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31/08/2013

CÔTE D'IVOIRE, METTRE FIN AU BRIGANDAGE POLITIQUE OU PÉRIR

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A quoi ont servi les bombes françaises, à part renverser Laurent Gbagbo et imposer la vision d’une communauté dite internationale ? Deux ans après la guerre en Côte d’Ivoire, l’on est en droit de s’interroger. Car ces bombes n’ont, ni fait triompher les droits de l’homme, encore moins la démocratie. Elles ont naturellement suscité une violente dictature. Elles ont fait place à l’émergence d’une espèce de régime où prolifèrent des politiciens véreux. Des gens pour qui, l’exercice de la démocratie, reste une notion encore obscure. Seule la violence, mêlée au mensonge, leur sert d’arguments. Ils ne prospèrent que par elle. C’est bien à eux, aux adeptes de cette doctrine primitive que les bombes françaises ont offert les rênes de la Côte d’Ivoire ; à Alassane Ouattara, à son parti politique le RDR (rassemblement des républicains) et à ses copains du RHDP (rassemblement des houphouétistes).

Dès lors, que pouvait-on espérer d’eux? Sinon les voir exceller dans ce qu’ils savent faire le mieux : régner par la terreur et le mensonge. En somme, par le brigandage politique ; tout en restant convaincus de régner sur des idiots.

C’est par ce brigandage qu’ils piétinent la Constitution. C’est par ce brigandage qu’ils ont maintenu le FPI (front populaire ivoirien), principal parti d’opposition hors du jeu électorale ; décidant unilatéralement des dates des élections locales. C’est par ce même moyen qu’ils ont décidé arbitrairement du découpage administratif du territoire ivoirien. A des fins électoralistes. C’est ainsi qu’ils ont dénaturés l’armée nationale ; faisant d’elle une bande de barbares sans foi ni loi. Récemment, le vote aux forceps des lois sur l’apatridie, la nationalité et le foncier, en est la parfaite illustration. La multitude de prisonniers, de réfugiés et d’exilés politiques ivoiriens, relève tout aussi de cette machination éhontée. Ils parlent de réconciliation nationale, de dialogue avec l’opposition pour la forme. Eux-mêmes n’y accordent aucun crédit. Cela participe d’une volonté politique délibérée.

Aveuglés par une soif inextinguible du pouvoir, ils ne reculent devant rien. Ils « verrouillent » déjà 2015. Au grand dam de leurs adversaires. Par tous les moyens. Conventionnels ou non. Chez eux, peu importe les moyens. Pourvu qu’ils parviennent à leurs fins. Ils en sont fiers. Au lieu d’en avoir honte. Leur brigandage n’a pas de limites.

Au PDCI, la méthode fait ses preuves. Dans ce parti politique, un octogénaire, à la rancune tenace, frappé par la limite d’âge, mais autoproclamé « vieux-jeune », refuse de passer la main. Au nom du pacte occulte qui le lie à Ouattara. Au nom de la politique tribale. Au nom de l’orgueil démesuré. Au nom de la loi du plus fortuné, au nom… du plus fort.

Il est clair qu’en Côte d’Ivoire, nous ne sommes pas en face d’enfants de cœur, mais bien en face de brigands politiques. Des gens sans scrupules. Peu soucieuses d’observer les règles les plus élémentaires de la démocratie. S’employant à bafouer les lois. D’ailleurs, ils n’ont d’égards pour personne. Encore moins pour les ivoiriens. Mieux, ils se sont installés dans un je-m’en-foutisme béat. Boycottant la réconciliation nationale ; sabordant la cohésion sociale ; exacerbant les haines et les divisions ; accentuant le sentiment d’une justice sélective ; frustrant une partie de la population au profit d’une autre. Bref, mettant en péril la nation ivoirienne.

On ne dirige pas un pays en usant de violence et de mensonge pour Imposer ses décisions. Non. On ne construit pas une nation avec tant de mauvaise foi et d’arrogance. En le faisant, on la détruit. Carrément. Et la Côte d’Ivoire mérite mieux qu’un groupuscule brigands politiques pour présider à sa destinée.

