topblog Ivoire blogs

24/07/2013

Le RDR à fond dans son éternel bouc émissaire : la nationalité

cisse_bacongo1.jpgEt le revoilà sur la scène médiatique, après avoir échappé – de justesse – au lynchage par nos jeunes frères étudiants, mécontents d’avoir été les dindons d’une farce de fort mauvais goût : une université repeinte, rien que pour la forme, l’apparence et le plaisir des yeux.

Mais avant de nous pencher sur sa sortie médiatique à proprement dite, force est de rappeler que s’il eut été de la trempe de ces démocrates soucieux de l’honneur et du sens des responsabilités, dans une république normale - au sens stricte du terme – n’aurait-il pas tranquillement démissionné, suite au scandale financier survenu dans son ministère et dont son directeur administratif et financier (DAF) fut le seul à subir les foudres du chef « ADOré » ?

Seulement voilà. Cissé Ibrahim Bacongo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas le dernier venu de la république « dramanienne ». Certains diront – en langage bien de chez nous - qu’il n’est pas « n’importe qui ». Cissé Bacongo fait partie du cercle très hermétique des fins stratèges du parti au pouvoir, le RDR. Il est de ceux qu’on peut appeler « une tête pensante», un idéologue. Cissé Bacongo est le juriste de service, cacique parmi les caciques du RDR, homme de main d’Alassane Ouattara, l’actuel chef de l’Etat ivoirien.

Perfidement mais surement, Cissé Bacongo a réussi à faire resurgir le débat de la nationalité en Côte d’Ivoire. Un débat qu’il a lui-même appelé : « débat sur la crise de nationalité ». D’aucuns diront qu’il a ressuscité les « vieux démons » qui agitent la Côte d’Ivoire. Selon la thèse de monsieur Bacongo : « avant l’indépendance, toutes les personnes vivant sur le sol ivoirien, qu’elles y soient nées ou qu’elles soient venues d’autres pays pour y résider, étaient soit de nationalité française, soit de la nationalité de pays étrangers indépendants, (…) sont toutes des ivoiriens à titre d’origine, parce que toutes, de nationalité française avant 1960 et présentes au moment où naissaient l’Etat de Côte d’Ivoire et la nationalité ivoirienne ». Puis il terme sa thèse sur la recommandation suivante : « Il s’agira plutôt pour chaque ivoirienne et chaque ivoirien de rattraper un oubli ou à corriger une erreur dans l’histoire de notre pays. Ainsi nous réussirons à préserver celui-ci de l’enfer qui couve toujours… ». En d’autres termes, tant que la Côte d’Ivoire n’octroiera pas la nationalité – à titre gracieux – à ces personnes et à leurs descendants désignés comme tel, il y aura toujours la « guerre » dans ce pays.

Mission partiellement réussi, pourrait-on dire. Car les réactions espérées ne se font pas attendre. Entre autres celles de juristes et de nombreuses autres personnes dont celle d’Ahipeaud Martial. La plus remarquée fut celle du professeur Hubert Oulaye. « Hubert Oulaye ferme la bouche » à Cissé Bacongo, a-t-on alors pensé du côté de l’opposition. Erreur ! Le sieur Bacongo, loin de s’avouer vaincu, opèrera - selon les dires d’un quotidien de la place - : « une riposte fatale ». « Riposte » dans laquelle le juriste en mission commanditée persiste et signe sa thèse sur une « crise de nationalité »  qui prévaudrait en Côte d’Ivoire.

En fait, il n’est pas nouveau ce débat sur la crise de nationalité en Côte d’Ivoire. Il remonte même aux origines de la crise ivoirienne. La nationalité a servi de prétexte à des rebelles pour massacrer impunément des populations civiles. Elle a servi de prétexte pour mettre le pays à feu et à sang…

Alors qu’on pensait le sujet dépassé depuis les accords de Linas Marcoussis, le voilà qui, brusquement refait surface. Avec à l’orchestration Cissé Bacongo, l’un des plus fidèles compagnons d’Alassane Ouattara, aujourd’hui au pouvoir. A quelles fins ?

Une démarche politique, un dessein inavoué

Ne nous y trompons pas. La démarche inopinée de Cissé Bacongo, fait partie d’une stratégie purement politique et savamment planifiée. Malgré ses airs de débat juridique dont l’auteur le réclame. Certains juristes affirment d’ailleurs à ce sujet : « que la nationalité ne saurait être réduite uniquement à une notion juridique ».

Le débat de nationalité tel qu’initié par Cissé Bacongo, donc par le régime en place, fait bel et bien partie d’une stratégie dont les desseins sont à aller chercher ailleurs que sur le terrain purement juridique. En effet, cela relève avant tout d’une démarche politiquement machiavélique. La même que celle entreprise par la rébellion de 2002. Là, on avait – dit-on - pris les armes parce qu’on se sentait victimes d’un problème de nationalité. Ici et aujourd’hui, on se sert du même argument pour des visées purement politiques, notamment électoralistes.

