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21/04/2013

Centrafrique: Un opposant tchadien livré à Idriss Déby

 

L’annexion de la RCA par le Tchad réaffirmée

 

 Ismael-Idriss-100x100.jpgL'opposant tchadien Ismail Idriss Ismail, arrêté à Bangui le 16 avril dernier, a été livré dans la journée dusamedi 20 avril aux autorités de N'djamena, après avoir séjourné dans lesquartiers généraux de la FOMAC.

 

Ancien Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et Vice-président du FUC (Front Uni pour le Changement), Ismail Idriss Ismail avait été enlevé le 16 avril dernier à Bangui par les agents d'Idriss Deby qui quadrillent la capitale centrafricaine ces derniers temps. Dans ce même cadre, les autorités congolaises ont arrêté plusieurs membres de la communauté tchadienne le mercredi 17 avril 2013 au Congo, soit plus de 70 personnes qui ont été arbitrairement interpellées à Oyo, village natal de Sassou Nguesso.

 

A Bangui, l'heure s'aggrave.... 

 

Idriss Deby est bel et bien en train de réaffirmer son annexion de la République centrafricaine. Le tout jeune et encore immature gouvernement centrafricain est d’ores et déjà infiltré par fait accompli. En effet, au Ministère (centrafricain) de la Défense, on retrouve dans les nouvelles nominations du 17 avril 2013 –prononcées sans aucun doute pour certaines avec le couteau sous la gorge - en charge de la réorganisation des FACA comme chef du 2ème Bureau, un Tchadien pur souche, le Général de Brigade Mahamat Bahar du « Bataillon de Soutien etde Services ». Or Mahamat Bahar n'est autre qu'un agent secret Tchadien, responsable des éléments de l’Agence Nationale (tchadienne!) pour la Sécurité (ANS), envoyés à Bangui  pour traquer les membres de l’opposition tchadienne en République centrafricaine, qui seraient tentés de s’allier à Michel Djotodia contre Idriss Deby.

Mahamat Bahr a entre autre pour mission d’identifier les anciens rebelles tchadiens qui circulent dans la sous-région, donc d’assurer la main mise d’Idriss Deby sur sa « bouée de sauvetage ».  Sa nomination au Ministère (centrafricain) de la Défense lui permet de bien s’acquitter de sa mission dorénavant.

 

Le Centrafrique est aujourd’hui occupé par Idriss Deby et ses sbires, militairement et politiquement, provoquant et encourageant un désordre indescriptible fait de pillages, abus et violations en tout genre, avec la bienveillante collaboration des éléments restés fidèles à François Bozizé. Alors que beaucoup de Centrafricains ne voient ce désordre qu’au premier degré, à travers le mal fait à leurs parents et à leurs  voisins, l’envers du décor est bien plus complexe qu’en apparence.

Djotodia est au coeur d’une pression qui ne dit pas son nom, un chantage immonde qui lui dit : 

 

Soit tu te plies à notre volonté à la lettre,soit nous te détruisons et te faisons porter le chapeau pour le sang qui coule à Bangui dans les quartiers. 

En d’autres termes, les violences perpétrées à Bangui font partie d’une très cynique stratégie de provocation qui vise à asseoir la domination du Tchad sur la RCA, avec l’assentiment intéressé du gouvernement français. 

Suite à la déclaration de Laurent Fabius conditionnant l'aide de la France en RCA à la légitimation du chef de l'Etat centrafricain actuel,  nous devons donc comprendre que le chef de l’Etat présent de mars 2003 à mars 2013 était légitime, et que par conséquent nous étions à cette époque dans un Etat de droit qui ne pouvait pas souffrir d’une ingérence style Barracuda ou Licorne quelle qu’elle soit. Voilà donc l’histoire de la République centrafricaine « made in France » !

 

Les crimes de l'Etat français en Afrique accompagnés de légitimations ubuesques et révisionnistes – qui ont entre autre permis à l’Afrique d’entrer dans l’histoire n’en déplaise à notre révisionniste-en-chef à talonnettes - sont bien connus de tous. Les négations en tout genre, à l'instar du Premier ministre François Fillon qui qualifie en 2009 les bombardements français au napalm de plusieurs centaines de mille citoyens camerounais pendant la guerre, de foutaise, continuent. Le pédantisme et l'arrogance des autorités françaises en République centrafricaine aujourd'hui sont dans la parfaite continuité du terrorisme politique institutionnel que nous vivons depuis plus d'un demi-siècle.

Nous sommes en RCA aujourd’hui au coeur d'un véritable bras de fer à relent très nauséabond de chantage et de mise devant le fait accompli. Alors que le peuple Centrafricain aurait pu, dans d’autres temps et sous autres cieux choisir son chef, c’est en réalité Fabius, Zuma, Yayi et Deby qui s’amusent dans la cour de récréation centrafricaine et qui décident de la direction à prendre.

 

Le désordre qui règne à Bangui en ce moment n'est qu'une pure fabrication politique pour faire comprendre aux Centrafricains qu'ils sont impuissants, très nuls et surtout superflus. Les détracteurs du peuple centrafricain n’aiment que la culture de médiocratie. Bozizé était donc un très bon président. Si un autre s’avise de vouloir changer le cours de l’histoire, on va donc tout faire pour le rendre médiocre et misérable, à moins qu’il ne se montre très respectueux du pré-carré établi, en attendant en tout cas.