Le péril est là. Il s’installe. Sournoisement. Surement. Aux sceptiques, rappelons les mises en garde d’Amadou Soumahoro, grand Vizir et secrétaire général de la « Coalition pour le Brigandage politique en Côte d’Ivoire ». A propos de son mentor, il déclare : « Alassane Ouattara est au pouvoir pour 50 ans ». Puis s’empresse d’ajouter : « Ceux qui s’attaquent à Ouattara vont au cimetière ». Et enfonce le clou : « Après Dieu, c’est Ouattara ».

La question est donc de savoir si l’on va laisser prospérer d’avantage cette grave menace, y assister, les bras croisés, en espérant un miracle du ciel ?

Non. Ce serait suicidaire. Ce serait choisir le parti de l’oppresseur.

Il faut y mettre un terme. Dès maintenant. Il faut réagir face au brigandage politique, face à la déconfiture du pays. Sinon, voir la Côte d’Ivoire périr. Il faut sortir des sentiers battus. Se réunir autour de la mère patrie. Braver la dictature, le brigandage politique. L’affronter comme un seul homme. C’est à ce prix. Et à aucun autre. Que les ivoiriens sauveront leur pays du péril qui l’étreint avec rage.

  

Marc Micael
Chroniqueur politique
marcmicael@yahoo.fr

25/08/2013

NOTRE DÉMOCRATIE

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Le saviez-vous ? Chez nous ici, au pays des éléphants, pas de meetings, ni de manifestations pour revendiquer quoi que ce soit, sauf autorisation express du système en place. Cela valable, surtout pour les autres. Ceux qui refusent d’ADOrer le chef. On ne le défie pas. Impunément. Le chef. Gare à celui qui ose. La horde de barbares vêtus de treillis, a reçu de lui, des ordres formels : user sans modération de gaz lacrymogène, de matraques et de coups. Peu importe. De pieds ou de poings. Peu importe. A la tête, à l’œil, au bas-ventre… pourvu que les malheureux manifestants reçoivent une leçon, dont ils se souviendront toute leur vie. Si toutefois, il leur en reste encore, après la bastonnade ; sinon, il faut les pourchasser. Jusqu’aux confins de la terre. S’il le faut. Et gare à celui qui sera pris. Il regrettera amèrement d’avoir participé à ce « maudit » meeting, visant à salir le chef ADOré, celui qui dirige le système. Pourquoi veulent-ils manifester contre la vie chère, le chômage, la pauvreté.., alors que « tout va bien » ? Ne voient-ils pas que «le pays est en en chantier » et que « l’argent travaille », comme ne cesse de le répéter le chef ? Pourquoi veulent-ils le contredire, lui et son extraordinaire système ? 9,8% de croissance, ça ne leur dit donc rien ?

Chez nous, les prisons sont pleines à craquer. Pourtant, les criminels sont en liberté. Qui sont donc ceux qui y sont enfermés ? Motus et bouche cousue. Le système le veut ainsi. Ce genre de prisonnier n’existe pas ici chez nous. Interdit d’en parler.

Un si beau pays. Avec si peu d’habitants. Quel gâchis ! Pour y remédier, le système a eu une idée de génie. Faire de nos hôtes, des frères de sang. A part entière. Donc des co-propriétaires de nos richesses inexploitées. Et ce, à partir d’un rien. Automatiquement. Sans qu’ils en aient exprimé l’envie. Quelle générosité ! Quelle bonté, ce système !

Ce n’est pas tout. Ici au pays des éléphants, ne passe pas à la télé ou à la radio qui veut. Tout y est filtré. Scrupuleusement. Aucun manquement n’y est toléré. L’image du chef en dépend. Il y est vénéré. Deux directeurs de la chaine de télé débarqués. Conséquence de sa noire colère. Le système veille au grain. Ce que nous devons voir et entendre, c’est lui qui en décide. Selon son bon vouloir.