En ces temps où les conditions de vie des hommes se dégradent de plus en plus, compte tenu d’une récession économique de plus en plus généralisée dans la plupart de nos Etats africains et même dans des pays dit industrialisés, qui ne rêve pas de jouir des avantages et privilèges accordés aux citoyens d’un tiers pays, plus nanti ? Notamment un pays aux immenses ressources naturelles, telle que la Côte d’Ivoire ? N’est-ce pas là l’une des principales causes de l’immigration dans le monde ? Ils sont rares les étrangers immigrés, fils d’immigrés en Côte d’Ivoire qui oseraient « cracher » sur la nationalité à eux offerte, à titre gracieux, comme le préconise le pouvoir d’Alassane Ouattara. Et Dieu seul sait le véritable nombre d’immigrés étrangers que regorge la Côte d’Ivoire. Mais en « dramanie », parler ainsi vaut d’être traité « d’ivoiritaire » ou de xénophobe. Alors qu’un simple coup d’œil dans ce qui passe dans les autres pays - en la matière - singulièrement dans les pays voisins à la Côte d’Ivoire, laisse croire que la Côte d’Ivoire seule demeure le pays où l’intérêt de l’étranger passe avant celui du national lui-même.

Inutile d’imaginer l’aubaine que constituerait ce « vivier électoral » en Côte d’Ivoire, pour tout politicien qui réussirait un tel coup. Mais le danger, le plus grave est là, permanent. C’est cette instrumentalisation des nordistes et des étrangers au détriment du reste des peuples de Côte d’Ivoire. C’est ce que certains ont appelé « la manipulation en psychologie de groupe ».

Un faux débat

Comme toujours, le RDR et Alassane Ouattara mènent en bateau les ivoiriens. Et ce, depuis bientôt près de 20 ans: créer de faux débats et espérer les faire passer pour les véritables problèmes, les problèmes de fond que connait la Côte d’Ivoire. Mais encore ? Bien évidemment, pour le pouvoir et rien d’autre. Ici, il s’agit notamment du débat sur une supposée crise de nationalité.

Alors questions : le nord a-t-il un problème de nationalité ? Les étrangers vivants sur le sol ivoirien et pour certains, depuis des lustres, ont-ils un problème de nationalité ? S’agit-il en fait et vraiment d’un problème ou d’une crise de nationalité comme annoncé ?

Certes les richesses que regorge la Côte d’Ivoire attirent et excitent les convoitises. Il s’agit donc ici de mettre en place une politique d’intégration, de protection des étrangers et de leurs biens, sans pour autant dépouiller l’ivoirien de ses avantages et privilèges de citoyen. Aujourd’hui encore le problème de fond autour duquel doit avoir lieu le véritable débat n’est point celui de la nationalité, mais bien celui du développement économique et social qui profite à tous les ivoiriens sans exclusive et par ricochet aux étrangers vivants sur leur sol. Mais cela ne saurait se faire sans une réconciliation réussie et durable.

Seulement, peut-il y avoir développement économique et social sans chercher à construire une unité nationale et une cohésion sociale fortes au sortir d’une crise aussi grave que celle de la période postélectorale ? Le problème est donc là et nulle part ailleurs. C’est celui de l’intrusion des armes comme argument en politique, de la justice sélective et du rattrapage ethnique comme modes de gouvernement.

Le débat sur une prétendue crise de nationalité, n’est donc en définitive qu’un bouc émissaire, un piédestal pour justifier des objectifs électoralistes. Il n’a rien à avoir avec les réelles préoccupations de l’ivoirien qui lui, cherche plutôt à se sortir de l’étau de la misère et du chômage qui l’étreint de jour en jour ; l’ivoirien qui se demande bien comment il arrivera à toujours manger convenablement et à sa faim, à se soigner sans se saigner ; l’ivoirien qui se demande plutôt comment  il pourra vivre dans un environnement apaisé, sans haine ni violence, en harmonie avec ses concitoyens et ses voisins… Cet ivoirien-là, ne se sent pas concerné par ce faux débat. Il ne veut plus vivre dans la hantise que dans son dos, des politiques aux desseins ténébreux, sont en train de tripatouiller les lois que le peuple s’est librement donné, pour se maintenir au pouvoir.

Dans une telle perspective, le plus difficile reste quand même à venir: les ivoiriens sauront-ils faire preuve de sursaut national  - en temps opportun - pour faire échouer, cette machination, ce plan diabolique tout droit sorti des laboratoires des « républicains » et qui, hélas n’a pas encore dit son dernier mot ?

