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28/10/2013

SALUT Ô TERRE D’IMPUNITE !

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Est-ce par simple désir de vengeance, par rancœur, par volonté d’inciter à la haine ; est-ce par refus de s’inscrire dans le processus de réconciliation, ou encore de ternir l’image d’Alassane Ouattara que nous nous échinons à dénoncer l’impunité, la justice sélective, disons, le piétinement des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire par dont il est « l’homme fort » ?

Le monde entier est en train de découvrir, grâce aux voix des experts qui s’élèvent de plus en plus et les nombreux rapports des organisations des Droits de l’Homme, qui accablent le régime d’Abidjan, qu’il n’en n’est rien. Il s’est toujours agit pour nous, de dire ce qui est. De dénoncer les « fléaux » dont le peuple martyrisé de Côte d’Ivoire, est victime. En Côte d’Ivoire, le régime en place accorde une totale impunité à ses hommes de main. Il orchestre une justice à double vitesse. En somme, il bafoue les Droits de l’Homme. Cela est indéniable.

Le constat

A la suite de plusieurs autres ONG des droits de l’homme, la FIDH (fédération internationale des Droits de l’Homme), vient – à son tour - de donner de la voix, pour dénoncer, notamment, l’impunité dont le régime d’Abidjan se rend volontairement coupable. Pour Me Patrick Baudoin, président d’honneur et responsable du groupe d’action judiciaire de la FIDH : « les avancées réalisées par la justice ivoirienne sont aujourd’hui insuffisantes (…). C’est un travail insuffisant et orienté uniquement vers les pro-Gbagbo, mais il y a beaucoup à faire vers le camp Ouattara ». Dans son rapport intitulé : « La lutte contre l’impunité à la croisée des chemins »,  cette ONG relate : « (…) force est de constater que faute de réelle volonté politique de lutter contre l’impunité de tous les crimes perpétrés, le processus en cours ressemble à ce jour à une justice de vainqueurs ».

Pour Me Doudou Diène, expert indépendant de l’ONU sur les Droits de l’Homme, au terme d’une mission de dix jours en Côte d’Ivoire: « la question qui est peut-être la clé du blocage du climat politique et du rétablissement de la confiance et de la réconciliation, c’est la question de l’impunité et de l’iniquité de la justice. (…) Il est certain que le fait que ceux qui sont actuellement poursuivis relèvent d’un seul camp perturbe l’ensemble du climat politique et judiciaire ».

Dans le même temps, le groupe d’experts indépendants de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, dans son dernier rapport s’inquiète: « Le Groupe d’experts demeure préoccupé par l’expansion du pouvoir des chefs des anciennes Forces nouvelles. Il constate que l’action menée par le pays pour combattre l’impunité demeure inachevée, puisque aucun de ces chefs n’a encore été inculpé pour les crimes commis entre 2002 et 2011 ».

« Le Monde », un journal français, apporte aussi son grain de sel: « Alassane Ouattara lui, appelle à la patience, avec un agacement croissant qu’il est nécessaire de laisser la justice suivre son cours. Cet argument résiste mal aux faits. Plus de 150 proches de l’ancien président Gbagbo sont inculpés. Un seul chef de milice pro-Ouattara a été écroué. Amadé Ouérémi. (…) mais il n’est qu’un second couteau ». Puis, le journal ajoute en guise conclusion : « Les observateurs étrangers voient arriver l’élection présidentielle de 2015 avec inquiétude. Ils craignent de nouvelles violences et doutent qu’Alassane Ouattara permettra de punir ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir et qui restent ses meilleurs protecteurs ».

Tant d’exemples qui prouvent que nous ne sommes pas les seuls à dénoncer le manque de volonté d’Alassane Ouattara et de son camp, d’enrayer ce fléau.  L’impunité, de laquelle découlent la justice sélective et autres violations massives des Droits de l’Homme menace de faire replonger la Côte d’Ivoire dans l’horreur. Tel est le constat.

Le message

Par ailleurs, que peut bien signifier l’attitude de tous ces médias et défenseurs des Droits de l’Homme, au-delà même de la dénonciation des travers du régime Ouattara ? A l’évidence, il y a bien un message que ces « tirs groupés » sur le régime d’Abidjan véhiculent. Ce message qui doit s’imposer à nous, à notre conscience d’êtres humains est le suivant: il y a lieu s’inquiéter quant  à l’avenir de ce pays, la Côte d’Ivoire, sous la présidence Alassane Ouattara.  En fait, ces nombreuses dénonciations formulées par les défenseurs des Droits de l’Homme, trahissent bien un constat d’échec et  révèlent un aveu de l’incompétence de ce dernier. Alassane Ouattara, en effet, échoué à conduire les ivoiriens sur le chemin de la réconciliation, de la cohésion sociale et de la stabilité. C’est l’échec d’un homme, l’échec d’un complot hourdi dans l’ombre par un système mafieux contre les libertés, la démocratie et l’Etat de Droit en Côte d’Ivoire.