D’ailleurs les gardiens du système, sont les seuls maîtres à bord. Ils peuvent se rendre chez toi. Quand cela leur chante. T’y mépriser ou, t’y insulter. Copieusement. Ils n’ont de compte à rendre à personne. Le pouvoir, le droit de vie ou de mort, leur appartient. A eux et  à leur chef tout-puissant.

Chez nous, ou subis le système, ou tu es hors du système ; ou tu es au pays et tu la fermes pour de bon, ou tu es exilé, ou encore réfugié, dans un pays voisin, voire en Europe si tu en a les moyens. Il n’y a pas d’autres options.

C’est comme ça chez nous. Au pays. Depuis bientôt trois ans. C’est un instinct de survie que de se conformer aux injonctions du système, d’applaudir le chef, répondre « oui » à tout ce qu’il dit et fait, pour avoir la paix, pour avoir la vie sauve ; même s’il n’y a rien à se mettre sous la dent ; même si aucun emploi ne pointe à l’horizon ; même si les prix sont hors de portée ; même si se soigner est devenu un rêve impossible ; même si voir l’argent circuler, relève du miracle… C’est comme ça chez nous.

Certes, personne n’a demandé notre avis quand il s’agissait de nous choisir un chef. Les bombes ont réglé la question. A notre place. Aujourd’hui encore, personne ne demande notre avis. Le chef et son système décident. Seuls. Pour nous. Comme ils l’entendent. Qu’on le veuille ou pas. Chez nous, c’est ainsi que se joue le jeu politique. C’est notre façon à nous de vivre la démocratie. Notre démocratie.

Marc Micael

 

 

 

NON, CE N’EST PAS UN RÊVE

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Il faut le féliciter. Au moins pour cela. Pour avoir nourrit nos espoirs de promesses. Trois ans durant. Cinq universités en cinq ans. Un million d’emplois. Croissance économique exponentielle. Pluie de milliards. Afflux d’investisseurs… C’était trop beau pour être vrai. En à peine trois ans d’exercice du pouvoir, le verdict est sans appel: le « messie » tant attendu, n’était en fait qu’un imposteur. A défaut de revoir ses ambitions à la baisse, le voilà à courir le monde, à la recherche d’hypothétiques financements. Chez ses amis d’hier, le doute a fini par s’installer. Alassane Ouattara a failli. Sur toute la ligne. A la tête de ce pays. Le reste n’est que pure mise en scène et peine perdue.

Certes, il y a un temps pour tout. Celui de la fin de l’imposture d’Alassane Ouattara arrive. A grand pas. Plutôt qu’on ne s’y attendait.

Mais alors, que penser de celui qui a tenu ces propos: « Ceux qui vous disent que Alassane Ouattara on va le faire tomber bientôt, c’est un beau rêve. On peut rêver 20 ans, 30 ans (…) »?

Pour un homme du gabarit de Soro Guillaume, ces propos relèvent de deux choses: soit celle d’un homme complètement déconnecté des réalités du pays, soit d’une hypocrisie éhontée. La deuxième option semble la plus plausible.

Soro Guillaume le sait. Alassane Ouattara est sur des braises. Il en est conscient. Mais il ne fait rien d’autre que de la politique. Sa propre politique. Celle où tous les coups sont permis. Au point de prêcher du faux, pour flatter son chef. Son désir de se retrouver au palais après le perchoir, n’est un secret pour personne. Il sait qu’il ne faut pas plus de 20 ou 30 ans pour démasquer et virer illusionniste de la tête d’un Etat. Surtout avec un peuple, tel que le peuple ivoirien. Soro Guillaume est dans son starting-block. Prêt à se ruer sur le fauteuil. En attendant, il tisse sa toile, telle l’araignée. Patiemment. Méthodiquement. Mais sournoisement.