 

Chers Compatriotes, ne nous leurrons surtout pas. Djotodia ne fera l’affaire de la France et du Tchad que le jour où il aura déposé ses tripes sur la table des "négociations". Les divers crimes commis aujourd’hui sur la place banguissoise ne sont là que pour lui rappeler qu’il n’est rien et qu’il ne peut rien. Au lieu de demander à Deby d’arrêter de semer la désolation en RCA, on est obligé de lui demander de l’aide pour mettre de l’ordre. Il n’y a pas donc pas deux moyens d’arrêter les exactions.

Entre les déclarations colonialistes de Laurent Fabius et les ricanements d’Idriss Deby, nous comprenons que nous sommes gravement manipulés. Le sort du Centrafricain lambda n’intéresse pas ces gens-là. Ils ne voient que le pétrole et autres sources d’enrichissement. Pour mieux s’amuser, ils s’évertuent encore à jeter l’huile sur le feu de la division.

Quand RFI nous parle d’une RCA « contrôlée par Seleka », nous avons une preuve supplémentaire de la duplicité des médias français. Les débris de Seleka sont devenus des instruments de recolonisation et d’annexion.

La position et la qualité de Michel Djotodia depuis le coup d’Etat du 24 mars dernier a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les critiques et les qualifications en tout genre jonglent avec la grave crise humanitaire sur le terrain. Les uns l’accusent de vouloir instaurer une république islamique (avec 15% de Centrafricains musulmans !), les autres de manque de carrure, et beaucoup s’estiment plus "qualifiés" et "honnêtes" que lui. 

Tous les qualificatifs du monde ne changeront rien au fait que n’importe quel individu aurait essuyé les mêmes réflexions à sa place. L’angoisse sur l’avenir de laRCA en cas de chute de Bozizé avait paralysé bon nombre de Centrafricains soucieux de leur patrie. D’imaginer un coup d’Etat était impensable pour beaucoup, même si l’évidence faisait qu’il n’y avait pas d’autre issue à la massive prédation de Bozizé. Un changement à la tête du pays signifiait un immense espoir et surtout l’idée un peu naïve qu’on allait sauter de l’enfer au paradis le même jour.

Quand on chasse un monsieur qui se moque gravement de tout le mondeouvertement, il est difficile de lui demander de légitimer et de proclamer sonpourfendeur, d’où l’autoproclamation du nouveau chef, au moins dans un premiertemps. Certains, comme les "messieurs Afrique" de l'Elysée, s'amusent à jongler avec le concept d'autoproclamation. On ne se rappelle plus très bien qui avait proclamé François Bozizé président le 15 mars 2003... mais bon! c'est du passé ça, n'est-ce pas...

Nous sommes aujourd’hui dans un débat d’opinion très important - qui pourrait si on le voulait, nous faire évoluer  - où il parait léger de considérer au premier degré les exactions perpétrées dans certains quartiers de Bangui. Nous sommes nombreux à ne pas cacher que le chef précédent était devenu complètement insupportable dans tous les sens du terme, et qu’il fallait impérativement qu’il parte. Si les qualités de son potentiel remplaçant étaient depuis longtemps dans toutes les bouches, un dénouement dans le drame était à prévoir. 

Puisqu'ils font partie de l’Histoire, nous sommes forcés de continuer avec les faits et de nous accommoder des événements qui ont eu lieu, même si dans un premier temps ils nous ont permis de dégager un chef avéré profondément nuisible. Le degré de nuisance de son remplaçant ne peut pas être proprement jugé aujourd’hui, dans des circonstances où l’opposition démocratique officielle ne rencontre pas l’unanimité, où beaucoup de jeunes souhaitent « autre chose »  mais ne sont pas en mesure de s’organiser concrètement avec des projets réalistes, où la société civile est inaudible donc inefficace, et où le tyran déchu, qui voulait malgré toutes les pressions se représenter illégalement à la présidence, réclame depuis chez Paul Biya à côté, le retour à l'ordre constitutionnel. Dans ces conditions, nous resterons donc toujours les dindons de la farce, victimes des circonstances, et nous seront toujours obligé d'incriminer les actions d’individus qui ont décidé, à tort ou à raison, de marquer l’Histoire de leur empreinte. Nous sommes tous des individus !

C’est ainsi donc qu’avant de condamner et de cataloguer les responsabilités dans les exactions en ville de Bangui, posons-nous d’abord la question sur les circonstances et les objectifs stratégiques de ces activités de déstabilisation, ainsi que le degré d’importance aux yeux des véritables maitres de Bangui, du sort des populations. Avant de vouloir envoyer les « responsables » à la CPI, demandons-nous d’abord qui sont les véritables responsables. Enfin, réfléchissons bien sur l’existence d’une justice à deux vitesses, et questionnons d’abord la non-existence d’un dossier Bozizé pour la CPI pour ses tueries, séquestrations arbitraires et tortures à Ngaragba et à « Guantanamo » - Bossembele, qui auront au moins marqué une fois chaque famille centrafricaine, et qui, surtout, sont à la source de la situation d’aujourd’hui.

Sur un plan indispensablement plus global, en vertu d’un destin géopolitique inextricablement lié, rappelons-nous que nos frères et soeurs Tchadiens vivent depuis plus de 20 ans sous la férule d’un Deby complètement sanguinaire, et que plus que jamais aujourd'hui, il rafle,torture et tue tout ce qui ne baisse pas la tête pour lui lécher les pieds. La République centrafricaine représente sa bouée de secours et il ne veut évidemment pas la laisser s’échapper.

