patriotique - devenus, du coup, ses détracteurs dans la thèse  du « deal ».

 

Blé Goudé aurait-t-il donc trahi ?

 

Cette question mérite que l’on s’y attarde et qu’au-delà même des passions. Que nous en faisions une analyse froide et objective. Non pas parce qu’il s’agit simplement de l’individu Blé Goudé, mais que cette énième arrestation d’un proche de Laurent Gbagbo a forcément un impact certain sur cette Côte d’Ivoire meurtrie, en quête de paix et de réconciliation.

 

Aussi, de peur de nous perdre dans des conjectures faciles et improductives, nous en tiendrons-nous aux faits, rien qu’aux faits. Quand bien même les partisans de la thèse du « deal Blé Goudé-Régime Ouattara » soulèvent dans leurs démonstrations, des suspicions légitimes, il est bon que chacun comprenne que jusqu’à ce que l’on ait les preuves irréfutables de « sa trahison », Blé Goudé bénéficie jusqu’ici – qu’on le veuille ou non -  de « la présomption d’innocence ».

 

Règlements de comptes entre Blé Goudé et ses « camarades » ? « deal » entre lui et le régime d’Abidjan… ? Que faut-il retenir par-dessus-tout ? C’est qu’une fois de plus le processus de réconciliation national – saboté par une justice à vitesse variable -  vient, une fois de plus, d’être mis à mal, aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

 

Car comment des dirigeants qui disent rechercher la paix et la réconciliation, peuvent-ils ramer contre-courant de ce qu’ils disent rechercher ? Il y a là absolument un amalgame voulu, doublé d’une incompétence notoire et d’un manque de véritable vision politique des nouvelles autorités ivoiriennes pour la Côte d’Ivoire. Toute chose que nous nous empressons de dénoncer ici.

 

Une justice à vitesse variable. Une justice nationale et internationale qui -  délibérément - ont décidé de ne punir que les partisans de Laurent Gbagbo, diabolisés à dessein. Pourtant nul ne peut soutenir – sauf s’il est animé d’une mauvaise foi – que le camp d’en face - celui d’Alassane Ouattara - est exempt de tout crime.

 

Alors, nous soutenons que, de deux choses, l’une : soit on applique – d’abord -  la justice. Mais une justice équitable pour tous, appliquée dans toute la rigueur de la loi. Soit, on se réconcilie – ensuite - tout simplement en faisant en sorte de réunir tous les fils et filles de la, Côte d’Ivoire, autour de leur patrie commune. Pour que démarre enfin, le vrai jeu politique et s’installe une véritable démocratie, gages de tous les progrès, sociaux, économiques et culturels.

 

Malheureusement, nous sommes bien loin d’un tel schéma. Le régime de monsieur Ouattara peine visiblement à mettre en place les mécanismes d’un Etat démocratique et véritablement de Droit. Il n’y a pas quatre chemins pour trouver les causes de cet état de fait : on n’impose pas un dirigeant indigne à un peuple, pour ensuite le spolier et l’embastiller de concert avec ce dernier. Ni par la force, ni par des coups foireux.

 

Voilà, le mal de la Côte d’Ivoire. Voici ce qui devrait être et rester l’objet de la lutte, menée par l’opposition ivoirienne, c’est à dire l’ensemble de la ‘’galaxie’’ patriotique et le Front Populaire Ivoirien (FPI), au-delà même de ses querelles intestines et des ambitions individualistes, certes inévitables, mais qui ne doivent en aucun cas, constituer un frein à son élan dans la lutte pour la reconquête du pouvoir.

 

Cela, l’excellent Théophile Kouamouo, le relève de fort belle manière lorsqu’il affirme : « L’opposition ivoirienne, naturellement menée par le Front populaire ivoirien (FPI), est engagée dans un combat dont elle ne maîtrise absolument pas les échéances les plus importantes. Le vrai enjeu pour elle est de maintenir et de renforcer ses outils idéologiques structurants. Ce n’est pas pour rien que le régime travaille au corps à corps le FPI, flattant certains hiérarques, jetant d’autres en prison pour faire place nette et obtenir une entrée au gouvernement qui serait, pour le coup, une véritable trahison. Dans quelle mesure ce travail patient porte-t-il ses fruits, crée-t-il de mortelles suspicions et des ambitions inavouables, entrave-t-il les nécessaires pressions destinées à contraindre le pouvoir à laisser libre cours à une activité politique normale et contradictoire ? Qu’est-ce qui relève, dans la diaspora, de l’activisme de positionnement ou de «défoulement», et qu’est-ce qui participe à éclairer les consciences sur la nature réelle de la dictature ivoirienne, à rallier les alliés objectifs, à faire bouger les lignes chez les autres ? Ces questions sont incontournables ».

 

En tout état de cause, cette ‘’galaxie’’ patriotique doit s’interroger d’avantage : à qui profite ces divisions ? A qui profite ces bruits de traitrise qui l’agite et disperse inutilement ses forces ?

 

Marc Micael

 

http://afriquemergente.ivoire-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

15:06 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

16/01/2013

Mali, nous n'y croyons pas

 

Soldats français.jpgLa France en Libye, en Côte d’Ivoire…, la France, encore la France. Au Mali cette fois. Elle y a déployé l’artillerie lourde. Sauve-qui-peut chez les islamistes armés, surpris par une intervention française si prompte, si résolue…

La France et son indéfectible « amour » pour notre « pauvre » Afrique, un amour si envahissant !

La main sur le cœur, la France s’est toujours précipitée au chevet de nos Etats africains « agonisants ». Sans changer un seul iota à son refrain : « rétablir la démocratie, lutter contre l’injustice, sauver l’humanité, lutter contre le terrorisme…, ». Pourtant… après son passage, il n’y a que chaos et confusion.

C’est pourquoi, nous autres africains, témoins privilégiés, des agissements de cette France, puissance coloniale, nous, observateurs avertis de ses passages remarquables et remarqués, nous ne nous laisserons pas séduire. Non, nous n’applaudirons pas les actions d’éclat de la France. Ni aujourd’hui au Mali, ni demain, ailleurs sur le continent.

Quoique son intervention pour stopper l’avancée des islamistes radicaux sur Bamako, la capitale aura permis d’éviter des pertes en vies humaines, nous le reconnaissons certes. Tout le mérite de cette intervention se trouve-là. Pas plus.

D’ailleurs, l’on aurait évité d’en arriver-là. D’en avoir recours à une intervention occidentale, notamment française. Si nous, africains avions accepté de prendre nos responsabilités an anticipant sur les évènements. Mais hélas, mille fois hélas. L’Afrique et ses tares ! Son manque de volonté réelle de s’affranchir du joug colonial, ses atermoiements, son laxisme démesuré… Tout ceci, les uns dans les autres a contribué à faire le lit des occidentaux, notamment de la France.

La France, cette puissance en pleine désuétude envers laquelle nous africains restons pourtant obligés et invariablement redevables. La France qui se permet – et à qui nous permettons aussi - de jouer « les gendarmes » sur le continent avec en toile de fond, des intérêts – ses intérêts - aux contours volontairement flous...

On peut le dire, le Mali, aujourd’hui, est entre peur et espoir. L’espoir de voir les agresseurs renoncer à leurs projets de déstabilisation. Mais aussi et surtout la peur de voir la guerre s’éterniser et la France s’accaparer plus de « droits » qu’elle n’en avait, en sa qualité de « super-défenseur » du Mali. Mettant du coup en péril la souveraineté (si du moins il n’en a jamais eu) du Mali.

Ainsi, sitôt le ouf de soulagement poussé, nous envahit cette sensation de honte. Honte de nous-mêmes. Honte d’être si impuissants, honte d’étaler nos tares africaines au vu et au su du mon entier. Le Nigéria dit ne pas être prêt. Les voisins nigériens, sénégalais…, n’en disent pas mieux. L’armée Malienne quant à elle, est devenue subitement inexistante. Afrique indigne !

La France, encore et toujours la France en expédition chez nous en Afrique. Alors surgit des souvenirs douloureux. Hier en Côte d’Ivoire, en Libye, au Rwanda... aujourd’hui au Mali. Et ensuite ?