Il faut dès lors, remettre en cause la « vraisemblable » candidature de cet homme, Alassane Ouattara, pour la présidentielle de 2015, voire s’y opposer avec la dernière énergie. Les ivoiriens ne doivent pas accorder leur soutien à un homme dont on sait qu’entre le discours et les actes, il existe toujours un écart ; ils ne doivent pas accorder leur confiance à un défenseur patenté de l’impunité. Alassane Ouattara a beau promettre lutter contre l’impunité, la réalité est tout autre. Ces hommes de mains ne sont jamais poursuivis.

En fait, ils ne le seront, peut-être, jamais sous Ouattara. Coulibaly Gnenema, ministre de la justice, sur la question de l’impunité des proches du pouvoir, répond, non sans faire référence à un exemple des plus caducs : « La Côte d’Ivoire n’est quand même pas le premier pays au monde qui connait une telle situation. Quand la guerre est finie en Europe, les Nazis n’ont-ils pas été les seuls à être poursuivis et jugés ? ». En d’autres termes: les vainqueurs ne doivent jamais être poursuivis, selon lui. Telle est la diabolique thèse que s’applique à mettre en œuvre un régime qui prétend conduire le pays à l’émergence, d’ici 2020. On peut désormais l’affirmer sans risques de s’attirer des foudres. Sous Alassane Ouattara, un nouvel hymne nous est né. En voici le premier vers: « salut ô terre d’impunité ».

Marc Micael

 

 

SALUT Ô TERRE D'IMPUNITÉ !

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Est-ce par simple désir de vengeance, par rancœur, par volonté d’inciter à la haine ; est-ce par refus de s’inscrire dans le processus de réconciliation, ou encore de ternir l’image d’Alassane Ouattara que nous nous échinons à dénoncer l’impunité, la justice sélective, disons, le piétinement des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire par le régime le régime dont il est « l’homme fort » ?

Le monde entier est en train de découvrir, grâce aux voix des experts qui s’élèvent de plus en plus et les nombreux rapports des organisations des Droits de l’Homme, qui accablent le régime d’Abidjan, qu’il n’en n’est rien. Il s’est toujours agit pour nous, de dire ce qui est. De dénoncer les « fléaux » dont le peuple martyrisé de Côte d’Ivoire, est victime. En Côte d’Ivoire, le régime en place accorde une totale impunité à ses hommes de main. Il orchestre une justice à double vitesse. En somme, il bafoue les Droits de l’Homme. Cela est indéniable.

Le constat

A la suite de plusieurs autres ONG des droits de l’homme, la FIDH (fédération internationale des Droits de l’Homme), vient – à son tour - de donner de la voix, pour dénoncer, notamment, l’impunité dont le régime d’Abidjan se rend volontairement coupable. Pour Me Patrick Baudoin, président d’honneur et responsable du groupe d’action judiciaire de la FIDH : « les avancées réalisées par la justice ivoirienne sont aujourd’hui insuffisantes (…). C’est un travail insuffisant et orienté uniquement vers les pro-Gbagbo, mais il y a beaucoup à faire vers le camp Ouattara ». Dans son rapport intitulé : « La lutte contre l’impunité à la croisée des chemins »,  cette ONG relate : « (…) force est de constater que faute de réelle volonté politique de lutter contre l’impunité de tous les crimes perpétrés, le processus en cours ressemble à ce jour à une justice de vainqueurs ».

Pour Me Doudou Diène, expert indépendant de l’ONU sur les Droits de l’Homme, au terme d’une mission de dix jours en Côte d’Ivoire: « la question qui est peut-être la clé du blocage du climat politique et du rétablissement de la confiance et de la réconciliation, c’est la question de l’impunité et de l’iniquité de la justice. (…) Il est certain que le fait que ceux qui sont actuellement poursuivis relèvent d’un seul camp perturbe l’ensemble du climat politique et judiciaire ».

Dans le même temps, le groupe d’experts indépendants de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, dans son dernier rapport s’inquiète: « Le Groupe d’experts demeure préoccupé par l’expansion du pouvoir des chefs des anciennes Forces nouvelles. Il constate que l’action menée par le pays pour combattre l’impunité demeure inachevée, puisque aucun de ces chefs n’a encore été inculpé pour les crimes commis entre 2002 et 2011 ».

« Le Monde », un journal français, apporte aussi son grain de sel: « Alassane Ouattara lui, appelle à la patience, avec un agacement croissant qu’il est nécessaire de laisser la justice suivre son cours. Cet argument résiste mal aux faits. Plus de 150 proches de l’ancien président Gbagbo sont inculpés. Un seul chef de milice pro-Ouattara a été écroué. Amadé Ouérémi. (…) mais il n’est qu’un second couteau ». Puis, le journal ajoute en guise conclusion : « Les observateurs étrangers voient arriver l’élection présidentielle de 2015 avec inquiétude. Ils craignent de nouvelles violences et doutent qu’Alassane Ouattara permettra de punir ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir et qui restent ses meilleurs protecteurs ».

Tant d’exemples qui prouvent que nous ne sommes pas les seuls à dénoncer le manque de volonté, de la part d’Alassane Ouattara et de son camp, d’enrayer ce fléau.  L’impunité, de laquelle découlent la justice sélective et autres violations massives des Droits de l’Homme menacent de faire replonger la Côte d’Ivoire dans l’horreur. Tel est le constat.