 

Ismail Idriss Ismail a été livré aux appétits diaboliques d’un Deby très mal à l’aise et qui a besoin de tout maitriser pour se protéger. C’est ainsi que l’ombre de l’ancien chef d’Etat-major, assassin de milliers d’opposants en 20 an set complice des crimes contre l’Humanité d’Hissène Habré, plane au-dessus de Bangui qui devient le théâtre de crimes qui nous concernent tous qu’on le veuille ou non.

 


Ismail Idriss Ismail suit aujourd’hui les mêmes traces que Charles Massi dont les circonstances avant sa mort par torture ont été similaires. La responsabilité des autorités centrafricaines sont en jeu, même si nous savons que les services secrets tchadiens règnent en maitre à Bangui, de gré ou de force.

 

Ismail Idriss Ismail sera-t-il torturé à mort comme Ibn Oumar Saleh ou Charles Massi ? Les précédents sont là, incontournables et immuables, sans que la moindre enquête indépendante n’ait abouti à ce jour dans ces deux disparitions.

 

L’impunité omniprésente, la brutalité abyssale, le diabolisme développécontre toute forme d’opposition, c’est cela que nous devons condamner avanttout aujourd’hui. L’intolérable.

 

http://juliette.abandokwe.over-blog.com/article-centrafrique-un-opposant-tchadien-livre-a-idriss-deby-117269537.html

 

 

 

 

 

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Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genou. - Etienne de La Boétie

 

 

 

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des de gens de bien. - Edmund Burke

 

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AUJOURD'HUI C'EST AUJOURD'HUI

 

www.juliette.abandokwe.over-blog.com

 

 

 

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17/04/2013

Concessions selon Ouattara

alassane_ouattara.jpgMême si le personnage est certes différent, le lieu, le décor et l’ambiance, sont  - quant à eux – les mêmes. Encore un autre chef d’Etat africain venu « prendre conseils » au siège de la présidence française, auprès de l’ex-puissance coloniale, la France.

Ce 11 avril 2013, Alassane Ouattara est reçu à l’Elysée. A sa sortie de visite, il apparait, sur le perron du palais, raccompagné par François Hollande, le président français. Poignée de main d’au revoir, quelques flash d’appareils photos, et Holland s’éclipse. Alassane Ouattara peut se diriger – enfin – vers les journalistes qui l’attendaient. Sourire commercial aux lèvres, la séance de questions-réponses peut commencer.

Sur la question se rapportant à la réconciliation en Côte d’Ivoire, la réponse de Ouattara aura fait sursauter plus d’un: « J’ai fait toutes les concessions » sic. Le ton est définitif.

Et, l’affirmation laisse supposer que monsieur Ouattara a – pour sa part – accompli tous les « sacrifices » nécessaires pour régler la crise socio-politique qui secoue la Côte d’Ivoire, depuis plus de 20 ans. Et qu’il n’y aurait en conséquence plus de concessions possibles en dehors de celles qu’il a déjà faites.

Si donc Ouattara soutien avoir « fait toutes les concessions », alors que l’on sait les tensions nées de la crise post-électorale encore vives et le sentiment d’une justice sélective, plus que jamais encrée, dans la conscience populaire en Côte d’Ivoire ; si tous s’accordent – pourtant –à dire qu’il reste encore un énorme travail à faire pour parvenir à réparer le tissu social profondément endommagé, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter – notamment - sur la nature des « concessions » qu’il dit avoir faites ?  Posons clairement la question: Ouattara a-t-il réellement fait des concessions ? Si oui, lesquelles ?

Des concessions de forme

Pour se rapprocher, différentes parties en conflit ont nécessairement besoin de faire des concessions. En Côte d’Ivoire, les deux adversaires de la crise post-électorale sont connus: l’opposition conduite par le Front Populaire Ivoirien (FPI) et le régime en place avec à sa tête Alassane Ouattara, chef de l’exécutif.

Pour ce que l’on sait, Ouattara a d’abord lancé des appels: au FPI, pour l’inviter à entrer dans son gouvernement ; ensuite, pour l’amener à prendre part aux élections locales, législatives notamment ; il a aussi lancé un appel aux exilés à rentrer au pays. Il a fait libérer quelques prisonniers– dont on sait – de « faible envergure » politique. Il a enfin, fini par accepter – à la demande de l’opposition – l’idée d’un « dialogue-direct » opposition-gouvernent. Un dialogue qui, jusqu’ici n’a apporté aucun résultat probant.

Peut-être, est-ce à tout cela qu’il fait allusion. Dans ce cas, il faut avouer que ces « concessions » – si on peut ainsi les appeler - n’auront été que pour la forme. Puisque qu’elles n’ont pas suffit à faire bouger les lignes.

En fait, n’aurait-il pas fallu aller plus loin, pour obtenir des résultats manifestes ? Suffit-il de lancer des appels pour que les gens se précipitent ? Ou bien, peut-on s’asseoir et discuter sans chercher à trouver des accords pour rapprocher les points de vue ? En somme, n’aurait-il pas fallu faire de véritables concessions avec à la clé des résultats concrets ?

L’exemple de l’accord politique de Ouagadougou, qui a vu le jour par une ferme volonté – d’au moins une des parties signataires dudit accord - d’aller à la paix, est encore là pour répondre à cette préoccupation.