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

 

19/07/2013

Le temps des querelles

20130719_lereveil_3441.jpg

Il y a un temps pour tout, nous enseignent les Saintes Ecritures. En Côte d’Ivoire, il eut un temps pour la guerre. Et comme après toute guerre, il eut un temps pour le partage du butin: partage des ressources naturelles, attribution des marchés et contrats juteux aux petits copains, bradage de la nationalité, occupations illégales des terres, partage des postes dans l’administration et dans l’armée, nominations complaisantes etc.

Mais c’était sans compter sur l’insatiable égoïsme de l’être humain. Surtout quand le butin est acquis au prix du sang de plusieurs milliers de personnes massacrées impunément et dont le sang continue de crier vengeance. Vint lors le temps d’inévitables querelles autour du butin à partager.

Au PDCI, parti politique complice du massacre de milliers d’ivoiriens et  l’un des principaux bénéficiaires du sanguinolent butin de guerre, on assiste de plus en plus à une période de querelles à n’en point finir. Une telle situation mérite qu’on s’y attarde quelque peu.

La question sera d’emblée : que se passe t-il au PDCI ? Ne serait-ce pas là des querelles nées du partage du fameux butin de guerre ? Tâchons d’y apporter quelques réponses.

Alors qu’Alassane Ouattara vient d’annoncer officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2015 et qu’il est dès lors tout à fait normal que chaque parti politique se mette en ordre de bataille pour préparer cette échéance, il semble bien que dans le vieux parti, l’heure soit plutôt aux querelles intestines. Tantôt c’est Konan Bédié - le probable président-à-vie du parti - qui monte au créneau pour mettre au pas les brebis jugées galeuses. Tantôt c’est le secrétaire général du parti Djédjé Mady qui est soupçonné de traîtrise, de vouloir « vendre » le parti « aux ennemis », ou encore c’est l’actuel président de la CDVR, Charles Konan Banny, qui est soupçonné de se présenter contre Bédié pour briguer la magistrature suprême. Tantôt il s’agit du jeune et bouillant président des jeunes KKB (Kouadio Konan Bertin) qui joue les « troubles fêtes »,  en menaçant de « détrôner » l’octogénaire N’zuéba. Mieux, ces trois figures de proue (Mady, KKB et Banny) du parti, sont aujourd’hui accusés de s’être « déjà partagé le PDCI ». Mais que se passe t-il donc au PDCI ?

Certes, loin de nous l’idée de nous immiscer dans des querelles internes et inhérentes à tout parti politique légalement constitué. Mais le douloureux souvenir des élections présidentielles de 2010 est encore trop vivace dans notre mémoire collective pour que nous fermions les yeux sur ce qui risque une fois de plus - à l’horizon 2015 - de nous conduire vers des lendemains tumultueux. Car que ce qui ce passe aujourd’hui et maintenant n’augure t-il pas de ce qui se passera demain ? Or, nul doute – au regard de ces « temps qui tanguent » - que 2015 est appréhendée – une fois encore – par de nombreux ivoiriens et notamment par plusieurs observateurs de la situation socio-politique ivoirienne, comme l’année de tous les dangers.

En effet, se demander ce qui se passe au PDCI, revient nécessairement à se demander pourquoi le RDR, parti d’Alassane Ouattara, s’acharne t-il à s’immiscer de façon grossière dans des querelles au sein du PDCI. De même, à s’interroger sur les intentions réelles du l’appel du FPI en embuscade. Bref, cela revient à s’interroger sur l’impact que pourraient avoir ces querelles sur les futures échéances électorales de 2015, donc sur la destinée du peuple ivoirien tout entier. Car le PDCI – malgré tout - est un parti qui compte en Côte d’Ivoire.

A l’analyse des propos de Konan Bédié et de toutes les intrigues qui se font autour de la préparation du futur congrès de ce parti, il y a certainement quelque chose en préparation. Chose qui n’est pas du tout du goût de certains membres tels que KKB. Des membres qui ne semblent pas du tout prêts à cautionner ce qui se trame. Il s’agirait en réalité de faire d’Alassane Ouattara,  le seul et unique candidat du PDCI pour les prochaines échéances électorales. Bien entendu, sous le prétexte très ambigu qu’ « on ne change pas une équipe qui gagne ». Et, bonjour les querelles !

Pour s’en convaincre d’avantage, il suffit d’observer avec attention tout l’acharnement, toute l’énergie que met le RDR, pour s’attaquer, bec et ongles à tous ceux qui en voudraient à Bédié de vouloir mettre en œuvre ce plan qui ne profite qu’à lui, ses proches, mais surtout au RDR qui rêve de voir son mentor réaliser un second mandat.

C’est sûr Alassane Ouattara et le RDR ont choisit de peser de tout leur poids – y comprit en s’immisçant de la façon la plus grossière dans les affaires internes du PDCI – pour que Bédié soit maintenu – malgré son âge avancée, à la tête du PDCI. Et, tout naturellement pour qu’avec lui, Ouattara soit le candidat unique de ce parti.