Alassane Ouattara sera emporté par sa mauvaise gouvernance. Ce sont entre autres: le favoritisme, les pratiques délictueuses, la corruption gangreneuse, même au sommet de l’Etat ; son incapacité à régler les problèmes cruciaux qui minent la Côte d’Ivoire, en est - notamment - la cause profonde. Le magazine « Jeune Afrique », dans sa parution du 05 aout 2013, analyse du climat des affaires et l’environnement socio-économique en général. Il dénonce une persistance de nombreux phénomènes nuisibles pour le développement du pays. « Jeune Afrique » s’appuie sur un rapport le SNGRC (secrétariat national à la gouvernance et au renforcement des capacités) : « 85% d’ivoiriens sont confrontés quotidiennement à la corruption, au népotisme et au favoritisme », Plus loin, il émet des doutes sur la capacité du pays à devenir une économie émergente, avec à sa tête Alassane Ouattara. « Le racket à grande échelle imposé par les forces de sécurité (FRCI, ndlr) », selon lui, aggrave l’environnement du milieu des affaires déjà malsain. L’« inquiétude des ambassades, la colère des investisseurs étrangers contre les décisions trop arbitraires », constituent, pour le magazine, la conséquence immédiate de tous ces phénomènes qui gangrènent le pays. Une réalité que nombreux observateurs dépeignent comme des voyants au rouge.

C’est donc un processus irréversible. Alassane Ouattara tombera de sa propre chute. « Comme un fruit mûr». Comme jadis, ses propres termes. Pas besoin de forcer une porte déjà ouverte.

Ce n’est pas un rêve. C’est une réalité. Celle que côtoient chaque jour des millions d’ivoiriens: pauvreté, vie chère, chômage, haines, division, insécurité, perspectives de réussite compromises, gestion calamiteuse…

La Jeunesse du PIT (parti ivoirien des travailleurs), au cours d’une conférence de presse tenue le jeudi 22 aout dernier, à son siège, à Adjamé, lance un cri de détresse. Une sortie qui exprime, à elle seule, le désarroi de toute une jeunesse. Promesses non-tenues, refus d’accepter le jeu démocratique et la libre expression, licenciements en cascades, recrutements clandestins, vote de lois impopulaires. Le constat de la  jeunesse ivoirienne est amer. Sa déception est encore plus grande. A qui la faute ?

Certes, la vie nous réserve parfois bien des surprises. Un destin inattendu. Le sort qui s’acharne, là où on s’y attend le moins. Alassane Ouattara s’en ira. Peut-être pas, à l’issue d’une opération armée. Comme certains s’y attendent. Ce serait – pour lui - une sortie trop honorable. Il s’en ira sous la huée des populations, exaspérées des souffrances qu’il leur inflige ; du chaos dans lequel, il plonge leur pays. Tous les ingrédients sont déjà réunis. Et cela, n’est pas un rêve. C’est une question de temps.

Marc Micael

 

 

 

 

 

 

22/08/2013

CÔTE D’IVOIRE, LES LIGNES BOUGENT

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Les évènements politiques, se succèdent à un rythme endiablé. C’est certain. Il souffle un vent curieux sur la Côte d’Ivoire. Dans ce pays, chaque jour a son lot de péripéties politiques, les unes toutes aussi décisives que les autres. Quand le conclave du PDCI à Yamoussoukro remet en question la loyauté des alliés, le débat sur la nationalité, lui, met en exergue les graves divergences qui existent entre eux ; la déclaration officielle de la candidature du secrétaire général, Djédjé Mady, au poste de président du parti, la menace de dissidence de certains députés qui lui sont proches, achèvent de convaincre que de profonds bouleversements se préparent dans le paysage politique ivoirien. Au cœur de la tourmente, un parti occupe la scène médiatique: le PDCI RDA. Ce parti semble bien pris dans un tourbillon qui menace, jusqu’à sa cohésion. Mais le destin de ce parti, n’est-il pas aussi lié à celui de bien d’autres ? Le RDR d’Alassane Ouattara ne peut le nier.

Les lignes bougent. C’est une réalité. La question est donc : comment interpréter cette série d’évènements marquants ? Ou encore : quelle lecture peut-on en faire ? Il est temps de se saisir de la question. Cela est nécessaire. Si l’on veut être au nombre des témoins privilégiés de l’histoire de ce pays. Pour pouvoir, le moment venu, juger ou décider en toute lucidité et objectivité. S’il est vrai que nous sommes – en ce moment - à un tournant décisif de ce pays, 2015 en sera l’épilogue.