Au lieu de cela, monsieur Ouattara a-t-il raison de parler de « concessions », en donnant à l’opinion publique l’impression qu’il en a déjà assez fait ? Absolument pas. A moins que…

Quand on a le soutien de la communauté dite internationale…

Quand on se dit vainqueur d’une guerre et que l’on a le soutien de la communauté dite internationale - comme c’est le cas pour Alassane Ouattara - il existe une forte éventualité de croire que l’on n’a pas besoin de faire des concessions. Et qu’il revient – par conséquent - aux « vaincus » de se plier à nos exigences.

Si l’on veut comprendre l’arrogance et le refus de tout compromis qui conforte le camp Ouattara, il faudrait aussi chercher par là.

Aux dires de Anne Oulotto, ministre d’Alassane Ouattara, « Le FPI a introduit la sorcellerie en politique ». Propos recueillis dans une interview où elle défend la thèse selon laquelle le FPI, parti d’opposition, devrait demander pardon et se repentir pour avoir occasionné la crise post-électorale Côte d’Ivoire. On aurait bien voulu qu’elle nous livre objectivement les arguments qui la fondent à dire que le FPI est plus coupable que ne l’est son parti à elle, le RDR. On aurait voulu qu’elle nous dise pourquoi le FPI serait le seul coupable à qui il revient avant tout de demander pardon. Malheureusement, ce dédain à l’égard de l’autre, ne peut s’expliquer que par le soutien aveugle de la communauté dite internationale qui, il faut le croire, fini par monter  à la tête de celui qui en bénéficie.

De fausses concessions pour gagner du temps

Mais au-delà de ces concessions de forme ou fausses concessions, le régime Ouattara, ne cherche t-il pas – plutôt - à gagner du temps et à faire le jeu des puissances occidentales et de la nébuleuse appelée ONU ? Deux entités qui  se complaisent dans des situations de « ni-paix, ni-guerre » au sein de nos Etats africains pour pérenniser leur présence et leur domination impériale en échange de leur soutien aux régimes qui leur sont favorables.

Aussi, tant que Ouattara bénéficiera du bouclier des puissances occidentales, toute idée de concessions visant à ressouder les ivoiriens autour de la mère patrie pour la protéger des prédateurs, tournera court. Car sa présence au pouvoir trouve toute son essence dans ce soutien dont il bénéficie. Il a donc intérêt à ce que la Côte d’Ivoire demeure un royaume à jamais divisé, une terre où ses soutiens pourront mieux asseoir leur règne et ce, pout longtemps encore.

Malheureusement, le temps, c’est ce qui manque le plus au peuple ivoirien. Car plus le temps passe, les nuages sombres s’amoncèlent au-dessus de leur pays. La situation de crise socio-politique ne cesse de s’envenimer, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. Et ce ne sont pas les torrents de milliards promis – par Ouattara - qui y changeront grand chose.

Finalement, le drame des peuples africains, et singulièrement du peuple ivoirien, se situe à ce niveau. Ces peuples finissent, tôt ou tard, par devenir, les otages d’un chantage honteux entre politiciens véreux. Leur avenir fini malheureusement par être confisqué par des loups qu’ils prenaient pourtant pour des agneaux bienveillants.

La question qui demeure - en fin de compte – et qui se dégage de ce triste constat est la suivante : quel mécanisme peut-on mettre en place pour s’assurer - à la base - que celui qui sollicite le suffrage du peuple, ne délaisse pas les intérêts de ce peuple, une fois au pouvoir, pour finalement privilégier ses propres intérêts et ceux de son clan ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

12/04/2013

DISCOURS DU PERE-FONDATEUR A LA NATION A L’OCCASION DU JOUR ANNIVERSAIRE DE LA REPUBLIQUE TRES TRES BANANIERE DU DRAMANISTAN

DAO PLAISANTIN.jpg

Adolâtres mes frères, Adolâtres mes sœurs,

Voilà deux ans que notre longue marche vers l’instauration de la dictature et du rattrapage ethnique a abouti. Je tiens tout d’abord à adresser mes remerciements à nos maîtres les gaulois, et à leur réitérer notre soumission sans réserve. Mes remerciements vont aussi à l’endroit de mon pote Nicolas Sarkozy, qui n’a ménagé aucun effort pour m’installer au pouvoir.

Chers ADOlâtres,

Aujourd’hui, je peux dire que ça y est ! Nous avons enfin bâti une République Bananière. Mieux, nous sommes passés du rang de simple République Bananière, au rang de République très très Bananière.

Certains ne m’ont pas bien écouté. J’ai dit que je ferai de ce pays, un pays non pas émergent, mais un pays ERNERVANT à l’horizon 2020. Aujourd’hui, je peux vous déclarer que nous avons largement dépassé cet objectif, au-delà même de nos espérances.

Nous avons réussi à mettre sur pied, grâce à votre soutien aveugle, une armée composée à 99,99% de nos frères. Grâce à ma politique, les dozos sont aujourd’hui une force de maintien de la terreur. Nos autres frères qui ne savaient ni lire, ni écrire, peuvent aujourd’hui revêtir l’uniforme de l’armée nationale et racketter tranquillement.