Face à ce qui s’annonce comme un combat acharné pour la prise et le contrôle du pouvoir en Côte d’Ivoire, devrions-nous faire comme si de rien n’était ? Surtout lorsqu’au sortir de ces « combats » pour la conquête du pouvoir, c’est malheureusement et toujours le peuple innocent qui en payent le lourd tribut.

Parce que c’est nous qui payons toujours les pots cassées des querelles entre politiciens, il nous faut – une fois de plus – rester vigilants et très attentifs. En ces temps de querelles au sein du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, dont on sait désormais qui tire en réalité les ficelles. Il ne faut pas se laisser embobiner. Il nous faut savoir rester lucides et savoir lire entre les lignes des querelles politiciennes. Car les « espèces rares », les politiciens de convictions, ceux qui ne courent qu’après de nobles idéaux, ceux qui ne recherchent en réalité que l’intérêt et le bien-être du peuple…, il y en a très peu, en Afrique et notamment en Côte d’Ivoire.

En somme, ces politiciens  qui se querellent au sein de PDCI, se battent-ils pour le peuple ou pour leurs propres intérêts ? Comment reconnaitrions-nous parmi eux, ceux qui se battent pour le peuple? Ecoutons plutôt ce que nous disent encore les Saintes Ecritures : « Vous les reconnaitrez à leurs fruits ».

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

10/07/2013

Après six jours dans le nord, les dérapages d’une visite

Korogho-Ouattara-Mbengue-0006.jpg

Il vient d’achever sa visite d’Etat dans le district des savanes. Au-delà de quelques pistes rénovées à la hâte, de quelques dons offerts par sa « first lady » en manque de popularité et, bien sûr, des éternelles promesses dont la réalisation restent toujours hypothétiques, notons que la visite d’Alassane Ouattara aux braves populations du nord de la Côte d’Ivoire, aura laissé plus d’amertume qu’un sentiment de confiance et de sérénité retrouvée, à tous ceux qui auraient cru que cet homme avait – le temps aidant – abandonné son costume de chef de parti politique pour se revêtir de celui de président de la république de tous les ivoiriens. Tous, se seront donc lourdement trompés.

Ainsi, la question qui découle finalement et de toute évidence d’un tel constat est celle-ci: Alassane Ouattara est-il – pour les ivoiriens - un rassembleur ?

Il aura fallut  d’abord déjouer le piège des effets spéciaux de la visite: l’important déploiement de  la grosse artillerie de moyens financiers, humains et matériels pour impressionner les populations et pour faire croire que les choses bougent ; les discours creux invitant ou exhortant au pardon… Il aura fallut « enjamber » tout ce mirage, pour ensuite, prêter une oreille attentive au véritable message: celui de la division.

L’on notera ainsi qu’au cours de sa visite au nord, Alassane Ouattara s’est – volontairement - rendu coupable de graves dérapages qui mettent d’avantage à mal la cohésion sociale. Bien plus qu’elle ne l’est déjà. Deux faits majeurs requièrent notre attention :

Les injustices supposées contre les nordistes

« Le nord n’a pas eu sa part de contribution à l’effort national » déclarait d’entrée Alassane Ouattara, lors de son deuxième meeting dans le district des savanes. Que cache une telle affirmation, sinon jeter l’opprobre sur ses prédécesseurs qui ne sont autres que Félix Houphouet Boigny, Konan Bédié et Laurent Gbagbo ? Ce qui laisse donc à supposer que ces précédents chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire, ne se sont guère occupés – comme il se devait – de cette région de la Côte d’Ivoire. Du coup, c’est aux populations du cette région qu’il semble dire : « Voyez, vous avez participé à l’effort pour construire ce pays, mais vous n’avez pas bénéficié de vos efforts. Personne ne s’est préoccupé de vous. Vous avez été délaissées au profit des autres régions». Voilà en substance le sens d’une telle déclaration. Son objectif, de toute évidence, ne peut être que créer chez ceux qui l’écoutent, le sentiment d’avoir été victime d’injustice, pour ne pas dire d’une certaine exclusion.

« Exclusion », le mot est lâché. Voilà le fameux mot qui se cache derrière cette déclaration d’Alassane Ouattara. Un mot qu’il n’a pas osé prononcer, mais qui signifie  à ses yeux: exclusion des ressortissants du nord au motif qu’ils seraient moins ivoiriens que les autres ; exclusion de la vie socio-politique et du développement économique des nordistes ; exclusion…, ce mot qui, durant plusieurs années aura été l’un des piliers de la politique déstabilisatrice du RDR, le parti d’Alassane Ouattara.

Mais Ouattara, comme pour étayer sa thèse sur les supposées injustices subies, par nos parents nordistes, ajoute: « Les populations du nord qui ont accepté tant d’injustices par la passé, doivent accepter le pardon ».