Le message

Par ailleurs, que peut bien signifier l’attitude de tous ces médias et défenseurs des Droits de l’Homme, au-delà même de la dénonciation des travers du régime Ouattara ? A l’évidence, il y a bien un message que ces « tirs groupés » sur le régime d’Abidjan véhiculent. Ce message qui doit s’imposer à nous, à notre conscience d’êtres humains est le suivant: il y a lieu s’inquiéter quant  à l’avenir de ce pays, la Côte d’Ivoire, sous la présidence Alassane Ouattara.  En fait, ces nombreuses dénonciations formulées par les défenseurs des Droits de l’Homme, trahissent bien un constat d’échec et  révèlent un aveu de l’incompétence de ce dernier. Alassane Ouattara, en effet, échoué à conduire les ivoiriens sur le chemin de la réconciliation, de la cohésion sociale et de la stabilité. C’est l’échec d’un homme, l’échec d’un complot hourdi dans l’ombre par un système mafieux contre les libertés, la démocratie et l’Etat de Droit en Côte d’Ivoire.

Il faut dès lors, remettre en cause la « vraisemblable » candidature de cet homme, Alassane Ouattara, pour la présidentielle de 2015, voire s’y opposer avec la dernière énergie. Les ivoiriens ne doivent pas accorder leur soutien à un homme dont on sait qu’entre le discours et les actes, il existe toujours un écart ; ils ne doivent pas accorder leur confiance à un défenseur patenté de l’impunité. Alassane Ouattara a beau promettre lutter contre l’impunité, la réalité est tout autre. Ces hommes de mains ne sont jamais poursuivis.

En fait, ils ne le seront, peut-être, jamais sous Ouattara. Coulibaly Gnenema, ministre de la justice, sur la question de l’impunité des proches du pouvoir, répond, non sans faire référence à un exemple des plus caducs : « La Côte d’Ivoire n’est quand même pas le premier pays au monde qui connait une telle situation. Quand la guerre est finie en Europe, les Nazis n’ont-ils pas été les seuls à être poursuivis et jugés ? ». En d’autres termes: les vainqueurs ne doivent jamais être poursuivis, selon lui. Telle est la diabolique thèse que s’applique à mettre en œuvre un régime qui prétend conduire le pays à l’émergence, d’ici 2020. On peut désormais l’affirmer sans risques de s’attirer des foudres. Sous Alassane Ouattara, un nouvel hymne nous est né. En voici le premier vers: « salut ô terre d’impunité ».

Marc Micael

 

23/10/2013

LES COULEUVRES DE OUATTARA

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Il nous a promis l’émergence. A l’horizon 2020. Soit, d’ici sept ans. Belle promesse ! En effet. Qui ne voudrait pas voir son pays « émerger » ? Mais une question demeure. Lancinante. Brûlante, même. Sommes-nous réellement sur le chemin de l’émergence ? Telle est la question. Elle n’est pas fortuite. Bien au contraire. Un regard sur ce qu’est devenu ce pays, la Côte d’Ivoire, sous la gestion de celui qui a tenu, coûte que coûte, à en tenir les rênes, et l’on est édifié. Il y a vraiment lieu de s’inquiéter. Le constat est amer : Alassane Ouattara a jeté des couleuvres aux ivoiriens. Alors que ces derniers s’attendaient à voir tomber les « pluies de milliards » promis. Les voilà contraints à les avaler. En d’autres termes, les voilà réduits à subir ses affronts, sans pouvoir protester.

Hier encore, ils étaient des milliers à avoir été replongés dans le traumatisme de la guerre. Les tirs nourris en provenance de la caserne de la BAE (brigade anti-émeute) de Yopougon Gesco, ont contraint les populations avoisinantes à se barricader chez elles, sinon, à prendre leurs jambes à leur cou, loin de la zone d’échanges de tirs. Selon les témoignages, il s’agissait de deux factions rivales d’ex-combattants qui se tiraient dessus. En pleine journée. Plusieurs heures durant. Dans un pays, dont le chef prétend qu’il sera émergent, d’ici 2020.

Ce que certains pourraient considérer comme un banal incident, n’est malheureusement qu’une infime partie de la gangrène qui ronge ce beau pays. Alassane Ouattara a fait appel à des milliers d’individus pour les besoins de sa cause. Des prisons ont été cassées. Des prisonniers se sont évadés. Ils ont été intégrés aux forces d’Alassane Ouattara. Des bandits de grands chemin, des voyous de tout acabit et même des chasseurs traditionnels, ont été appelés, à la rescousse d’Alassane Ouattara ; pour l’« aider » à s’emparer du « fauteuil ». Ces hommes ont été armés. Jusqu’aux dents. Alors que la majorité d’entre eux, ignorent jusqu’à la règle la plus élémentaire de discipline, les règles fondamentales de la guerre et souvent même, un traitre mot de la langue de Molière, pour ne pas dire une seule lettre de la charte des Droits de l’Homme. Ils ne sont véritablement entrés en scène que lorsque la Force française Licorne eut accomplit le sale boulot. Leurs seuls actes de « bravoure » ne se comptent ainsi, que parmi les pauvres populations civiles, sans armes, auxquelles ils s’en prennent chaque jour, sans vergogne. Aujourd’hui, les chiffres officiels parlent de 64.777 d’entre eux,  qui attendent d’être désarmés, démobilisés et réinsérés. Mais nul n’ignore que des milliers d’autres ont été, sur le coup, abandonnés, livrés à eux-mêmes. Ils n’obéissent à aucune hiérarchie. Ils sont donc hors de tout contrôle. Aujourd’hui, ils écument villes, villages, campements et hameaux de la Côte d’Ivoire, à la recherche de leur pitance quotidienne. Non sans y semer mort et désolation. Et cela, sans jamais être inquiétés. La question est donc : existe-t-il des autorités dans ce pays ? Si elles existent, elles ne le sont que de nom. C’est bien le constat. Car chaque jour qui passe, charrie sont flot de sang, et de larmes, impunément versés par les tirailleurs de Ouattara, sans que ce dernier daigne lever le moindre petit doigt. Le fléau des ex-combattants hors de contrôle, reste entier, alors que monsieur Ouattara s’échine à nous chanter l’émergence à l’horizon 2020.