Patientez encore 20 ans dans le chômage, dans la vie chère. Supportez l’augmentation des prix des denrées de première nécessité, du carburant, de l’électricité, et bientôt de l’eau, même si par endroits, certains n’en trouve plus. Car, pour le moment, l’argent travaille. Ne vous fâchez pas, je n’ai pas encore fini de voyager. Ne voyez vous pas que moi, Magellan, je voyage pour demander crédit pour vous ?

Chers frères et sœurs rattrapés,

Courage ! Tant que je serai à la tête de cette République très très Bananière, personne ne vous mettra en prison pour violation des droits de l’Homme. D’ailleurs ce concept ne fait pas partie de mon programme de société.

J’ai envoyé Seplou à la CPI. Celui qui n’est pas content, je le neutralise. C’est pourquoi ses partisans ne m’aiment pas. D’ailleurs on n’a pas besoin d’eux. C’est pourquoi j’ai conçu le rattrapage.

Les partisans de Gbagbo sont jaloux de moi parce que je suis un président qui sait faire des promesses, même si je ne les tiens pas.

Adolâtres mes frères, Adolâtres mes sœurs,

Je vous ai dit que je suis indéboulonnable, c’est vrai, mais faites comme moi. Exercez un sport, de préférence le 100 mètres plat ou le saut en longueur, en cas de cas. Car moi, je détiens le record national de saut de clôture. On ne sait pas l’avenir…

Vive notre République très très bananière du dramanistan ! vive la dictature ! vive le rattrapage !

Je vous remercie.

11 avril 2011, les ivoiriens n’ont pas capitulé

côte-d'ivoire-m.jpg

Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté. La guerre prend officiellement fin en Côte d’Ivoire.

Peut-on, à partir de cette date, parler d’une capitulation des forces de défense et de sécurité (FDS), devant la puissance de feu de l’armée française ? Ou, peut-on encore dire qu’à cette date, les ivoiriens qui revendiquaient haut et fort leur souveraineté et leur soif de liberté, ont fini par abdiquer devant le déluge de feu gaulois ?

Non, car répondre par l’affirmative reviendrait à dire que malgré leur nombre, les armes dont ils disposaient et l’obligation qui leur commandait de défendre la patrie au prix de leur vie, les FDS auraient décidé de se conduire en soldats indignes. Cela reviendrait aussi à dire que – du côté des civils - les ivoiriens auraient renoncé à leur amour-propre, pour se vautrer dans la boue du déshonneur.

Si donc, cette impression de léthargie, n’est pas de la capitulation, alors comment l’interpréter ?

Entre passion et raison

Il s’agit d’abord d’un choix. Le choix de la raison sur la passion. La passion, tout comme la colère est mauvaise conseillère. Cela est prouvé. Car qui aurait pu imaginer les conséquences d’une guerre totale, au de-là même de celles que nous connaissons aujourd’hui ? Qui aurait pu prévoir où une guerre sans merci aurait mené ce pays, si les passions avaient pris le dessus sur la raison ?

Si les passions l’avaient emporté sur la raison, les forces de défense et de sécurité, appuyées par les civils auraient combattus jusqu’au dernier. Les dégâts causés par les armes dans une guerre interminable, seraient inimaginables et longtemps préjudiciables pour ce pays.

Il fallait préserver ce pays, épargner des vies, celle des enfants. Même si – à première vue - cela est douloureux. Il fallait faire comme l’une des femmes parties solliciter l’arbitrage du Roi Salomon, à propos d’un bébé.

Devant la détermination des deux femmes, comment savoir celle à qui appartenait réellement le bébé ? Pour éprouver les deux femmes, Salomon ordonna qu’on coupe l’enfant en deux à l’aide d’un sabre, afin que chacune reparte avec une partie du bébé. L’une d’elle, choisit d’abandonner l’enfant à l’autre, pour éviter la mort certaine à l’enfant. Ce qui prouva qu’elle était indéniablement la véritable mère du bébé.

Parce que la Côte d’Ivoire appartient aux ivoiriens, ils ont fait le choix de la raison et de la sagesse face aux mercenaires qui eux, n’avaient rien à perdre.

Ce n’est donc pas de la faiblesse, ni de l’impuissance, encore moins de la résignation. Mais la raison qui commande de taire les passions pour préserver l’essentiel, si maigre soit-il. Car quel héritage auraient-ils laissés à leurs descendants s’ils avaient fait le choix du jusqu’auboutisme ?

L’instinct de survie

Ils n’ont pas été vaincus. Ils n’ont pas capitulé. Mais ils ont fait le choix de la raison. Certes, il n’y a pas que ce choix.

Ils ont aussi décidé de ne pas sacrifier inutilement leurs vies en laissant ainsi la place libre à leurs adversaires. Ce serait trop facile ! Ils ont décidé de ne pas leur faire ce plaisir. Ils ont choisi de vivre pour lutter, au lieu de mourir et tout perdre.

Dans « Racines », film-documentaire sur l’esclave des noirs. Un esclave conseillait à son frère de se nourrir. En effet ce dernier refusait de s’alimenter sous prétexte qu’il s’agissait de la nourriture de « l’homme blanc ». Mais son frère insista, le pressant de se nourrir, de prendre des forces et de rester en vie, malgré tout. Afin que le moment venu, ils puissent utiliser ces forces pour combattre « l’homme blanc » et s’affranchir.

Les ivoiriens ont aussi suivi ce principe de survie. Un principe qui commande que l’on s’adapte aux temps et aux circonstances, pourvu que l’on reste en vie.