Conquérir le pouvoir en 2015

Libérations de prisonniers politiques, Congrès, risques d’implosion, alliances à rompre, d’autres à tisser, probablement. Le paysage politique ivoirien accuse un véritable coup d’accélérateur. Les soubresauts d’aujourd’hui, n’ont d’autre sens que préparer 2015. Nous sommes bien en politique. Et ici rien ne saurait être gratuit. Tout se fait en fonction de l’objectif à atteindre. 2015 est la date prévue pour les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. 2015 c’est la bataille pour la conquête du pouvoir. 2015 est là. Plutôt que prévu. La sagesse dit : « Qui veut aller loin prépare sa monture ». Tous les partis politiques ivoiriens en sont conscients.

Au-delà de la conquête du pouvoir, qui s’annonce certes palpitant, 2015 revêt aussi un tout autre sens.

Répondre au besoin de changement

Tous ces bouleversements à l’horizon, témoignent d’un besoin réel et profond de changement en Côte d’Ivoire ; un besoin de rompre avec le cycle infernal de haines et de division, de crises militaro-politiques, de rebellions ; une profonde aspiration à faire enfin le deuil des pratiques occultes d’aventuriers politiques mus par leurs seuls intérêts, et de surcroit, soumis corps et âme aux forces prédatrices, ennemis de l’Afrique. Les années qui passent ont laissé un gout d’inachevé. C’est donc un besoin d’expression, de démocratie véritable. Il s’agit donc d’en finir avec le passé et de se tourner résolument vers l’avenir. Non pas de sorte à continuer en trainant les mêmes plaies, mais à rompre avec ce qui a cours actuellement. C'est-à-dire, le rattrapage ethnique, les violations des droits de l’homme, la violence, la loi du plus fort, le non-respect des lois, l’incitation à la division, le tribalisme, le dénie des libertés…, la dictature en somme. Là où il y a un manque, il y a un besoin. Un besoin de s’identifier en tant que nation ivoirienne et de se positionner en tant que tel dans le concert des nations.

Ainsi donc, si les lignes bougent dans le paysage politique en Côte d’Ivoire, c’est qu’il y a un besoin bien réel. Et ce besoin se situe bien au-delà des élections de 2015. Certes, les éternels négateurs, ces sorciers de la politique, n’ont pas encore dit leur dernier mot. Tapis dans l’ombre, ils voudront coûte que coûte briser ce bel élan. Le chantage politique et l’achat de consciences, ont été, de tout temps, leurs seules armes. Ils n’y renonceront pas. Peut-être même, triompheront-ils. Malgré tout, les lignes bougent. C’est déjà cela le plus important. Une nouvelle chance que le destin offre à la Côte d’Ivoire, aux ivoiriens. Sauront-ils la saisir ? Tel est l’enjeu de ces lignes qui bougent.

Marc Micael

 

marcmicael@yahoo.fr

21/08/2013

ALLIÉ ZÉLÉ

ALLIE ZELE.jpgA mi-mandat, le voilà candidat pour 2015. Conséquence immédiate: dans tous les « états-majors », c’est la veillée d’armes. Sauf au PDCI. Là-bas, il semble que l’heure est plutôt aux querelles intestines. Mais qu’arrive t-il à ce parti politique? Toute la question est là.

Entre l’octogénaire N’zuéba, l’impassible secrétaire général, Djédjé Mady, et le jeune et bouillant KKB, rien ne va. Au premier, on soupçonne de vouloir s’éterniser à la tête du parti, aux deux autres, de vouloir le « déboulonner » et « vendre le parti aux ennemis ». En attendant d’en avoir les certitudes, la guerre est ouverte.

N’allons pas nous immiscer dans une querelle de famille. Mais gardons-y les yeux ouverts. La vigilance nous l’impose. Le spectre de 2011, est encore trop présent. En 2015, nous n’avons pas le droit d’être surpris.