A-t-on jamais vu un pays prétendre à l’émergence et verser, dans le même temps, dans l’impunité la plus béate ; s’agripper à une justice sélective comme bouée de sauvetage et trainer comme un boulet au pied, des idéologies claniques et tribales, telles que le « rattrapage ethnique » d’Alassane Ouattara ? Seul un auteur de science-fiction, pourrait réaliser une telle prouesse. Hélas, Alassane Ouattara n’est pas un auteur. Et la Côte d’Ivoire, encore moins une œuvre de science-fiction. La Côte d’Ivoire est un pays qui existe. Bel et bien. Avec ses habitants. La Côte d’Ivoire, sous Ouattara, est malheureusement devenue un pays où les habitants vivent chaque jour, sous le poids de l’insécurité, de la misère, du racket, du chômage…, sous la menace permanente de la mort, sans pouvoir émettre la moindre protestation au risque de subir le courroux des sbires du pouvoir.

Voilà l’œuvre d’Alassane Ouattara, à la tête de ce pays, la Côte d’Ivoire. Elle se résume en quelques mots: faire avaler ses couleuvres aux ivoiriens.

 

 Marc Micael

 
Chroniqueur politique
marcmicael@yahoo.fr

15:49 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (0)

16/10/2013

LES LARMES DE CROCODILES DU RDR

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Le dernier sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA) aurait-il trahi les espoirs de ceux qui croyaient en un retrait en masse des Etats africains de la CPI (cour pénale internationale), en signe de protestation contre le caractère raciste de cette justice internationale, au détriment des africains ? Toujours est-il que l’institution africaine s’est éloignée de l’éventualité d’un retrait et s’est plutôt bornée à exiger l’ajournement des procédures de la CPI contre les dirigeants en exercice. Certains y ont vu une volte-face de l’institution africaine, affirmant qu’elle s’est finalement « dégonflée » face aux « pressions » venues, notamment de « ses bailleurs de fond européens ». D’autres sont allés plus loin, critiquant vertement l’UA, dénonçant une certaine « prime à l’impunité » accordée aux chefs d’Etats africains par l’organisation africaine. « (…) la décision prise par les Chefs d'Etat est mauvaise. Elle fait le lit de l'impunité, favorise l'enracinement de la dictature et crée le cadre propice à toutes les rebellions et autres coups d'Etat ». (Sic ! Joël N’guessan, porte-parole du RDR, parti politique d’Alassane Ouattara).

Nous serions peut-être restés de marbre si ceux qui crient aujourd’hui au scandale face à la décision de l’UA, n’étaient pas ces mêmes. Ces négateurs patentés qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire.

La question est la suivante : le RDR (par la voix de son porte-parole Joël N’guessan) est-il habilité à dénoncer une quelconque forme d’impunité, d’où quelle vienne ? Certainement pas. Le RDR est, en effet, très mal placé pour parler de « prime à l’impunité », lui qui fait du fléau son programme de gouvernement. Illustrations:

1.   L’apologie de l’impunité

C’est ahurissant ! Voir le RDR se comporter aujourd’hui en sainte nitouche ! S’il y a bien une réalité qui fait l’unanimité, tant dans l’opinion nationale qu’internationale, c’est bien celle de l’impunité manifeste dont jouissent les membres du camp Ouattara, notamment ceux qu’on appelle tristement « les Seigneurs de guerre ».  Ces « Seigneurs de guerre », qui se sont rendu coupables des pires atrocités et massacres perpétrés depuis la rébellion de 2002 et aussi en 2011, lors de la crise post-électorale, n’ont jamais été inquiétés. Malgré les nombreux rapports des ONG des droits de l’Homme, les indexant clairement ; malgré le rapport de la Commission Nationale d’Enquête commanditée par Alassane Ouattara, les accusant, entre autres, de crimes de guerre, seuls les proches du camp Gbagbo sont poursuivis. Même si Alassane Ouattara ne cesse de crier à qui veut l’entendre qu’il ne tolèrera aucune impunité, l’opinion continue de soutenir qu’il est insuffisant de le dire et qu’il faille au plus vite « passer aux actes ». Mais rien n’y fait. Les coupables avérés des massacres, de vols, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité identifiés dans le camp Ouattara, mentor du RDR, continuent de se la couler douce. Mieux, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui bombardés à des postes de hautes responsabilités dans l’administration et dans l’armée, par Alassane Ouattara. Une récente enquête du magazine « Jeune Afrique », révèle la vie de luxe inouïe dans laquelle se vautre ces « Seigneurs », dans un pays qui croule sous le poids de la misère et de la pauvreté ambiante. Y a-t-il actes plus éloquents pour décrire l’apologie de l’impunité, portée à son niveau le plus exécrable, sous Alassane Ouattara ? Certainement pas. Tout est dans ses actes ; dans son attitude : Alassane Ouattara cautionne l’impunité dans son camp. Et, il est soutenu en cela par le RDR.