En donnant l’impression d’avoir été réduits à néant, ont-ils pour autant renoncé à leur amour-propre, pour se vautrer dans la boue du déshonneur?

Absolument pas. Ils ont choisi de méditer sur leur sort, de tirer les leçons du drame qu’ils ont subi, pour ne plus commettre les erreurs hier. Ils ont choisi – dans ce moment de patience à toute épreuve - de prendre des forces et le moment venu de triompher sans aucune bavure.

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

 

19:02 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

Côte d’Ivoire - Réconciliation forcée

Gbagbo_face__Ouattara.jpg












Les partisans de la coalition autoproclamée « houphouétistes », seraient-ils revenus de leurs illusions, après s’être rendu compte qu’il ne suffisait pas de s’accaparer du pouvoir pour que, comme par enchantement, la Côte d’Ivoire devienne un havre de paix ? L’exercice du pouvoir a ses réalités. En Côte d’Ivoire, il s’agit entre autres de l’épineuse question de la réconciliation.

Certes, la réconciliation ne se décrète pas. Sinon, il aurait suffit  à monsieur Ouattara de prendre un décret à cet effet. Et les ivoiriens auraient fini – à ce jour - de se réconcilier. Evitant par la même occasion, à monsieur Charles Konan Banny, président de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), de se mettre à genou devant la nation – dans une mise en scène grotesque - et, d’avoir à justifier le budget à lui alloué, en courant de ville en ville, organiser d’improductives cérémonies de libations.

Le régime – abusivement - « houphouétiste » d’Abidjan, fait – quand même - bien de reconnaitre par la voix de monsieur Duncan, que la réconciliation «(…) n’est pas une option, mais bien une obligation de bon sens ». Mais ce la ne saurait suffire. Il faut aller au-delà des déclarations et des promesses. Il faut que les ivoiriens se réconcilient effectivement et cela, au plus vite, s’ils veulent éviter à leur pays de sombrer dans un chaos aux conséquences irréparables. Car, comme l’ont reconnu certains observateurs, « La Côte d’Ivoire est en effet loin d’être apaisée » et, « Les plaies de la crise post-électorale sont toujours saillantes ».

 

Dans le contexte socio-politique actuel, même si tous s’accordent à dire que la réconciliation est un passage certes obligé, doit-on, ou peut-on pour autant forcer la main au destin? Ne serait-il pas plus sage de se demander comment réconcilier les ivoiriens ? Surtout, y parvenir, sans avoir renoncé à la mise en œuvre d’une pratique visant à « neutraliser » Laurent Gbagbo, et ne pas réaliser qu’en fin de compte, c’est faire aussi un grand tort que l’on fait à ses partisans, donc à des ivoiriens ?

Alassane Ouattara gagnerait à se saisir de la question. D’abord, parce qu’il a appelé à la guerre. Son niveau de responsabilité morale est alors plus grand. Ensuite, parce qu’il est chef de la coalition politique au pouvoir. Un pouvoir qui œuvre d’arrache pied pour « effacer les traces » de Laurent Gbagbo.

Or, apparemment, monsieur Ouattara rechigne à saisir la portée d’une telle question. Il apparaît dès lors que la réconciliation telle que voulue, ne peut qu’être une tentative de passage en force. Pour cause…

 

A près la bataille, l’écriture de l’histoire doit-elle appartenir aux vainqueurs ?

 

« Après la bataille, l’écriture de l’histoire appartient aux vainqueurs », a-t-on l’habitude d’entendre très souvent.

 

En Côte d’Ivoire, si la question de savoir qui a gagné l’élection présidentielle de 2010, déchaîne tant de passions et  divise encore profondément les ivoiriens, c’est qu’il y a bien au-delà de cette polémique, toute une séries d’évènements qui entrent en ligne de compte. Ce sont différents évènements de la crise sur lesquelles ils n’arrivent pas à s’entendre. Qu’est ce qui s’est réellement passé avant, durant et après cette crise électorale ? Comment cela s’est-il passé ?

 

Arriver à comprendre ce qui a conduit à l’imbroglio électoral en Côte d’Ivoire, ne revient-il pas nécessairement à dire qui a gagné les élections ?

 

Si les ivoiriens – sans passions aucune - parviennent à trouver les vraies réponses à ces questions, pour en dégager les conclusions qui s’imposent, alors ils auront – pratiquement - réussi à trouver le chemin salvateur de la réconciliation.

Mais si une certaine classe politique ivoirienne continue de vendre à l’opinion une version préfabriquée de la crise post-électorale, les ivoiriens n’en seront que toujours et plus divisés. Surtout quand il s’avère que cette version est dictée par la « grande prescriptrice » occidentale et imposée comme la « version officielle » de l’histoire.

C’est pourquoi, l’histoire de la crise post-électorale, ne doit pas s’écrire par ceux que l’on dit « vainqueurs ». Encore moins par ceux que l’on appelle les « vaincus ».  L’histoire de la Côte d’Ivoire, doit s’écrire par les ivoiriens, tout simplement. Ils doivent l’écrire sans rien éluder.

Par exemple, l’embargo sur les médicaments et la fermeture des banques, passés sous silence. Quelles en ont été les conséquences ? Combien de précieuses vies humaines ces mesures iniques ont-elles occasionné ? Comment justifier l’utilisation des armes, avec l’implication d’une armée occidentale, de surcroit ex-puissance colonisatrice, dans un conflit électoral…?

Ainsi donc, affirmer dans le cas de la Côte d’Ivoire, qu’« Après la bataille, l’écriture de l’histoire appartient aux vainqueurs », relève tout simplement de l’obscurantisme. Mais encore, d’un malveillant désir de voir la Côte plonger pour de bon dans la division. Pourtant…

Les « vainqueurs » écrivent l’histoire en Côte d’Ivoire

Faut-il encore le rappeler ? Alassane Ouattara, soutenu par la ce que l’on a appelé la communauté internationale, a appelé de tous ses vœux, la guerre en Côte d’Ivoire.

Après le décompte macabre faisant état de plusieurs milliers de morts, il lui fallu se soulager la conscience. Un bouc émissaire fut trouvé: Laurent Gbagbo. Un récit préfabriqué de toutes pièces pour donner vie au scénario: « Laurent Gbagbo est un mauvais perdant ; Il s’est accroché au pouvoir après avoir perdu les élections ; C’est un affreux dictateur qui massacre son peuple ». Et l’histoire est écrite. Il ne restait plus qu’à la faire gober à l’opinion publique. Les médias occidentaux s’en sont donné à cœur joie.

De cette « thèse » découle la chasse aux sorcières perpétrée contre les partisans de Laurent Gbagbo. Emboitant le pas aux « vainqueurs », la justice internationale se rendit coupable d’impartialité. Si bien qu’elle sera épinglée par Human Rights Watch, une ONG des Droits de l’Homme. Sans détour, Human Rights Watch déclare : « La Cour pénale internationale (CPI) a "légitimé" la mise en place d'une justice partiale contre l'ex-président Laurent Gbagbo et ses proches en Côte d'Ivoire ».

Aujourd’hui, les partisans de Laurent Gbagbo et toutes les personnes supposées comme tel, sont « sommés » d’aller à la réconciliation. Au quel cas, ils s’exposent à la vindicte populaire, présentés comme étant opposés à la réconciliation nationale.

La réconciliation s’impose à tous, certes. Mais a-t-on le choix d’y aller sans se faire passer pour des automates programmables ? Sans se laisser manipuler comme des marionnettes ? Sans être contraints à s’inscrire dans une logique selon laquelle : de jour, l’on doit se conformer au dictat de la réconciliation, et de nuit subir la justice « des vainqueurs » ; être victime de violations des droits de l’homme ; d’emprisonnements abusifs ; de répressions brutales et sauvages…? Est-ce là, la réconciliation qu’il nous faut ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

08/04/2013

Côte d’Ivoire – C’était donc pour ça ?

dao1.gifLa riposte – tant attendue - du régime Ouattara, suite au rapport accablant de l’ONG Human Rights Watch (HRW), n’a pas eu que pour effet d’avoir perdu inutilement du temps à l’opinion publique. Elle a aussi et surtout, réussi lamentablement à accoucher d’une souris. Peine perdue donc pour Kablan Duncan, porte-voix désigné pour la « défense » d’un régime au banc des accusés et dont l’image est, une fois de plus, gravement entachée. Peut-être aurait-il été – pour ce régime - plus sage de se taire et de tirer les leçons de cette énième dénonciation d’une ONG des droits de l’Homme, que de tenter maladroitement de se justifier.

N’empêche que cette malheureuse tentative de justification, telle que présentée, soulève une question encore plus préoccupante: le régime en place, est-il réellement en phase avec les contraintes du contexte socio-politique actuel en Côte d’Ivoire ?

Les bonnes intentions seules, ne suffisent pas

Il croyait si bien faire, en articulant la présentation de la « feuille de route » du régime autour de ce qu’il a appelé « triptyque » : 1. la paix et la sécurité ; 2. la réconciliation nationale et la cohésion sociale ; 3. la relance économique et la reconstruction post crise. Seulement, compte tenu du contexte qui prévaut, l’on aurait pu - sans risque d’être accusé de faire de la surenchère - y ajouter un quatrième point : celui des Droits Humains. Car les aspirations des populations ne sont pas qu’essentiellement d’ordre économique, elles sont aussi d’ordre social, politique...

La construction d’un Etat de droit – dont se targue très souvent Ouattara - ne doit-elle pas aussi tenir compte du facteur Droits de l’Homme ? Prenons le cas de la Chine. Elle est certes une grande puissance économique, mais pas pour autant une référence en matière de Droits de l’Homme. Ce qui lui vaut – à juste titre – les critiques fréquentes et acerbes.

Par ailleurs, si développement économique rime avec amélioration du bien-être, alors, à côté des indicateurs traditionnels, tels que le PNB ou le PIB, le développement économique et social moderne préconise que l’on prenne aussi en compte le respect des Droits de l’Homme. Ce qui n’est pourtant pas le cas en Côte d’Ivoire, avec les rapports si accablants des ONG des Droits Humains qui ne cessent de pleuvoir sur le régime en place depuis son avènement.

Alors, qu’il soit clair dans les esprits des uns et des autres que de simples promesses de « lutte sans merci (…) contre la corruption, contre la vie chère, contre les coupures d’eau et d’électricité, contre les embouteillages(…), contre les ordures ménagères, (…) mener une vie décente… », faites par Ouattara, ne suffiront pas. Tout comme ne suffisent pas les intentions de faire le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR) ; de réaliser la réforme de l’armée, de résoudre le problème de l’insécurité dans tout le pays, de réconcilier en mettant en place la CDVR rien pour amuser la galerie…

La sortie médiatique de Duncan, auréolée d’une panoplie de « bonnes intentions », ne répond pas franchement à la question des violations graves des Droits de l’Homme sur lesquelles le régime est interpellé. Il ne répond donc pas aux préoccupations des ivoiriens qui eux, souhaitent voir la cessation de ces violations de leurs droits et la mise en place d’une justice impartiale, équitable.

Un constat de terrain

Après les rapports accablants des ONG telles que Amnesty Internationale, la Fédération Internationale des Droit Humains (FIDH)…, à  propos des violations graves des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, c’est au tour de celui de Human Rights Watch d’enfoncer le clou. Un rapport de 82 pages intitulé «Transformer les discours en réalité : l’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves en Côte d’Ivoire». A propos de ce rapport, un confrère nous dit que « le ton est d’une rare virulence, le constat effroyable et la sentence sans appel : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas tenu sa promesse d’une ‘’ justice équitable et impartiale’’ ».

Ce rapport, vient à point nommé, dans la mesure où c’est un rapport de terrain qui prend en compte les préoccupations les plus profondes des populations. C'est-à-dire que les enquêteurs de l’ONG sont allés sur le terrain, y ont séjournés, ont pu constater par eux-mêmes les faits, ont vu l’ampleur de la situation, y ont recueillis des témoignages de personnes ressources qui ont parfois requis l’anonymat, comme l’indique le chapitre « méthodologie » du rapport. Contrairement à ces enquêteurs, on n’imagine bien que les communicants du régime, sans doute scotchés dans leurs bureaux cossus, ont rechigné à aller se « salir » sur le terrain, préférant écouter les ragots de leurs militants illuminés.

La sourde oreille face aux vraies préoccupations des populations, voilà ce qui explique cette piteuse sortie, en déphasage totale avec les réalités de l’heure en Côte d’Ivoire.

Faut-il rappeler dans le même temps, qu’au-delà des dénonciations, ces rapports préviennent notamment sur les risques plus graves qu’une nouvelle crise pourrait entrainer, alors que celle que vit actuellement le pays n’est pas encore réglée: « La Côte d’Ivoire est en effet loin d’être apaisée. (…) Mais le chantier est colossal. Les plaies de la crise post-électorale sont toujours saillantes ».

 

Les impératifs du contexte socio-politique ivoirien

 

Qui pourrait, en toute objectivité, nier qu’en Côte d’Ivoire, seuls les partisans de Laurent Gbagbo sont victimes d’une justice « à double vitesse » ? Ce n’est même pas un secret. Deux camps se sont affrontés : celui de Laurent Gbagbo et celui d’Alassane Ouattara. Il y eu, naturellement, des violations des Droits de l’Homme dans les deux camps. Pourtant, un seul camp, celui des pro-Gbagbo continue d’être victime de massacres, de tortures, d’arrestations massives, d’emprisonnements de responsables politiques et militaires..., ses partisans sont contraints à l’exil…

Mieux, les partisans de ce camp, se disent victime de la dictature du régime en place, les empêchant de faire usage de leurs droits fondamentaux: les libertés individuelles et collectives. Pour preuve, toutes les manifestations de l’opposition ont été, soit interdites, soit réprimées dans le sang. En guise de protestation, ils refusent de prendre part aux élections locales. On a pu mesurer l’impact de leur refus à participer à la vie politique du pays, sous prétexte que leurs revendications ne sont pas satisfaites, lors des élections législatives organisées, il y a quelques mois. Ces élections avaient en effet enregistré un très faible taux de participation.

L’ONG Human Rights Watch ne fait donc rien d’autre que de dire les choses telles qu’elles se présentent effectivement sur le terrain en Côte d’Ivoire. Allant jusqu’à interpeller, cette fois, la CPI et – fait nouveau – les partenaires au développement de la Côte d’Ivoire, à s’impliquer d’avantage car cette situation de : justice partiale, de promesses non tenues, est ce que le Directeur de cette ONG a appelé : «un réel problème ». C’est pourquoi il est urgent de créer les conditions d’une justice impartiale, équitable, devant aboutir à une réconciliation réussie et durable. Même s’il est vrai qu’il faut « laisser la justice faire son travail », il ne faut pas aussi oublier qu’il reste peu de temps avant les échéances électorales de 2015. Les mêmes causes produisant les mêmes effets...

En définitive, si le régime en place, persiste à faire la sourde oreille et à ramer à contre courant des préoccupations des populations, il y a lieu de s’interroger sur les raisons qui ont poussé son mentor Alassane Ouattara à suer sang et eau pour accéder au pouvoir, si c’est pour rester en déphasage total avec les aspirations profondes du peuple ivoirien. D’autres diraient : c’était donc pour cela que des gens ont pris les armes ? Et que l’usage de la force et la violence ont été préconisé pour résoudre un problème électoral ? C’était donc pour ça ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

 

09:37 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

02/04/2013

Note salée N°04 – Djédjé m’a dit…

DjedjeMadi-moitie.jpgDjédjé m’a dit : « Quand on aime son pays, on ne le boude pas ». Et le voilà métamorphosé: indigne moralisateur. Lui Djédjé ! Partisan des comploteurs,  conspirateurs et rebelles. Ce Djédjé m’a dit que c‘était sa façon à lui d’aimer son pays. Djédjé, maudit-toi d’abord. Peut-être, après, on écoutera tes conseils.