Certes, nous n’allons pas nous immiscer. Contrairement au RDR. Ce n’est plus un secret. L’existence ce parti au pouvoir, reste lié au soutien du PDCI. Son zèle démesuré, son activisme dans les querelles internes au PDCI, participe d’une volonté de maintenir Bédié sur le trône. De s’assurer – une fois de plus – le soutien du parti qu’il dirige. Avec à la clé, Alassane Ouattara, comme unique candidat du RHDP. Voilà tout l’enjeu.

Et, l’actuel président du PDCI, n’y est pas indifférent. Parlant de l’alliance avec les républicains, on a pu l’entendre marteler : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Le message est clair. Même s’il est le seul à y gagner. En espèces sonnantes et trébuchantes. Bien entendu. Il est candidat au prochain congrès. Pour renforcer l’alliance, pour la perpétuer. N’en déplaise à certains, dont KKB. Ces « fauteurs de troubles », le RDR a, semble-t-il, juré de les combattre par tous les moyens. D’où qu’ils viennent. Qui qu’ils soient. Son mentor, Alassane Ouattara, doit réaliser un second mandat. Absolument. Voilà tout le sens de l’agitation de l’allié zélé. Même si, pour ce faire, le pays doit brûler. Advienne que pourra. Nous voilà interpellés.

  

Marc Micael

 

marcmicael@gmail.com

12/08/2013

Soro Guillaume à Gagnoa: ce qu’il ne faut pas oublier

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Manquons-nous -  à ce point - de sujets de sujets de distractions à même de noyer - un tant soit peu - notre misère et notre drame collectifs ou, sommes-nous tellement perdus dans les méandres de notre propre tragédie, au risque de faire d’un simple déplacement de Soro Guillaume à Gagnoa, un évènement si capital ? L’on serait tenté d’y répondre par l’affirmative, au regard du traitement accordé au sujet en question.

Le projet de Soro Guillaume de se rendre à Gagnoa, à l’invitation des chefs coutumiers, pour inaugurer leur siège et d’en profiter pour visiter des villages tels que ceux de Blé Goudé, de Laurent Gbagbo et de la mère de ce dernier, aura soulevé plus de réactions, certes justifiées, mais plus passionnées qu’il n’en faut. Après donc les émotions, passons à l’essentiel : que peut bien apporter la visite de Soro à Gagnoa, notamment au peuple de bété, privé de son illustre fils Laurent Gbagbo ? De la réponse à cette question découle ce que nous devrions absolument retenir de ce voyage, si polémique, de cette visite si obstinée.

A voir tout l’arsenal médiatique déployé par ses services de communication, à ses moindres faits et gestes, l’on comprend vite que Soro Guillaume, n’est pas homme à improviser. Il sait ce qu’il veut. Et, à l’évidence, en allant à Gagnoa, il sait ce qu’il prépare.

Face aux « embuches » qui semblent s’opposer à son voyage, il n’entend pas se laisser faire. Il lui faut « légitimer » sa visite. Toute l’armada de ses conseillers et de ses communicants est – dès lors - mise à contribution, pour ledit voyage. Un tour dans les médias, et on peut s’en rendre compte. Sur les réseaux sociaux, sur son site web dédié et sur son blog personnel, on retrouve des interviews de certains autochtones de Gagnoa. Au nombre desquelles, celle accordée par Gnépo Dédi Léopolde – présenté comme frère ainé de Blé Goudé Charles, leader de la galaxie patriotique, détenu en « résidence protégée ». Bien entendu, les personnes interrogées ne disent rien d’autre qu’être favorables à sa venue à Gagnoa. Dans ces interviews automatiquement relayées par la presse écrite proche de son cercle, les intervenants soutiennent qu’en tant que Président de l’Assemblée Nationale, donc deuxième personnalité du pays, son arrivée à Gagnoa « va tout changer ». Ils évoquent notamment le développement de la région, mais aussi la question si cruciale de la réconciliation, intimement liée à celle de la libération des prisonniers politiques. Notamment celles de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé Charles. Par ailleurs, la récente libération provisoire de 12 prisonniers politiques, pro-Gbagbo, à quelques jours de ce fameux voyage, ne laisse-t-elle pas entrevoir qu’il s’en servira pour les besoins de sa cause ?