En tout état de cause, de qui se moquent Joël N’guessan et le RDR ? En fait, qui veulent t-ils distraire en se comportant grossièrement comme des chimpanzés effarouchés ? Que veulent-ils cacher en réalité ?

2.   Les larmes de crocodile du RDR

Joël N’guessan et le RDR, ne sont-ils pas en train de se réjouir intérieurement, au nez et à la barbe des ivoiriens, de ce que leur mentor Alassane Ouattara, tant qu’il demeure en exercice, ne répondra pas de ses crimes ? Voici aussi ce qui explique la sortie absurde de Joël N’guessan porte-parole du RDR, à peine la résolution du sommet extraordinaire de l’UA connue : «l’abandon de toute procédure de la CPI contre les dirigeants africains en exercice ».  Sa précipitation à jouer une comédie de fort mauvais goût, cache mal sa joie de voir son mentor bénéficier d’une « prime à l’impunité » accordée par l’UA. Mais aussi de détourner l’attention de l’opinion sur les crimes dont Ouattara s’est rendu coupable. Une prime à l’impunité pour Alassane Ouattara, pendant que  les enquêtes de la CPI, dit-on, sont en cours. Ces enquêtes, si elles ne souffrent pas de cécité dont la CPI fait preuve lorsqu’il s’agit du camp Ouattara, devront montrer qu’un jour du 17 mars 20111, Alassane Ouattara signa un décret créant les FRCI. Une bande armée, composée de tueurs sans foi ni loi, venue du nord et devenue l’armée régulière de la Côte. Ces enquêtes devront révéler à la face du monde qu’Alassane Ouattara, par cet acte, se fit co-auteur du génocide Wê (850 à 1000 Wê) perpétré par cette bande armée, quelques jours plus tard (du 27 au 29 mars 2011) à l’ouest, dans la ville de Duékoué.

Ainsi, le RDR manifeste t-il sa joie. Ainsi le RDR verse t-il ses larmes de crocodile.

Heureusement, il y a encore des témoins privilégiés de notre histoire commune, celle de la Côte d’Ivoire. Et personne, ni aucune organisation, fut-elle le RDR, ne pourra la réécrire sans être aussitôt démasqué. Joël N’guessan et le RDR gagneraient à arrêter de verser des larmes de crocodile. Ils gagneraient plutôt à aider leur mentor, Alassana Ouattara, à limiter les dégâts de son incompétence à la tête de la Côte d’Ivoire, en s’attaquant – entre autres – au fléau des dozos sanguinaires (chasseurs traditionnels venus du nord), qui ne cessent d’endeuiller les paisibles populations ivoiriennes en les prenant pour leurs gibiers.

 

Marc Micael

marcmicael@gmail.com

 

 

13/10/2013

LIBERATION DE GBAGBO, DE QUOI ONT-ILS PEUR ?

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A l’audience du 9 octobre dernier, tenue à la Haye, siège le la CPI, s’agissait-il de libérer Laurent Gbagbo ou non ? En tout cas, il ne s’agissait ni de l’un, ni de l’autre. Pourtant, la rumeur a circulé. Et même bien circulé. A qui la faute ? A la presse pour son laxisme, aux populations, pour avoir trop vite cédé à l’émotion?

En effet, il ne s’agissait nullement de la libération de Laurent Gbagbo. La juge unique, Silvia de Gurmendi, l’a encore précisé dès l’entame de l’audience. Il s’agissait d’entendre les arguments des deux parties (Accusation et Défense), conformément à la règle 118-3 des textes régissant la CPI. Sans plus. Pourtant, des ivoiriens y ont cru. Jusqu’au bout. Au point de se laisser aller à la rumeur : « Gbagbo a été libéré ! ». Effets immédiats : explosions de joie, scènes de liesses dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, nous a-t-on rapporté…

Il n’en fallait pas plus pour que la presse pro-Ouattara en fasse ses choux gras. « Rumeurs de libération de l’ex-dictateur (…), les pro-Gbagbo ont dansé pour rien », titre, sur un ton sarcastique, le principal canard ouattarien. Sa une du lendemain se veut plus impérieuse : « Annonces intempestives de la libération de Gbagbo, militants du FPI, ouvrez les yeux. Affi et ses hommes vous manipulent trop ». D’autres quotidiens, ne jurant que par Alassane Ouattara et le RDR, ont cru voir dans la quasi-certitude des dirigeants du FPI, quant à la libération prochaine de Laurent Gbagbo, les risques qu’ils feraient courir à leurs propres militants. Les analystes de ces quotidiens, se sont d’abord demandés, si déclarer aux militants « avec une certitude quasi inébranlable que Laurent Gbagbo sera libéré », ne relevait pas de la « manipulation, de la surenchère politique » ou n’avait pas pour but de mettre la « pression sur la CPI et les dirigeants ivoiriens ». Puis ils ont conclu, en affirmant - sans dire comment – que : « jouer à fond avec les nerfs des militants (…) risque d’être contre-productif, si Gbagbo ne venait pas à être libéré ».

