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19/07/2013

Le temps des querelles

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Il y a un temps pour tout, nous enseignent les Saintes Ecritures. En Côte d’Ivoire, il eut un temps pour la guerre. Et comme après toute guerre, il eut un temps pour le partage du butin: partage des ressources naturelles, attribution des marchés et contrats juteux aux petits copains, bradage de la nationalité, occupations illégales des terres, partage des postes dans l’administration et dans l’armée, nominations complaisantes etc.

Mais c’était sans compter sur l’insatiable égoïsme de l’être humain. Surtout quand le butin est acquis au prix du sang de plusieurs milliers de personnes massacrées impunément et dont le sang continue de crier vengeance. Vint lors le temps d’inévitables querelles autour du butin à partager.

Au PDCI, parti politique complice du massacre de milliers d’ivoiriens et  l’un des principaux bénéficiaires du sanguinolent butin de guerre, on assiste de plus en plus à une période de querelles à n’en point finir. Une telle situation mérite qu’on s’y attarde quelque peu.

La question sera d’emblée : que se passe t-il au PDCI ? Ne serait-ce pas là des querelles nées du partage du fameux butin de guerre ? Tâchons d’y apporter quelques réponses.

Alors qu’Alassane Ouattara vient d’annoncer officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2015 et qu’il est dès lors tout à fait normal que chaque parti politique se mette en ordre de bataille pour préparer cette échéance, il semble bien que dans le vieux parti, l’heure soit plutôt aux querelles intestines. Tantôt c’est Konan Bédié - le probable président-à-vie du parti - qui monte au créneau pour mettre au pas les brebis jugées galeuses. Tantôt c’est le secrétaire général du parti Djédjé Mady qui est soupçonné de traîtrise, de vouloir « vendre » le parti « aux ennemis », ou encore c’est l’actuel président de la CDVR, Charles Konan Banny, qui est soupçonné de se présenter contre Bédié pour briguer la magistrature suprême. Tantôt il s’agit du jeune et bouillant président des jeunes KKB (Kouadio Konan Bertin) qui joue les « troubles fêtes »,  en menaçant de « détrôner » l’octogénaire N’zuéba. Mieux, ces trois figures de proue (Mady, KKB et Banny) du parti, sont aujourd’hui accusés de s’être « déjà partagé le PDCI ». Mais que se passe t-il donc au PDCI ?

Certes, loin de nous l’idée de nous immiscer dans des querelles internes et inhérentes à tout parti politique légalement constitué. Mais le douloureux souvenir des élections présidentielles de 2010 est encore trop vivace dans notre mémoire collective pour que nous fermions les yeux sur ce qui risque une fois de plus - à l’horizon 2015 - de nous conduire vers des lendemains tumultueux. Car que ce qui ce passe aujourd’hui et maintenant n’augure t-il pas de ce qui se passera demain ? Or, nul doute – au regard de ces « temps qui tanguent » - que 2015 est appréhendée – une fois encore – par de nombreux ivoiriens et notamment par plusieurs observateurs de la situation socio-politique ivoirienne, comme l’année de tous les dangers.

En effet, se demander ce qui se passe au PDCI, revient nécessairement à se demander pourquoi le RDR, parti d’Alassane Ouattara, s’acharne t-il à s’immiscer de façon grossière dans des querelles au sein du PDCI. De même, à s’interroger sur les intentions réelles du l’appel du FPI en embuscade. Bref, cela revient à s’interroger sur l’impact que pourraient avoir ces querelles sur les futures échéances électorales de 2015, donc sur la destinée du peuple ivoirien tout entier. Car le PDCI – malgré tout - est un parti qui compte en Côte d’Ivoire.

A l’analyse des propos de Konan Bédié et de toutes les intrigues qui se font autour de la préparation du futur congrès de ce parti, il y a certainement quelque chose en préparation. Chose qui n’est pas du tout du goût de certains membres tels que KKB. Des membres qui ne semblent pas du tout prêts à cautionner ce qui se trame. Il s’agirait en réalité de faire d’Alassane Ouattara,  le seul et unique candidat du PDCI pour les prochaines échéances électorales. Bien entendu, sous le prétexte très ambigu qu’ « on ne change pas une équipe qui gagne ». Et, bonjour les querelles !

Pour s’en convaincre d’avantage, il suffit d’observer avec attention tout l’acharnement, toute l’énergie que met le RDR, pour s’attaquer, bec et ongles à tous ceux qui en voudraient à Bédié de vouloir mettre en œuvre ce plan qui ne profite qu’à lui, ses proches, mais surtout au RDR qui rêve de voir son mentor réaliser un second mandat.

C’est sûr Alassane Ouattara et le RDR ont choisit de peser de tout leur poids – y comprit en s’immisçant de la façon la plus grossière dans les affaires internes du PDCI – pour que Bédié soit maintenu – malgré son âge avancée, à la tête du PDCI. Et, tout naturellement pour qu’avec lui, Ouattara soit le candidat unique de ce parti.

Face à ce qui s’annonce comme un combat acharné pour la prise et le contrôle du pouvoir en Côte d’Ivoire, devrions-nous faire comme si de rien n’était ? Surtout lorsqu’au sortir de ces « combats » pour la conquête du pouvoir, c’est malheureusement et toujours le peuple innocent qui en payent le lourd tribut.

Parce que c’est nous qui payons toujours les pots cassées des querelles entre politiciens, il nous faut – une fois de plus – rester vigilants et très attentifs. En ces temps de querelles au sein du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, dont on sait désormais qui tire en réalité les ficelles. Il ne faut pas se laisser embobiner. Il nous faut savoir rester lucides et savoir lire entre les lignes des querelles politiciennes. Car les « espèces rares », les politiciens de convictions, ceux qui ne courent qu’après de nobles idéaux, ceux qui ne recherchent en réalité que l’intérêt et le bien-être du peuple…, il y en a très peu, en Afrique et notamment en Côte d’Ivoire.

En somme, ces politiciens  qui se querellent au sein de PDCI, se battent-ils pour le peuple ou pour leurs propres intérêts ? Comment reconnaitrions-nous parmi eux, ceux qui se battent pour le peuple? Ecoutons plutôt ce que nous disent encore les Saintes Ecritures : « Vous les reconnaitrez à leurs fruits ».

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

Commentaires

pour le peuple ou pour leurs propres intérêts ? La réponse est simple et claire. De même qu'ils ont sacrifié la Cote D'ivoire (le peuple) au diable(la mafia impérialiste) sur l'autel de mammon pour des interets personnels et claniques ainsi ils continuent dans la logique de leur sale besogne....Le problème est que la mafia n'a pas changé sa règle d'or ....braquage, partage du butin, doublage et règlements de comptes infernaux....So on en est aux règlements de comptes concernant le partage du butin et rien d'autre donc la preuve qu'ils ne sont aux regrets de leurs actes ni de leur alliance avec les terroristes du rdr....Ce n'est l'intérêt du peuple...

Écrit par : Patrick | 19/07/2013

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