Certes, le nord, contrairement aux autres régions de la Côte d’Ivoire, ne dispose pas de terres aussi arables que ses voisins du Sud, de l’Ouest ou de l’Est. On n’a donc assisté, des dizaines d’années durant, à un exode massif de ces populations vers les autres zones de la Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ne faut-il pas aussi dénoncer l’attitude de certains cadres du nord qui préfèrent « s’expatrier » dans les autres régions de la Côte d’Ivoire, délaissant ainsi leur propre région ?

Au lieu de livrer ses prédécesseurs à la vindicte populaire, il aurait été sage pour Alassane Ouattara d’exhorter – non sans insistance – les ressortissants de cette région, notamment les cadres, à investir et à s’investir concrètement dans leur propre région.

D’ailleurs, doit-on  accorder d’avantage de crédit à de tels propos quand on sait que finalement - pour ceux qui connaissent bien cette région - les chiffres annoncés pour démontrer le fameux « retard accusé par le nord », sont franchement discutables? Le nord est-il vraiment « un désert - crée par la seule volonté politique de ses prédécesseurs – dans un oasis » comme tente de le faire croire Alassane Ouattara ?

L’apologie de la rébellion armée

Depuis 2002, Soro Guillaume et sa bande armée de rebelles, ont tué des ivoiriens. Ils ont versé du sang humain. Ils ont massacré des ivoiriens, des civils, des militaires, égorgés des enfants, des femmes. Ils ont brûlés vifs, fusillés, cassés, pillés, détruits.., bref, ils ont semé mort et désolation sur leur passage, durant plusieurs années. Prétextant lutter pour la cause des ressortissants d’une seule et unique région de la Côte d’Ivoire: ceux du nord. Le peuple ivoirien tout entier en garde encore les stigmates et le douloureux souvenir. Comment alors appeler autrement Soro et ses hommes, sinon des criminels ?

Or, c’est justement à ces assassins et à leur chef, que Ouattara adresse ses remerciements publics pour leur « œuvre », ou disons-le tout simplement, c’est à eux qu’il rend un hommage appuyé en déclarant : « Soro Guillaume s’est battu pour que les populations du nord puissent retrouver leur dignité par la nationalité ivoirienne ».

Cette attitude qu’a eue Alassane Ouattara, de faire ainsi l’apologie de la rébellion armée, n’est-elle pas de nature à encourager, plutôt qu’à décourager tous ceux des autres régions de la Côte d’Ivoire qui se sentiraient eux-aussi « exclus » ou « victimes d’injustices », un jour ou l’autre ? Est-ce là l’attitude d’un démocrate – soucieux de la paix et de l’unité - que d’encourager la résolution d’un problème politique par les armes ? Non. Sinon, Alassane Ouattara n’aurait pas achevé de nous convaincre qu’il n’en n’est pas un, en ajoutant : « Ferké connait bien sûr un jeune (Soro Guillaume, ndlr) qui a grandi ici, qui a fait le petit séminaire à Katiola, qui a fait preuve d’un courage exceptionnel. Bien sûr, il a estimé à un moment donné que, nous les anciens, nous étions engagés dans une voie qui peut-être allait prendre trop de temps pour faire aboutir notre combat ». D’autre part, ne faut-il pas aussi chercher les causes du fameux « retard », dans l’occupation de cette partie du pays par une rébellion armée, dont les intérêts égoïstes ont - de tout temps -  contrastés avec ceux des paisibles populations de cette région ?

Les ivoiriens sont certes des gens paisibles et fiers de leur pays. Mais ils sont loin d’être des ignares. De tels dérapages, de la part d’un homme se faisant passer pour leur chef, c'est-à-dire, celui qui doit être à même de les souder autour des idéaux de la nation et de l’unité nationale, ne seront pas passés inaperçus.

De toute évidence, peut-on encore croire que cet homme ait pu se débarrasser de son discours tribal et religieux, depuis son accession au pouvoir : « Je suis musulman et du nord » ? 

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

 

 

07/07/2013

Leçon de réalisme

images (12).jpgAlors que les regards sont tournés vers le district des savanes où Alassane Ouattara se pavane en fanfare pour, de toute évidence, solliciter les voix des populations de cette région, l’artiste Frederic Ehui Meiway, quant à lui, a choisi de rappeler à tous, ce que devrait être la vraie réconciliation en Côte d’Ivoire, au-delà de tout le mal que certains auraient pu penser de lui.

L’interview-vidéo que Meiway accorde au média « Regards sur Gbagbo », au sortir d’une visite effectuée à la CPI à Laurent Gbagbo, le plus illustre prisonnier de ces lieux, avec tant d’autres avant lui, vient rappeler, notamment à ceux qui paradent de lieux en lieux pour parler de réconciliation, qu’il faille aller au-delà des vains discours. Si du moins la réconciliation est effectivement le mobile recherché par ces derniers.

Pourquoi maintenant ? Meiway ne cherche t-il pas plutôt – avec cette sortie médiatique - à reconquérir ses fans qui ont pu être offusqué par sa prise de position au cours de la crise-postélectorale ? Quels sont réelles intentions du « génie de Kpalèzo » ? Autant de questions que l’on pourrait logiquement se poser.