A première vue, on s’interroge. De quoi se mêlent les thuriféraires d’Alassane Ouattara ? Sont-ils déjà las de cirer les bottes à leur mentor ? Si tant il est vrai que les dirigeants du FPI « manipulent » ou « arnaquent » leurs militants, à propos de la libération de Laurent Gbagbo, n’est-ce pas tout à l’avantage d’Alassane Ouattara, celui dont ces journaux défendent l’image ? Si, dans les rêves les plus fous, des suiveurs d’Alassane Ouattara, les militants du FPI se rendaient compte au final, qu’ils ont été floués, n’est-ce pas du FPI et de Laurent Gbagbo que ces ivoiriens se détourneront, et ce, peut-être, au bénéfice d’Alassane Ouattara ? Malheureusement, pour eux, cela reste du domaine de la fantasmagorie.

Mais alors, comment interpréter cette débauche d’énegie des suiveurs d’Alassane Ouattara, dans une affaire où ils ne cessent de prédire de gros risques pour leurs adversaires politiques ? Que cachent en réalité, toutes leurs agitations autour d’une libération dont eux-mêmes jurent qu’elle ne se fera jamais ?

En fait, ils ont, tout simplement, peur. A travers leurs gesticulations, il faut aussi voir leurs inquiétudes. N’est-ce pas ces mêmes qui avaient, dès le début, crié sous tous les toits, que le FPI était « mort », et que Laurent Gbagbo était « fini » ? Or, il s’avère qu’après le 11 avril, date à laquelle ils prononcèrent la messe de requiem du FPI et son leader emblématique Laurent Gbagbo, les choses n’ont pas évolué dans le sens qu’ils ont souhaité. Le FPI n’est pas mort. Des milliers d’ivoiriens continuent de sortir en masse pour démontrer leur attachement à ce parti. Les tournées d’Affi N’guessan en témoignent. Laurent Gbagbo n’est pas fini. Il continue de bénéficier du soutien des millions d’ivoiriens. Les jubilations d’avant-heure, occasionnées, ça et là, par la rumeur, en témoignent. Mieux, à présent qu’il est injustement incarcéré à la CPI, pour s’être soumis à la Constitution de son pays, ces ivoiriens se sentent, tout aussi victimes d’une insupportable injustice. Ils se sentent, de plus en plus humiliés par une justice sélective, imposée par Alassane Ouattara.

Si donc les ivoiriens continuent de soutenir Laurent Gbagbo et d’appeler de tous leurs vœux, sa libération, en dépit du titre « d’affreux dictateur » dont il est grossièrement affabulé, c’est en effet parce qu’ils n’accordent aucun crédit à ces diffamateurs du dimanche et à leurs soutiens de la secte internationale. C’est de cette réalité qu’on peur tous ceux qui s’agitent fiévreusement autour de la libération de Laurent Gbagbo. Ils ont peur d’être rattrapés par leur imposture ; peur qu’en fin de compte, les ivoiriens, encore plus galvanisés par la libération de Laurent Gbagbo, ne les rejettent pour de bon, car ayant comprit que depuis le début, les bombes françaises n’ont servi en réalité, qu’à détruire la vérité des urnes ; elles n’ont eu d’autre objectif que d’anéantir la démocratie et de frustrer la soif ardente de liberté des ivoiriens, pour imposer un régime qui incarne mieux les intérêts obscurs de ses commanditaires. Voici ce qui, depuis le 11 avril, constitue le mal dont souffre la Côte d’Ivoire actuelle. Voici ce qui contribue à exacerber une tension généralisée dans le pays. C’est certainement pour avoir compris cette vérité incontournable que Koffi Annan a émis le vœu de voir Laurent Gbagbo revenir dans son pays pour participer au processus de réconciliation nationale. Voilà tout le sens d’une libération, au demeurant, salutaire pour la Côte d’Ivoire. Si cela constitue une peur bleue pour certains, et bien, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

 

 Marc Micael

marcmicael@gmail.com 

10/10/2013

IL FAUT LIBÉRER LAURENT GBAGBO !

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Décidément, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Laurent Gbagbo continue de soutenir l’attention de l’opinion publique à travers le monde. En Côte d’Ivoire, le seul fait d’évoquer son nom, va même jusqu’à déchainer les passions. Bientôt deux ans après sa déportation à la CPI, le constat est qu’il faille tout simplement le libérer. Les raisons :

 

C’était la veille. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre: l’audience d’examen de la mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo, se tenait le lendemain. Des ivoiriens, toujours soucieux du sort de Laurent Gbagbo, se sont passés l’information. L’engouement était à son comble dans la capitale économique ivoirienne, et même au-delà. Ce qui souligne très clairement l’intérêt particulier accordé au sort du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen par l’opinion publique, surtout par l’ensemble des ivoiriens. Des rumeurs ont même commencé à circuler à propos de cette audience. Certains abidjanais ont dit avoir reçu des sms les informant que l’homme aurait été libéré...