Sur la question du développement de Gagnoa, inutile de se leurrer. Ce n’est pas Soro Guillaume, même avec tous les gris-gris de la rébellion, qui pourra réussir grand chose, là où son mentor Alassane Ouattara, chef d’Etat et « grand économiste » de son état, peine à trouver des « solutions ».

De même, sur celle relative à la libération des prisonniers politiques, l’on doit garder toute la sérénité nécessaire. Le disciple ne réussira pas à surpasser son mentor, ni à le contredire. Un mentor qui, à ses temps perdus à jouer les démocrates hors du commun, préconise qu’il faille « laisser la justice faire son travail ». Soro Guillaume ne fera donc pas mieux qu’« écouter » les populations et leur assurer en retour de « transmettre » leurs doléances. Certes, réussira t-il, tout au plus, à les « emballer » dans un discours politique. Un discours qui se voudra, hautement « réconciliateur » et truffé de promesses, par ces temps de vaches maigres, où de simples mots d’espoir suffisent à faire vivre celui qui les écoute.

Et même, si par extraordinaire, il en arrive à leur « garantir » la libération des prisonniers politiques, notamment celle de Blé Goudé, ou même de Laurent Gbagbo, sachons qu’il ne fera rien d’autre que forcer une porte qui est déjà ouverte. Faut-il le rappeler. Le processus de libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, est le fruit de multiples pressions tant internes qu’externes, c’est le résultat d’une lutte acharnée contre un système mondial infernal et un régime dont la dictature n’est plus à prouver. Soro Guillaume et Alassane Ouattara, n’en sont que de simples pions. Inutile donc, pour Soro, de vouloir s’attirer les gloires d’un combat dont il n’est pas participant.

En définitive, la visite de Soro à Gagnoa, n’apportera rien de nouveau à Gagnoa, aux populations en proie à la pauvreté galopante, à la terreur ambiante entretenue par ses dozos et profondément affectées par la douleur d’avoir perdu à jamais un proche. Elle ne sortira pas non plus leur région de la misère. La visite de Soro Guillaume à Mama, Gnaliépa, Kpogrobo, Gnagbodougnoa…, n’aura qu’un seul et réel but pour lui : se faire valoir. Rien de plus. C’est le but précis que vise Soro Guillaume. Et, il entend se donner les moyens de l’atteindre, même en partant à Gagnoa contre vents et marées. Aller à Gagnoa participe pour lui d’un processus de mise en avant de son image de d’homme politique « correct », en route pour briguer la magistrature suprême. Il manœuvre « secrètement », en tirant ses ficelles et en préparant son avenir. Il espère y arriver, en comptant, à l’usure, sur la bonté des ivoiriens et sur… une fortune colossale, indument amassée.

Voilà ce qu’il faudra retenir de cette visite obstinée de Soro Guillaume à Gagnoa, sans jamais perdre de vue que cet homme qui se tiendra demain devant les populations de Gagnoa et singulièrement, devant le peuple bété, ne sera et ne restera rien d’autre qu’un rebelle, coupable du massacre de milliers d’ivoiriens innocents. Car tels sont inséparables le bouc et son odeur pestilentielle, tels sont inséparables, le chef rebelle, Soro Guillaume, et ses mains pleines de sang.

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

 

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09/08/2013

Une décision politique… timide

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La libération provisoire des prisonniers politiques, à la veille de la date anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, est une décision politique. Aucune contorsion juridique possible, tentée par le régime en place, ne pourra prouver le contraire. C’est le résultat d’une lutte acharnée. C’est l’aboutissement de multiples pressions. Tant nationales qu’internationales. Ce n’est, ni un « acte de magnanimité » de Ouattara, encore moins la fin d’un système dictatorial sanglant.

Parce que le chemin qui mène la Côte d’Ivoire à la réconciliation est, certes semé d’embuches, mais pas aussi long qu’il ne le parait. Parce que le danger qui la guette est encore permanent et imminent. Parce qu’il n’y a plus de temps à perdre... Certes, la libération de quelques 14 prisonniers de la haine, est un timide début. Mais il reste insignifiant. Et cela ne ravira personne septième ciel.