D’ailleurs, le maître du « zoblazo » reconnait d’entame : « les pro-Gbagbo me détestent ». Mais il tente néanmoins de justifier sa prise de position : « il fallait réagir (…) c’est ma double casquette de personnage publique, de leader d’opinion et de citoyen ivoirien qui m’ont amené à réagir ».

Au de-là des divers sentiments qui pourraient nous traverser, au regard de son acte et de ses propos, notre nature d’êtres humains ne nous commande t-elle pas de savoir raison garder, de faire fi de nos états d’âme excessifs lorsque sont en jeu, ce que l’on a appelé : l’intérêt commun ou l’intérêt supérieur du peuple ?

En fait, quel peut bien être le salut, en dehors d’une justice équitable, gage d’une réconciliation vraie, pour une Côte d’Ivoire défigurée et déchirée par tant de crises à répétition et de guerres fratricides ? Il n’y en n’a – à notre sens – aucun autre.

Et, le « génie de Kpalézo » fait bien et malgré tout de nous le rappeler, avec réalisme d’ailleurs : « Que certains payent et que d’autres soient liberté, c’est injuste ». Puis il poursuit : « Tous les interlocuteurs sont en prison. On ne peut pas se réconcilier », avant de conclure : « Il faut qu’il (Laurent Gbagbo, ndlr) soit libéré, c’est mon avis ».

Une fois de plus, c’est la question d’une justice partiale qui est mis en cause. La justice doit-elle être la cause de la chienlit, de troubles publiques ou de crises armées dans les pays où elle est sensée appliquer le droit ? Ou, doit-elle être au contraire, être source d’espoir, d’apaisement et de réparation pour les victimes ? Or en Côte d’Ivoire, il n’y pas que des victimes dans un seul camp, comme l’on tente de le faire croire. Il n’y pas que les victimes de Gbagbo, comme le prétend avec cynisme, le désormais président à vie du PDCI, l’octogénaire Konan Bédié. Il n’y pas que les victimes de l’autre camp refusent de porter plainte ou de se manifester. Il y a qu’elles sont encore et toujours victimes de la terreur, des intimidations et de la dictature étouffante des nouveaux seigneurs au pouvoir à Abidjan.

Au reste, en Côte d’Ivoire, il ne s’agit pas que d’individus, mais aussi et surtout de l’intérêt de tout un peuple.

Lorsque la CPI et notamment les maîtres du régime actuel, y compris, leurs suiveurs et leurs soutiens étrangers auront, non seulement comprit cela, mais s’y seront attelés, la Côte d’Ivoire ne s’en sortira que grandit, et la cohésion sociale n’en sera que renforcée.

En attendant, ayons la lucidité de saluer le réalisme de Meiway. Cet artiste chanteur qui a su dire haut et fort ce que certains pensent tout bas ; qui a su trouver les mots, là où ses homologues chanteurs Alpha Blondy et Tiken Jah – pour ne citer que ceux-là – naguère bavards contre Gbagbo, se taisent aujourd’hui avec Ouattara. Et, souhaitons-lui bon courage contre  d’éventuelles volées de bois verts dont il sera, sans nul doute l’objet, après cela, de la part des illuminés de la case verte.

Marc Micael

Chroniqueur Politique

marcmicael@yahoo.fr

 

 

17:30 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

05/07/2013

Les choses ont changé…

OuattaraKorhogo.jpg

Certains nous avaient prévenus à son sujet : « cet homme a la frime facile ». D’autres n’ont pas voulut y croire. Mais le temps, qui a cette fâcheuse tendance à mettre à nu ce que nous sommes réellement, a fait son œuvre.

Alassane Ouattara aura finit par « étonner » - comme lui-même le dit si bien – mais surtout par convaincre le monde entier et singulièrement les ivoiriens encore lucides, sur sa capacité à créer une nouvelle méthode de gouvernement : « la frime boucantière ». Ou, disons-le tout simplement : la mystification.

Les premiers qui, après avoir bravé leur peur dans un climat de terreur ambiant, entretenu par le régime en place, et à avoir mis sur la place publique cette nouvelle forme de supercherie érigée en programme de gouvernement, furent nos jeunes frères les étudiants. L’université baptisée « Félix Houphouët  Boigny », sensée avoir été rénovée à coups de plusieurs centaines de milliards de nos francs, n’était en fait qu’un canular maquillé par plusieurs mètres cube de peinture.

L’épopée du maitre-mystificateur ne s’arrête pas là. L’une de ses plus grandes mystifications aura été de promettre aux ivoiriens « une pluie de milliards ». Et depuis, les ivoiriens scrutent avec anxiété le ciel, dans l’espoir d’en voir tomber les milliards promis. Malheureusement, en lieu et place, les voilà plongé au cœur d’une des plus sombres et des plus tristes périodes de leur histoire par la faute d’un homme – décrit par ceux qui le connaissent mieux comme : « plus friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du côté martial du pouvoir…que du travail lui-même ».