Pris de court, « Le Patriote », quotidien de propagande du régime au pouvoir, a voulut doucher les ardeurs ont titrant à sa une : « Pourquoi Laurent Gbagbo ne sera pas libéré ». Peine perdue. Cela n’a pas suffit à noyer l’espoir que nourrissent des millions d’ivoiriens, quant à la libération de leur leader.

 

L’on se souvient, que Laurent Gbagbo a été déporté, par les soins d’Alassane Ouattara à la CPI, au terme d’une guerre menée par la coalition armée Onuci-Licorne, sur demande expresse de celui-ci et de son « copain » Sarkozy, juste pour imposer le point de vue d’une communauté dite internationale, dans un contentieux électorale. Et ce, au mépris de la notion la plus élémentaire de souveraineté.

Aujourd’hui, la réalité est là, implacable : malgré la détention de Laurent Gbagbo dans les geôles de la CPI, la Côte d’Ivoire, défigurée par une crise sans précédent peine à trouver le chemin de la réconciliation. Pire, la fracture sociale s’accentue de jour en jour sous la gouvernance d’Alassane Ouattara.

 

Comment se réconcilier, ou avec qui se réconcilier, si au terme d’une crise qui a opposé deux camps, l’un, avec la complicité de prédateurs tapis dans l’ombre, continue d’accuser l’autre de tous les maux, alors que lui-même n’est pas exempt de tout reproche ? Comment parvenir à la cohésion quand, des criminels avérés d’un camp, celui d’Alassane Ouattara, sont en liberté et continuent de jouir, avec sa bienveillance, d’une espèce de « droit à l’impunité », alors que celui qui incarne les espoirs de l’autre camp, lui est privé de sa liberté ?

Au regard de cette justice sélective, l’on se demande bien si la détention de Laurent Gbagbo à la Haye – n’est pas – justement – un prétexte qui exacerbe la division en Côte d’Ivoire ? En d’autres termes – le sort de Laurent Gbagbo n’est-il pas intimement lié à ce qui se déroule en Côte d’Ivoire, donc un facteur incontournable pour la réconciliation si indispensable pour l’avancée ce beau pays?

 

« Une justice impartiale doit être la base de la réconciliation », disait – visiblement désabusé – l’ex-patron de l’Onuci (organisation des nations unies en Côte d’Ivoire), au soir de ses adieux à la Côte d’Ivoire. Il n’avait pas tort. On peut même ajouter qu’il ne peut y avoir de réconciliation tant qu’une partie du peuple est animalisée et méprisée. Alassane Ouattara ne pourra jamais mener à bon port le navire ivoirien, sinon vers des lendemains incertains, s’il s’entête à ignorer tous ceux qui soutiennent Laurent Gbagbo, son adversaire politique. La CPI n’aidera jamais la Côte d’Ivoire à retrouver la voie de la réconciliation si elle s’acharne maintenir enfermé, pour le plaisir de ses financiers, celui qui incarne l’espoir des millions d’ivoiriens, alors qu’elle-même a reconnu que le dossier d’accusation était cruellement vide.

 

En tout état de cause, la place de Laurent Gbagbo n’est pas à la CPI, mais ici, en Côte d’Ivoire. Sa place est en Côte d’Ivoire, pour tenir le rôle qui doit être le sien. A savoir, être un artisan de la réconciliation et de la paix ; un bâtisseur de la démocratie et de la  liberté. Il faut donc qu’il soit libéré. Le dire, ce n’est ni proférer des menaces, ni influencer qui que ce soit. C’est affirmer ce qui est et ce qui doit être.

 

 

A moins que ses ennemis, n’aient déjà scellés sont sort. Sauf que cette fois et contrairement à ses prédécesseurs, ces dignes fils africains, aujourd’hui arrachés à l’Afrique, au lieu d’une mort atroce dans une cuve d’acide, ou d’une balle plantée à bout touchant dans le crane, ces esclavagistes d’une nouvelle ère, n’aient préféré le jeter pour le restant de ses jours dans leurs geôles, afin qu’il se perde à jamais dans les méandres de l’oubli de l’humanité. Ce qui serait un véritable dommage pour la Côte d’Ivoire qui n’aspire qu’à sortir du cycle infernal des crises et des tragédies. Malgré tout, osons espérer qu’il recouvre sa totale liberté, pour le bonheur des millions d’ivoiriens qui ont placé en lui leurs espoirs, mais aussi et surtout pour la Côte d’Ivoire. Osons crier à la face du monde : il faut que Gbagbo soit libéré !


Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr 


07/10/2013

CÔTE D’IVOIRE, IL TE RESTE PEU DE TEMPS

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Avons-nous fini d’enterrer nos 3000 morts de la crise post-électorale? Avons-nous fait le deuil de tous ceux que nous n’avons pas pu dénombrer ; tous ces milliers de femmes violées, ces hommes et enfants massacrés, jetés au fond d’un puits ou, dont les corps ont servi de nourriture aux chiens errants et les restes, mêlés aux immondices, ont fini par se décomposer à l’air libre ? Avons-nous seulement tiré toutes les leçons de notre tragédie collective depuis 2002 à nos jours?