Après, nous saute en plein visage, la question lancinante de la « reconnaissance » envers la France, cette France conquérante en terre africaine. Parce que nous avons failli. Parce que nous, éternels africains assistés, nous voulons faillir.

Faut-il y croire ? Faut-il accorder du crédit aux propos de monsieur Holland, représentant français, quand il clame haut et fort, au sujet du Mali que « la France n’a d’autre but que la lutte contre le terrorisme » ?

En fait, pour qui lutte l’armée française ? Pour qui est-ce qu’un soldat français irait-il risquer sa peau, donner sa vie ? Pour sa patrie, la France, bien entendu. Aucun soldat ne dira le contraire.

Toute nation qui combat, combat d’abord et avant tout pour ses propres intérêts, secret de polichinelle. En voici l’axiome : « les pays n’ont pas d’amis… ». Les entreprises françaises implantées au Mali, sont des intérêts français. Les ressortissants français vivants au Mali, sont des intérêts français. Le pays lui-même, ex-colonie française, est un intérêt français. Qu’aurait pensé l’opinion publique française si ces intérêts étaient mis à mal ? C’est là qu’il faut aussi chercher et rester vigilants par-dessus-tout.

Au-delà de notre indignation, quoiqu’impuissants – si du moins, nous voulons le rester – force est de reconnaitre que le Mali, pays naguère « vitrine de la démocratie africaine », est inexorablement, en pleine décomposition avec tous ces évènements malheureux se succédant en cascades, dont on saura tôt ou tard ceux qui en tirent les ficelles.

Et ce n’est ni l’usage des armes pour la prise du pouvoir, ni l’intervention militaire française qui y changeront grand-chose.

Marc Micael

zemami1er@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

09:12 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2013

Assièhoussou* !

 

Ahoussou-Dao2.jpg

 

Il était une fois en ouattarandie, au royaume de l’empereur Ouattara 1er,

Des ministres dont Ahoussou était le premier.

 

Mais Ahoussou n’était pas l’homme qu’il lui fallait.

Alors l’empereur le chassa sans vergogne du palais.

 

Ahoussou, ivre de rage,

Se retrancha aux confins de son village,

Fit des imprécations contre son monarque ingrat,

Pour qu’advienne que pourra !

 

Un jour, pris - peut-être - de remords,

L’empereur, Ouattara 1er rappela à ses côtés Ahoussou, le sujet banni

Le ressuscitant - du coup - du « séjour des morts ».

Ahoussou ne cracha pas sur ce « pain béni »,

Fut-ce, cette-fois, pour laver les assiettes à son mentor

 

Et, comme des chiens qui retournent à leurs vomissures,

Le monarque et son vassal ravalèrent leur dignité.

En ouattarandie, comme jadis, au royaume des tyrans patentés,

La lâcheté et la couardise, étaient sans commune mesure.

 

Ainsi, au royaume de l’empereur Ouattara 1er, des modèles comme Ahoussou,

Il y en avait, et le monarque les aimait.

Des gens encore plus passionnés par une cupidité sans égal

Que par une conviction en un quelconque idéal,

Des gens dont la foi vacille face à des sacs à sous,

Il les aimait.

 

Mais, oh calamité !

Ouattara 1er, le despote, aimait aussi répandre le sang avec une sauvage cruauté

C’était surtout l’un de ses extraordinaires « talents ».  

En fait, ce suzerain était dans son genre, un « génie » ambulant

 

Mais pas n’importe lequel des génies: un véritable assièhoussou* !

Là-bas, au pays des anciens, l’on dit toujours que tout ce que t’offre l’assièhoussou,

Il te le fera payer au prix fort, le moment venu.

Alors comme Ahoussou, nous voilà prévenus.

 

Paroles Noires

 

* génie maléfique (en langue baoulé)

09/01/2013

Côte d’Ivoire, Ouattara est là, le malheur aussi

 

Ouattara le malheur.jpegDu l’angoisse et même du dégoût. Ce sont des sentiments que l’on ne peut s’empêcher de d’éprouver face à cette vagues de malédictions, que dis-je, de malheurs qui s’abattent sur la Côte d’Ivoire, depuis qu’un certain Alassane Ouattara est au pouvoir.