On le sait tous. La réconciliation est à portée de main. Il suffit de le vouloir. Sincèrement et courageusement. Il s’agit de se hisser, au-dessus de son propre égo, mais aussi, au-dessus des mêlées partisanes et des intérêts égoïstes. C’est le défi auquel devrait normalement s’attendre un président normal. Hélas. Pour Alassane Ouattara, les dés sont pipés depuis le début. Ils l’ont été, pour un seul but : son accession au pouvoir. Le voilà donc, mains et pieds liés, tiraillé de tous parts. Le voilà à courir ça et là, à se plier aux injonctions de ses soutiens, à subir les pressions de son propre camp, à traficoter dans le dos des ivoiriens. Et quand finalement arrive le moment d’agir, de poser des actes salutaires, le voilà à surprendre plus d’un avec de timides libérations de prisonniers politiques et à vouloir ainsi s’attirer des honneurs et des gloires imméritées.

Sur quels critères crédibles ces prisonniers ont-ils été libérés ? Peut-on encore douter – qu’en Côte d’Ivoire - il existe une justice qui ne soit pas pilotée dans l’ombre par le régime en place? Nous voilà éclairés. La justice ivoirienne est une tortue. Qui accélère le pas. Quand le régime en place, daigne bien lui mettre le feu à l’arrière-train.

Ils sont sortis de prison. Provisoirement. Ils ont été célébrés par les siens. Ils ont retrouvé leurs familles respectives. Certes sous d’autres cieux. Des extrémistes grincheux ont dû certainement en pester. Pour autant. Le ciel est-t-il tombé sur la Côte d’Ivoire ? Bien au contraire. Nombreux ivoiriens, épris de paix, dans leur for intérieur, ont ressenti ce que tout démocrate aurait ressenti. Même à titre provisoire : de la satisfaction… fut-elle, partielle.

Car, ce n’est pas assez. Et nul ne l’ignore. Il faudra bien aller au-dé-là des intentions, au-delà des pas timides. Il faudra se décider à aller résolument vers la normalisation de la vie socio-politique, à créer et à libérer un véritable espace de jeu politique, à tourner le dos à la justice sélective, au rattrapage ethnique, aux violations massives des droits de l’homme, à la confiscation des libertés publiques, individuelles et collectives… Il faut aller plus loin dans les actes. Pendant qu’il est encore temps. La Côte d’Ivoire en a besoin. Les ivoiriens en ont besoin.

Face à de telles attentes ; face à ce qui apparait comme essentiel pour la survie de la nation ivoirienne, peut-on se hasarder à compter – ne serait-ce que - sur la bonne foi du régime en place ?

La récente libération d’Affi N’guessan, d’Aboudramane Sangaré, de Lida Kouassi, de Koua Justin, de Michel Gbagbo…, prisonniers d’une dictature féroce, enseigne, qu’il faudra continuer la lutte de Libération des fils et filles de l’Afrique, des griffes de l’oppresseur occidental et de ses suppôts africains, indignes et vendus. Il faudra, à tous les panafricanistes, à tous les résistants et patriotes africains, continuer cette lutte, avec le même courage et la même foi. C’est à ce prix-là - et à aucun autre - Qu’ils libèreront le continent noir de ses parasites. C’est à ce prix-là, qu’ils obtiendront la libération de tous les prisonniers politiques. En attendant, la Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie de l’auberge. Or, il le faut. Absolument. Pour ne pas qu’elle sombre totalement, dans la déperdition.

 

Avec ces quelques prisonniers politiques, libérés – même - provisoirement, il y a des raisons de croire que demain s’annonce radieux et plein d’espérances pour la Côte d’Ivoire et pour les ivoiriens. Parce qu’ils auront retenu, que seuls leurs sacrifices et leurs efforts finissent toujours par payer. Aussi, gagneront-ils à poursuivre dans cette voie, à Aller jusqu’au bout de leurs efforts. Sans jamais y renoncer. 


Marc Micael

marcmicael@gmail.com