Il semble bien que non. Sinon, nous ne serions pas encore là, en Côte d’Ivoire, à parler de 2015, de la conquête d’un pouvoir duquel on ne cesse de se casser les dents, sans chercher à en savoir les véritables raisons. Nous n’en serions pas là, avec un Alassane Ouattara, « vraisemblablement » pressé de s’adjuger un second mandat à peine le premier terminé ; nous n’en serions pas là, avec un Konan Bédié, toute honte bue, auto-proclamé « vieux-jeune », président-à-vie de son parti, étalant toute sa haine et sa rancune tenace contre ses adversaires politiques, lors du récent congrès du plus vieux parti de Côte d’Ivoire ; nous n’en serions pas là avec une opposition, tristement réduite à réclamer en vain la libération de son leader, mais aussi de tous ses membres et le retour de tous ceux contraints à l’exil.  

Pourtant, il semble bien logique, pour un pays à peine sorti d’une violente guerre ; une guerre qui l’a profondément fragilisée et déchirée, que le plus important, soit d’abord de se réconcilier avec lui-même ; de poser son diagnostique afin de se guérir définitivement des maux qui ont menacés de l’anéantir.

Si les nouveaux dirigeants et toute la classe politique ivoirienne, ont dès le départ, affiché leur apparente volonté d’aller à la réconciliation nationale, force est de reconnaitre que le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire s’est embourbé, bien avant même d’avoir connu un heureux début. En Côte d’Ivoire, la fracture sociale, les divisions restent profondes et les tensions encore vives, malgré tout le tintamarre autour du processus. Certes, Alassane Ouattara se refuse à accepter cette réalité. Pour lui : « Il ne faut pas confondre la réconciliation entre les ivoiriens et les relations entre les partis politiques ». La tension palpable en Côte d’Ivoire, serait donc due – selon lui - aux seules dissensions entre partis politiques. Rien à signaler donc du côté des populations ? De sa part, le contraire nous aurait étonnés. On le comprend, l’homme est plus attaché au côté bling-bling du pouvoir, qu’aux responsabilités réelles qu’impose la fonction du pouvoir elle-même. Comment flatter la communauté dite internationale ? Telle est son principal objectif. Le reste peut attendre. D’ailleurs, le plus important pour lui, et il l’a dit. Il faut: « (…) qu’en 2015, les ivoiriens puissent voter, c’est le plus important ».

Pourtant toutes ces familles qui ont perdu un des leurs dans cette terrible crise socio-politique, toutes ces personnes aujourd’hui, profondément affligées, meurtries et inconsolables à cause de la perte d’un proche ou de leurs biens, ne sont pas toutes et forcément affiliées à un parti politique, et ne sont encore moins des politiciens. Aujourd’hui, si les populations ivoiriennes vivent les unes avec les autres et malgré tout, ce n’est pas parce qu’elles ne portent pas en elles les douleurs de la crise ; ce n’est pas parce qu’elles ne ressentent pas le lourd sentiment d’injustice généralisée et renforcé par les agissements de la classe politique actuelle au pouvoir. C’est parce qu’elles y sont contraintes. C’est leur destinée. Elles ne peuvent faire autrement que vivre avec leurs peines et douleurs enfouies en elles. Alassane Ouattara a donc totalement tort. La crise socio-politique ivoirienne menace encore le pays tout entier, telle l’épée de Damoclès.

La menace est donc là. Permanente. Parce que des politiciens -  singulièrement la classe dirigeante - plus soucieux de confisquer un pouvoir inespéré ; pouvoir qui a fini par les griser, ont imposé un agenda électorale à ce pays, avec le secret désir d’opérer un passage en force en 2015. Certes, un agenda qui n’est pas celui d’une Côte d’Ivoire à peine relevée des cendres de la guerre post-électorale ; car ne répondant pas à ses réelles aspirations. La Côte d’Ivoire a d’abord besoin de panser ses plaies, après en avoir – bien évidemment - décelé les causes.

Certes, nous ne pouvons pas remettre aux calendes grecques les échéances électorales de 2015. C’est un devoir que nous nous sommes imposé à travers notre loi fondamentale. Mais nous ne pouvons pas non plus, accepter de sacrifier l’avenir de ce pays sur l’autel des ambitions de politiciens corrompus et animés de mauvaise foi. Nous ne pouvons pas nous permettre de trainer les mêmes plaies. Celles d’hier et d’aujourd’hui, jusqu’à la date fatidique de novembre 2015. Parce que la crise qui ronge ce pays, tire avant tout ses sources de la conquête du pouvoir, nous ne pouvons pas nous permettre d’assister à la remise en jeu de ce pouvoir, sans avoir auparavant tiré les leçons de notre tragédie collective, sous peine de revivre les mêmes atrocités des années précédentes et peut-être pires encore. Qui a fait quoi ? Où ? Quand ? Et pourquoi ?

C’est à cette tâche que devrait  résolument s’atteler toutes les forces vives de la Côte d’Ivoire. Car force est de reconnaitre qu’il ne lui reste, en réalité, que peu de temps pour relever ce défi à l’horizon 2015, sous peine de se voir replonger dans l’horreur.

Marc Micael

 

marcmicael@gmail.com