Après deux ans de règne, Alassane Ouattara ne s’est pas départi de sa fameuse propension à faire des promesses rien que pour émerveiller son auditoire et s’attirer ainsi une sympathie imméritée.

Le voilà donc cette fois dans le district des savanes, manifestement, plus en tournée de campagne présidentielle, qu’en visite d’Etat. Voici l’homme, Alassane Ouattara dans cette région du pays, à promettre monts et merveilles aux populations obnubilés par tout le tapage protocolaire et théâtral. Le voilà à profiter de la simplicité, voire de la naïveté de certains pour s’adonner à ce qu’il sait faire le mieux : la mystification.

Extrait de ses propos : « Je voudrais faire comprendre que les choses ont changé. Et que bientôt, la Côte d’Ivoire sera un pays moderne, un pays émergent. (…) ». A l’en croire, les choses ont donc changé en Côte d’Ivoire. Sous-entendons, depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir.

A moins que cela ne soit le fait de l’émotion dû à la présence d’une foule surchauffée à blanc pour l’occasion ou à l’euphorie d'un moment, qui veut-il tromper avec ces paroles ? « Les choses » ont changé ? Quelles choses ? Pourrait-on bien se demander ?

A part les circonstances de son accession à la tête de ce pays, symbolisant le triomphe de la loi du plus brutal au mépris de tout principe démocratique ; une prise du pouvoir qui consacre la culture de la violence et de la terreur ; qui renie les libertés collectives et individuelles à tous ceux qui ne chantent pas la même mélodie que lui ; qui fait la part belle aux seuls membres de son clan, aux nordistes et à ceux qui « mangent » avec lui… Par ailleurs, soulignons que l’ivresse et l’enthousiasme nées de la prise du pouvoir qui ont, au début, données l’impression que les choses étaient en train de bouger, ont fini par laisser apparaître qu’il ne s’agissait en fait que d’un effet d’illusion.

A part cela, qu’est ce qui a bien pu changer de façon significative dans ce pays ? Qu’est ce qui peut bien pousser monsieur Ouattara à faire croire à l’opinion publique, notamment aux ivoiriens, que quelque chose a changé dans leur quotidien, eux qui vivent au jour le jour, les dures réalités de leur pays ?

La Côte d’Ivoire version Ouattara - bien au contraire - est devenue plus que jamais méconnaissable. Et ce ne sont pas les ivoiriens qui diront le contraire, pas plus que les observateurs de la vie socio-politique ivoirienne, qui ne cessent d’interpeller Ouattara et alerter l’opinion publique à travers des rapports plus accablants qu’élogieux à l’égard du régime en place, sur les conséquences de la corruption et du racket qui ont atteint des proportions inquiétantes ; sur les pertes systématiques d’emploi et le taux de chômage grossissant ; sur l’impunité, l’insécurité galopante et les attaques devenues monnaie courantes ; sur les violations massives des droits de l’Homme…

Peut-être, est-ce à tout cela que monsieur Ouattara fait allusion en parlant de choses qui ont changé et de "pays émergent"? Sinon, comment interpréter autrement sa phrase ?

Rappelons que, ceux qui nous avaient prévenus à son sujet, n’avaient pas aussi manqué de dire : «Non, Ouattara n’apportera rien à la Côte d’Ivoire. Juste quelque temps et vous le découvrirez dans toute son incapacité ».

Marc Micael

 

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

17:34 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2013

Ouattara dans le nord, après une décennie d’incitation à la division

visite-korhogo-0006.jpg

C’est l’actualité du moment. La visite  d’Etat d’Alassane Ouattara dans la région des savanes. Par des termes, les uns plus élogieux que les autres, les journalistes de plusieurs organes de presse – notamment proches du régime - barbes bien mouillées et mobilisés pour l’occasion, rivalisent de zèle. Ce sera à qui usera le plus de qualificatifs dithyrambiques pour décrire l’instant: « Tout le grand nord mobilisé comme un seul homme pour accueillir Ouattara » ; « Un accueil triomphal réservé au président » ; « Communion totale » ; « La cité du Poro (…) dans la ferveur et l’allégresse » ; « (…) l’ambiance est à la fête » ; « L’évènement de taille est sur toutes les lèvres » ; « le capitaine ADO dans son eau »... Des propos sont même prêtés à quelques habitants : «C’est une joie immense pour nous. (…) nous sommes mobilisés pour lui réserver un accueil digne de son rang et surtout lui témoigner notre attachement (…) ». Et les reporters de la ouattarandie de conclure : « C’est la joie et l’enthousiasme dans tout le district des Savanes ».