Du « plongeon » d’un bus de la Sotra dans la lagune Ebrié, en passant par les innombrables incendies, pour enfin en arriver à « la bousculade de la Saint-Sylvestre » (pour ne citer que ces catastrophes-là)…, disons-le tout net, la « bousculade des feux d’artifices » est un acte terroriste et un crime odieux perpétré par l’irresponsabilité de ceux qui ont pataugé dans le sang des ivoiriens pour se hisser aujourd’hui au pouvoir.

Ici, comme toujours, le crime porte un nom et une marque déposée: Alassane Ouattara. Les exécutants sont connus : les extrémistes pro-Ouattara, qui ignorent tout du concept de « l’ordre et de la discipline ». Des milliers de voyous surchauffés à blanc, certainement sous l’effet de substances hallucinogènes, venus des sombres quartiers de la capitale, ont – certainement - voulut se faire remarquer. Et de quelles manières ? Résultat : plus d’une soixantaine de personnes « massacrées », femmes et enfants compris.

Du temps où « le général » Blé Goudé organisait ses rassemblements, jamais l’on a assisté à pareil drame !

Mais voilà nos amis au pouvoir rattrapé par leur propre incompétence. En lieu et place de la sensibilisation, l’éducation et la formation de leurs militants, ils ont plutôt passé leur temps – aveuglés - à ruminer leur haine viscérale contre Gbagbo et le FPI.

Voici donc l’image de leur mentor, fragilisée, lui aussi par sa propre incompétence, rattrapé par 10 ans de coups fourrés, submergé par son pacte inique avec des assassins rebelles. Le voilà mains et pieds liés par une alliance démoniaque avec les prédateurs de l’Afrique.

A quoi bon fatiguer nos méninges à apporter, à ces personnes qui se refusent à accepter et à comprendre qu’ils sont mis à nu ? A quoi bon ? A quoi bon nous fatiguer à répondre à leurs élucubrations ?

Tout se résume pourtant en cette simple question : « A qui profite le crime ? ». Certainement à ceux pour qui, la vie humaine n’a aucun sens. A ceux qui n’ont pas hésité pour leurs ambitions iniques de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel, à fermer les banques, à empêcher les médicaments de soigner les malades agonisants dans les lits d’hôpitaux, à ouvrir le feu sur des jeunes ivoiriens aux mains nues dans les rues… Des mauvaises langues vont jusqu’à dire que ces crimes répondent à des besoins de sacrifices humains, confirmant que nous sommes bien en Afrique, l’Afrique et ses mystères…

La Côte d’Ivoire ressemble donc à un navire qui tangue dangereusement dans des eaux maléfiques, avec aux commandes, un capitaine « maudit ».

Comme toujours, la question centrale – à ne surtout pas oublier - est la même : « Comment en sommes-nous arrivés là ? ». Comment sommes-nous – pratiquement -  parvenus à ce stade de chaos et de malheur avancé ? Car le malheur est là, sous nos yeux, dans notre quotidien : Alassane Ouattara.

Face à tout ceci : l’ivoirien est angoissé, terrifié. Il n’a plus confiance en « ses dirigeants », en « ses hommes politiques ». C’est même peu de dire qu’il est déçu. Car les nouvelles ne sont pas bonnes, non, pas du tout. Et l’avenir s’annonce ombrageux, avec en perspective des circonstances plus dramatiques encore.

Des dirigeants indignes, sensés ramener le calme, l’apaisement et la quiétude, mais qui malheureusement étalent leurs  lacunes et leur incapacité. Quoi de plus normal que le malheur s’abatte ainsi sur la Côte d’Ivoire !

Vous avez dit « solution » pour la Côte d’Ivoire ? Dites plutôt « malédictions» pour la Côte d’Ivoire.

Marc Micael

 

 

16:49 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (1)

08/01/2013

CÔTE D’IVOIRE, COTÉ VERSO




alassane dramane.jpg

Belle, riche, magnifique…, les adjectifs ne manquent pas pour parler de la Côte d’Ivoire. Un pays que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier – à juste titre d’ailleurs - de « béni de Dieu ». N’est-ce pas aussi ce qui lui vaut tant de malheurs, de crises à n’en point finir ?

Certes on en parle souvent en oubliant que ce remarquable pays - la Côte d’Ivoire - ne se limite pas qu’aux seules populations ou aux élites urbaines. Peut-être, serions plus conscients du drame ivoirien, peut-être, serions-nous plus averti sur la tragédie que vit ce pays en prenant la peine d’aller plus loin qu’Abidjan et ses banlieues. Pour une fois, en quittant nos  claviers d’ordinateurs, nos écrans de téléviseurs, bref tout ce qui fait de nous des citadins cloîtrés, pour écouter et savoir ce que  ces autres ivoiriens, ceux qui résident en campagne ont, eux aussi vécu, durant les heures sombres de la crise post-électorale.

Dès lors, pourrions-nous mieux comprendre comment ces derniers appréhendent l’avenir, à présent que le chaos s’est installé ? Quelles sont leurs profondes aspirations dans un pays certes meurtris mais qui est aussi le leur ? Car en effet, le pouvoir qui focalise notre attention – la conquête, la gestion du pouvoir - peut-il revêtir son vrai sens, conserver sa vraie valeur, si l’on oublie qu’en dehors d’Abidjan et de certaines grandes villes, il y a aussi la Côte d’Ivoire ? Cette Côte d’Ivoire profonde, rurale, la Côte d’Ivoire côté verso, cette Côte d’Ivoire occultée.

Car en effet, ce que l’on voit, lit et entend dans les médias, très souvent, ne reflète malheureusement pas assez cette Côte d’Ivoire que l’on dit « une et indivisible ».

La plupart des villages ivoiriens sont constitués de deux principaux types  de d’habitants : les autochtones et les allogènes. Des allogènes qui dépassent parfois en nombre leurs tuteurs autochtones. Normal pour un pays qui a accueilli et qui accueille encore des vagues entières d’immigrés essentiellement venus des pays de la CEDEAO, attirés par l’apparente prospérité de ce pays, mais aussi d’ivoiriens venus d’autres régions à la recherche de terres arables. Les allogènes occupent donc des terres depuis plusieurs années à tel point qu’il est parfois difficile aux jeunes générations d’autochtones d’en avoir, le moment venu. D’où les fréquents conflits fonciers qui jusqu’ici n’ont jamais dépassé le seuil de violence auquel nous avons assisté durant cette crise.

Comme dans presque tous ces villages, la cohabitation entre autochtones et allogènes naguère pacifique et empreint de respect mutuel, à la faveur de la récente crise post-électorale, disons-le tout net, a pris un véritable coup de froid. Car la politique, celle-là inique et cynique est passée par là.

Plus d’une décennie de campagnes d’intoxication menée par des gens qui disaient combattre l’exclusion que subissaient certains ivoiriens et la xénophobie pratiquée – selon leurs dires - contre les étrangers, aura bien plus contribué à créer une telle fracture sociale que la crise post-électorale elle-même. Crise qui n’était, en fait qu’un prétexte pour assouvir tant haines et de vengeances fabriquées et attisées durant toutes ces années par ces chantres de la prétendue «xénophobie-exclusion » en Côte d’Ivoire.

Ce qui s’est passé dans la plupart de ces villages si hospitaliers et en majorités situés dans la partie sud du pays, durant et après la chevauchée de la soldatesque sanguinaire aux ordres de monsieur Ouattara, est troublant, voire traumatisant, au plus haut point.

Un villageois, la voix encore pleine d’émotions raconte : « Nous étions terrés dans nos maisons, avec nos femmes et nos enfants. Des hommes en arme avaient pris le contrôle de notre village, semant partout la terreur. Ce qui nous a le plus choqué, c’est que ces tueurs étaient soutenus et aidés par ceux que nous avons accueilli chez nous depuis plusieurs décennies. Ce sont ces derniers qui indiquaient nos maisons et ceux d’entre nous qu’ils jugeaient proches de Laurent Gbagbo. Nos maisons étaient systématiquement fouillées, passées au peigne fin. Gare à celui chez qui ils trouvaient un poster, un tee-shirt à l’effigie de Laurent Gbagbo, ou même le numéro d’un journal « bleu ». Celui-là était d’office considéré comme un homme mort, un ennemi juré du nouveau régime dont le mentor n’est nul autre qu’Alassane Ouattara ».

Un autre relate comment des autochtones du village, essentiellement des jeunes, ont été pourchassés, contraints à fuir nuitamment leur propre village, à se refugier dans la brousse, abandonnant femmes et enfants. Il nous explique encore comment ceux qui n’ont pas eu la chance de fuir furent capturés, découpés à la machette, massacrés à coups de gourdins ou fusillés de sang froid.

Ces villageois avaient du mal à comprendre pourquoi leurs hôtes pactisaient avec ceux qui en voulaient à leur vie. Le plus ahurissant pour eux, fut certainement l’attitude hautaine, provocatrice et pleine de mépris de leurs frères venus d’ailleurs quand ils apprirent la chute du régime de Laurent Gbagbo et que monsieur Ouattara présiderait désormais aux destinées de ce pays.

A la question de savoir pourquoi, ils n’ont pas réagi face à cette vague de violence et de représailles dont ils furent les victimes expiatoires car étant sur leurs propres terres, la réponse nous parut à la fois simple et déconcertante : « Jamais de notre existence, nous n’avons assisté à tant de barbarie et de sauvagerie ! Jamais nous n’avons vu de nos propres yeux,  la violence portée à son paroxysme, comme s’y adonnèrent nos frères étrangers. Nous ne nous y attendions pas du tout. Voilà ce qui nous a ôté toutes nos forces. Nous, nous sommes un peuple pacifique. Nos querelles, quelles qu’elles soient, ne nous ont jamais poussé à verser tant de sang». Ce sont donc des personnes résignées, des populations autochtones encore traumatisées, hantées par cette sombre période d’horreur et d’angoisse certes, qui essayent tant bien que mal de s’en remettre, que nous avons rencontré.

Désormais, entre autochtones et allogènes, la méfiance est de mise. Ceux qui s’adonnèrent aux représailles sont encore présent dans les villages. Certains de ceux qui furent contraints à fuir – aux premières heures - pour sauver leur vie, sont progressivement revenus. Ceux qui ne fuirent pas mais qui furent néanmoins des victimes humiliées et choquées sont aussi là, rage, colère et indignation contenues.

Les uns et les autres se regardent en chiens de faïence. Chaque habitant – en réalité - garde dans son cœur le triste et douloureux souvenir de ces sombres moments.

Ainsi, reste encore tenace le sentiment que cette crise, la crise ivoirienne est loin d’être finie. Le tout, dans une accalmie précaire qui ne n’augure en effet rien de bon. Pour ces braves populations, la réconciliation ne signifie en fait rien du tout. Tant que leurs droits et leur dignité leur sont niés et que leur honneur reste bafoué. En attendant que vienne pour eux leur tour de s’exprimer face à ce bouleversement sauvage et inattendu.

Ainsi vit la Côte d’Ivoire côté verso. Loin des bruits de la capitale économique, loin des discours laudateurs sur le respect des droits de l’Homme, sur la croissance économique et les cérémonies saugrenues de réconciliation, médiatisées à outrance. Ainsi va la Côte d’Ivoire où le parti-pris des gens du pouvoir actuel en faveur des revanchards meurtriers nourris aux mamelles de la « xénophobie-exclusion », n’est plus à démontrer.

Dans un tel contexte, comment accorder d’avantage de crédit à ces manipulateurs obséquieux installés aujourd’hui au pouvoir, qui font de la réconciliation nationale un conte de fée juste bon pour les ignares et pour qui la Côte d’Ivoire ne se résume qu’à eux et leur clan ? Qu’ils prennent garde, on ne se moque pas indéfiniment et impunément d’un peuple humilié.


Marc Micael