Certes, tout cela est bien beau. Mais il serait trop précoce de se laisser emporter par cette euphorie artificielle, créée et entretenue pour masquer un malaise bien réel au sein de peuple ivoirien : dix ans d’incitation à la haine, à la violence et à la division ; dix ans d’instrumentalisation du « nord musulman » par ceux qui, aujourd’hui font la pluie et le beau temps en Côte d’Ivoire. Dix ans de « prédications » mensongères et de faux dans le but secret et ultime de s’emparer du pouvoir.

Alassane Ouattara, cet homme qui, hier, à Paris lors d’une conférence en 1999, sommé par la justice ivoirienne de fournir les preuves de sa nationalité ivoirienne, prit le dangereux raccourci ethno-religieux : « On ne veut pas que je sois candidat parce que je suis musulman et du nord », est aujourd’hui en visite dans cette région du pays, à l’issue d’une sale guerre qui lui permit – entre autres – se hisser au pouvoir.

N’est-ce pas là, le lieu de rappeler à l’opinion, comment le mythe - monté de toute pièce - celui du « nord musulman totalement acquis à la cause du RDR d’Alassane Ouattara, le super-héros », a considérablement entamé et continue de fragiliser la cohésion sociale ; un mythe entretenu depuis plus de dix ans et auquel il faille absolument et définitivement mettre un terme?

Le faux mythe

Comme tout faux mythe, celui conçu par le clan Ouattara s’appuie sur des prétextes erronés. Il part d’abord d’un document idéologique et doctrinal qui prône entre autres la prédominance des peuples nordistes en Côte d’Ivoire, dénommé « la charte du Nord ». Puis il s’appuie sur l’exclusion supposée ou volontairement amplifiée des ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire, présentés comme les victimes expiatoires de l’épopée ivoiritaire. Enfin, il trouve un meneur en la personne d’Alassane Ouattara, présenté comme le sauveur des ressortissants de cette zone nord de la Côte d’Ivoire. Celui que l’on a surnommé le « brave-tchè » (le héros en langue dioula) pour les raisons de la cause, lui-même, achève de nous convaincre sur la réalité de ce faux mythe, en déclarant à propos de sa politique exclusioniste : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité ».

Quand on sait que depuis plusieurs décennies, les peuples de Côte d’ivoire ont toujours vécu en parfaite cohésion malgré quelques heurts – normal d’ailleurs quand l’on vit en voisinage – sans grands incidences et que cette cohésion a commencé à être profondément mise à mal avec l’intrusion sur la scène politique d’arrivistes assoiffés de pouvoir, il ne peut qu’y avoir une seule explication : il y a bel et bien une sombre machination, un mythe fabriqué dans le but d’opposer les ivoiriens entre eux, un complot ourdi dans le seul but de « diviser pour mieux régner ».

Le profond malaise

Alassane est au pouvoir. Le malaise est profond au sein de la société ivoirienne. Au regard d’une politique grossièrement régionaliste et  foncièrement tribaliste. Une politique qui tend à accréditer la thèse selon laquelle, le nord se « rattrape » enfin des injustices qu’il aurait subit au détriment des autres régions de la Côte d’Ivoire. Après les scores fleuves réalisés dans cette zone à l’élection présidentielle de 2010 par le leader du RDR, il eut la conquête des zones du sud – dans un véritable bain de sang – par une rébellion venue du nord et principalement composée de ressortissants du nord (FRCI et leurs supplétifs, les chasseurs traditionnels dozos). Une rébellion qui deviendra par la suite l’armée officielle de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, l’heure est aux nominations à consonance nordique dans l’administration, et dans le gouvernement et à la mise en place d’une Assemblée Nationale « monocolore ». Ce qui constitue – à n’en point douter - le couronnement  de cette inique politique. La déportation systématique des prisonniers politiques les plus gênants aux yeux du régime en place, dans la zone nord du pays, achève de convaincre plus d’un sur la politique tribaliste d’Alassane Ouattara.

Au regard de ce qui précède, l’on ne peut donc s’empêcher de croire que c’est en réalité sur fond de consécration et de triomphe de l’idéologie de « la Charte du Nord » que monsieur Ouattara entame sa visite d’Etat dans cette région de la Côte d’Ivoire, dix ans, après moult coups fourrés, dont le faux mythe du « nord musulman acquis à la cause de Ouattara et du RDR ».

Somme toute, le triste constat est là : la politique du rattrapage ethnique, du régionalisme, n’ont fait qu’exacerber les rancœurs et accentuer les divisions. Sous Ouattara, les ivoiriens sont plus que jamais divisés.

N’est-il pas alors temps pour ces ivoiriens de mettre fin à cette pratique, à ce faux mythe qui fragilise la cohésion sociale et l’unité nationale au-delà même du sensationnel et de l’évènementiel dans lesquels la presse propagandiste RDR tente outrageusement de les emballer avec la présente visite de son mentor dans le nord ?

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr