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24/02/2014

DOUCEMENT, DOUCEMENT… NOUS SOMMES PRESSÉS !

Laurent-Gbagbo3 (1).jpgL’état de santé précaire d’Alassane Ouattara n’aura pas qu’aiguisé l’appétit vorace des différents clans de son entourage immédiat, désormais engagés dans une lutte sans merci pour sa probable succession. Son « indisponibilité » aura tout aussi ouvert à ses adversaires politiques, avérés ou pas, la perspective d’un retour rapide au pouvoir. Aussi, les gens du peuple sont-il – plus que jamais -  attentifs aux moindres « mouvements », notamment du FPI et du PDCI, eux aussi, en embuscades.

« Le FPI ne se laissera jamais distancer dans la succession à Ouattara » a lancé, lors de la 8ème convention du FPI, Aboudramane Sangaré, membre fondateur du FPI, l’un des plus proches collaborateurs de Laurent Gbagbo. Que peuvent bien signifier ces paroles quand on sait que certains affutent leurs armes pour s’emparer – sans autre forme de procès - du fauteuil présidentiel laissé – apparemment - « vacant », dans un contexte où les inquiétudes se font de plus en plus persistantes quant à un retour probable et « réussi » d’Alassane Ouattara aux affaires, après son opération de la sciatique ? Le FPI se laisserait-il tenter par une prise du pouvoir, en faisant fi de la voie légale pour y accéder, c'est-à-dire, une prise du pouvoir sans des élections crédibles ? Le FPI, s’étant toujours voulu attaché aux valeurs démocratiques, y répondre par l’affirmative, c’est avoir une appréciation erronée des idéaux et des intentions de ce parti.

Sans doute, Aboudramane Sangaré voulait-il signifier à ceux qui s’agitent bruyamment autour d’un Alassane Ouattara « convalescent », que son parti, le FPI, n’assistera pas les bras croisés, à un nouveau coup d’Etat et, au « dépeçage » de la Côte d’Ivoire.

De ce qui précède, l’on comprend aisément que le parti de Laurent Gbagbo a toujours à cœur de revenir au pouvoir. Certes, cela ne saurait se faire qu’à l’issue d’élections démocratiques. C’est-à-dire, des élections crédibles, libres et apaisées.

De là, à se poser des questions sur la participation du FPI aux élections de 2015, il n’y a qu’un pas. En voici la première : le FPI ira-t-il aux élections de 2015 ? Mieux, en voici une autre qui soulèverait des débats houleux au sein même du parti à la Rose et qui serait à l’origine d’un bras de fer entre deux camps opposés au sein du FPI : Le FPI ira-t-il aux élections de 2015 avec ou sans son leader charismatique, Laurent Gbagbo ?

Certes, dans la situation actuelle, tous s’accordent pour reconnaitre que la question n’est pas encore à l’ordre du jour. Les conditions d’une élection transparente, crédible et libre – sans cesse réclamées – tant au plan national qu’au plan international, au régime d’Alassane Ouattara,  n’étant pas encore réunies. A quelques mois du  crucial scrutin présidentiel, les questions portant sur la sécurité, le désarmement des ex-combattants, la libération des prisonniers politiques, la reforme de la CEI, la révision de la liste électorale, le libre jeu démocratique…, n’ont pas encore trouvées un début de réponse.

Tout compte fait, il faudrait – tôt ou tard – aller à ces élections, pour mettre fin à la partition de la Côte d’Ivoire, au bradage de ses richesses ; mettre fin aux souffrances des ivoiriens… Bref, mettre au fin au règne d’Alassane Ouattara et de ses Seigneurs de guerre.

Aller aux élections sans Gbagbo ?

Pour ce faire, certains qui estiment que : « Le FPI doit s'affranchir de la trop forte domination de son président-fondateur, et (…) perçoivent cela comme un handicap dans son fonctionnement normal de parti d'opposition qui aspire à reprendre le pouvoir ». Ils se fondent surtout sur le fait que « l'horizon judiciaire n'est pas près de s'éclaircir pour l'ancien chef de l'État ivoirien ». Peut-être n’ont il pas totalement tort. Ne pas aller aux élections, n’est-il pas synonyme d’abandonner les ivoiriens, entre les mains d’Alassane Ouattara, pour encore cinq longues années de douleur et de souffrances ? Et comme dit l’adage : « Les absents ont torts », le FPI n’aura-t-il pas tort de vouloir pratiquer la politique de la chaise vide ?

Gbagbo ou rien ?

Il y en a d’autres qui continuent de soutenir la position qui celle-ci : « Gbagbo ou rien ». C'est-à-dire sans Gbagbo libre, pas question, pour le FPI, de participer, ni à un gouvernement, ni à une quelconque élection en Côte d’Ivoire. « L'essentiel et le préalable à tout, c'est bien la libération du président Laurent Gbagbo et son retour en Côte d'Ivoire où l'attend son peuple (…) Il n'y a pas d'autre voie de rechange ». Ces propos de Koné Katinan, membre du FPI et porte-parole de Laurent Gbagbo, à eux seuls, résument bien l’état d’esprit de ceux qui soutiennent la position : « Gbagbo ou rien ». Pour ces derniers, il faut maintenir la pression à tout prix, jusqu’à l’obtention de la libération du leader du FPI des griffes de la CPI. Car c’est bien Laurent Gbagbo qui, toujours selon eux: « donne, pour l'heure, tout son sens à la lutte que mène le Front populaire ivoirien (FPI) ».

Certes, contrairement à ce que pensent les politiciens, les gens du peuple ne sont pas dupes. Ils connaissent bien celui dont il s’agit : Laurent Gbagbo. Celui à qui ils continuent de vouer – malgré son incarcération à la Haye - une admiration et une confiance sans réserves. Car Laurent Gbagbo n’est pas Alassane Ouattara qui gise sur son lit de  malade et autour de qui se déroule une danse de vautours affamés, encore moins, Konan Bédié, le vieux monarque du PDCI.

Laurent Gbagbo est « au courant de tout. Il suit l'actualité de la Côte d'Ivoire et du parti », disait un de ses visiteurs anonymes. C’est donc un « animal politique » qui saura, libéré ou pas et, en temps voulu, dire et faire ce qu’il faut. C'est-à-dire rien qui ne saurait aller à l’encontre de l’intérêt du peuple de Côte d’ivoire ou menacer la survie de ce pays. Bien au contraire.

 

Pourquoi donc de se précipiter et de s’entre-déchirer en vain ? Car les gens du peuple eux, ont encore à l’esprit ce précieux conseil que Laurent Gbagbo hier, leur donnait: « Doucement, doucement…, nous sommes pressés ».

Marc Micael 

20/02/2014

ILS NE POURRONT PAS CACHER LE SOLEIL

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« On ne peut cacher le soleil, avec une main », soutient la sagesse, à travers ce proverbe. Ce n’est point une affirmation gratuite. Ceux qui l’ont émise, savaient très bien de quoi ils parlaient.

Alassane Ouattara souffre d’un mal qui le contraint - même pour un court instant - à délaisser le fauteuil présidentiel. Désormais, il est de notoriété, que la santé du chef de l’Etat ivoirien reste précaire. Il est aussi connu de tous qu’il y a, dans son entourage immédiat, des personnes qui se livrent une guerre sans merci, prêtes à bondir sur le fauteuil présidentiel, à la moindre occasion. Voilà le « soleil », que le régime d’Abidjan a voulut cacher aux gens du peuple de Côte d’Ivoire, et partant, au monde entier. Mais en vain.

Certes, ce soleil n’a pas fini de darder ses rayons sur la Côte d’Ivoire. Ce soleil qui, telle la lumière chassant l’obscurité, petit à petit, est en train de prendre le dessus sur la mauvaise foi, l’hypocrisie et les petits calculs mesquins de nos politiciens véreux. Ces derniers se comptent notamment, parmi ceux qui disent nous gouverner. Ce sont eux qui, le jour, crient : « dialogue et réconciliation », et la nuit tombée, incitent à la vengeance et poussent leurs suiveurs à la haine. Face à leurs agissements, l’on est en droit de s’interroger: que veulent-ils réellement ?

Gens du peuple, souvenez-vous de ces propos d’Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim du RDR, parti politique d’Alassane Ouattara: « Alassane Ouattara est au pouvoir pour 50 ans ». Loin d’être une parole en l’air, ces propos à eux seuls traduisent les aspirations profondes et réelles de nos dirigeants actuels: confisquer le pouvoir, à tout prix et par tous les moyens.

Et l’un des moyens dont ils usent pour espérer parvenir à leurs fins, est la violence, sous toutes ses formes. Or, la violence s’oppose à la démocratie, ou disons plus simplement, au jeu démocratique. Elle n’est que source de conflits, de divisions et de haines. La Côte d’Ivoire n’a pas certes besoin de violence. Bien au contraire. Mais ces personnes aux desseins sombres, trouvent pourtant des raisons de justifier leur propension à la violence.

Hier, Affi N’guessan, président du FPI, le principal parti d’opposition, a été empêché de tenir un meeting, à Doropo, dans le nord du pays, par une horde de jeunes surexcités et armés, tous acquis à la cause du régime en place. Aujourd’hui, c’est au tour des jeunes d’Abobo d’interdire le meeting d’Affi N’guessan dans cette commune. Ces jeunes qui ne sont en réalité que des sympathisants du RDR, parti au pouvoir, ont menacé : « Nous allons user de tous les moyens en notre possession pour empêcher le meeting du président du FPI ». Motif : Pascal Affi N'Guessan tiendrait, au cours de ses meetings, des propos  qu’ils jugent arrogants. Résultat, le meeting prévu à Abobo, dans le cadre des tournées de mobilisation du FPI, parti de Laurent Gbagbo, dans le district d’Abidjan, a été purement et simplement annulé par ses organisateurs. Certainement, dans le souci d’éviter un autre bain de sang, semblable à celui que nous avons connu à Yopougon, place Ficgayo, où des jeunes se réclamant du RDR ont fait irruption au meeting de rentrée politique du FPI, saccageant tout et faisant au passage, plusieurs blessés.

Au lieu de condamner ce qui s’avère être un dangereux recul démocratique, le régime en place, y a  plutôt apporté sa caution, allant jusqu’à faire l’éloge de la barbarie: « Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire. L’annulation du meeting de Pascal Affi N’guessan prévu hier à Abobo, est la victoire des jeunes de ladite commune », pouvait-on lire dans les colonnes du quotidien de propagande du régime en place, au lendemain de l’annulation dudit meeting.

Dans le même élan grégaire, Joël N’guessan, porte-parole du RDR, parti au pouvoir, d’apporter son grain de sel au recul de la démocratie dans notre pays. Dans un texte à propos de victimes de la crise post-électorale, un texte dans lequel, on le voit s’ériger en moralisateur publique, se perdant dans des  contorsions toutes autant floues qu’inutiles, prenant pour prétexte le supposé manque repentance du FPI, au lieu de d’exprimer clairement le fond de sa pensée, à savoir, dire au FPI de faire allégeance (le mot est des tenants du régime) au pouvoir d’Alassane Ouattara. Dans ce texte, il prétend savoir quelle sera l’attitude victimes de la crise envers le FPI : « c’est nous (notamment le FPI, ndlr) exposer à une vengeance incontrôlable de ceux qui ont subi dans leur chair et leur âme les conséquences de notre crise ».

Comme on peut le voir, le soleil est en train de briller. Au vu et au su de tous. L’irresponsabilité de ceux qui disent nous gouverner, ne peut plus être dissimulée. La voilà ainsi exposée au grand jour. En effet, ce sont eux les vrais instigateurs de la violence ; ce sont eux qui poussent, en réalité, leurs militants, leurs soi-disant victimes de la crise post-électorale et tous ces jeunes désœuvrés, à la haine et à la vengeance contre d’autres ivoiriens, notamment contre ceux qui ne sont pas du même bord politique qu’eux.

Certes, certains répliqueront qu’en son temps, le FPI en faisait autant. Mais soutenir une telle posture, serait du coup, boucler le cycle de violences. Non. La Côte d’Ivoire n’en n’a pas besoin, les gens du peuple, n’en n’ont pas besoin non plus.

Sauf, ceux qui  en tirent un avantage certain, c'est-à-dire, tous ces politiciens corrompus, déguisés en agneaux. En faisant en sorte d’interdire l’accès à certains territoires de la Côte à l’opposition, en livrant l’opposition à la vindicte populaire, à la violence de leurs hommes…, ceux qui soutiennent aujourd’hui cette violence, mettent ainsi en place et délibérément, les ingrédients du scénario qui les a, jadis propulsé au pouvoir.

Les faits sont têtus. Souvenons-nous, de ce que rapportaient les observateurs de la présidentielle de 2010 : « (…) l’atteinte à l’intégrité physique des partisans de Laurent Gbagbo dans le Nord par les Partisans d’Alassane Ouattara et les militaires des Forces Nouvelles, les morts suite aux agressions physiques, les dégradations des matériels électoraux, les bourrages d’urnes, les séquestrations d’observateurs eux-mêmes... ». La suite, nous la connaissons tous: 3000 morts (chiffres officiels). Des centaines de milliers d’ivoiriens en exil. Sans compter les biens détruits.

Aujourd’hui encore, ces personnes ne reculent devant rien. S’étant accaparé du pouvoir, ils entendent – cette fois le confisquer, par tous les moyens. Dès lors, soutenir que le FPI refuserait de se repentir, n’est qu’un moyen, un justificatif insidieux pour parvenir à cette fin. Voilà le soleil qu’ils ne peuvent cacher de leur main, voilà la vérité qu’ils ne pourront empêcher d’être connue.

Marc Micael

 

 

 

17/02/2014

CÔTE D’IVOIRE, LE PEUPLE EST INQUIET

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Qu’on le veuille ou pas, l’intervention chirurgicale subie par d’Alassane Ouattara en France et le communiqué pondu en désespoir de cause, par la présidence ivoirienne, suscitent d’avantage d’interrogations - voire d’inquiétudes - que ne le souhaitait le régime en place à Abidjan. Même si les auteurs dudit communiqué s’empressent d’ajouter que : «L’intervention s’est bien déroulée et le chef de l’Etat se porte bien » ; même si certains, tels que l’obscur Franklyn Nyamsi, thuriféraire avéré et plume de service de Soro Guillaume, qualifient en des termes forts grandiloquents, l’acte de communication de la présidence de la république ivoirienne, la décrivant comme: « une force morale de l’esthétique de la transparence politique inaugurée par le président Alassane Ouattara »…., même si Pierre Accoce, Essayiste français, martèle sans convaincre que : «Cette opération est sans dommage sur l’exercice du pouvoir »…, plus que jamais, les gens du peuple ne sauraient se contenter de si futiles informations sur l’état de santé d’un chef d’Etat, ou se laisser prendre au piège des mots flatteurs. Oublient-ils, ces manipulateurs, que les temps ont changés ?

Alassane Ouattara a des soucis de santé. Ce qui le contraint à garder le lit, donc à délaisser les commandes du pouvoir, jusqu’à une date indéterminée. Cela est un fait indéniable. D’ailleurs, monsieur Ouattara, contrairement à ce que ses proches ont toujours voulu faire croire, est un être humain, un être mortel, soumis aux aléas de vie, comme tout autre. Là n’est pas la préoccupation des gens du peuple, eux qui ont vécu et qui côtoient chaque jour, les pires réalités de vie. Il n’y a donc rien d’extraordinaire pour eux, qu’un homme, fut-il un chef d’Etat, tombe malade et même, succombe des suites de sa maladie.

En effet, les inquiétudes des gens du peuple se trouvent ailleurs. Bien ailleurs. Ces inquiétudes tirent leurs sources à partir de plusieurs indices irréfutables:

D’abord, il s’agit, apparemment des confusions et ou contradictions constatées sur la nature du mal réel dont souffre Alassane Ouattara. Alors que la présidence de la république annonce une «intervention chirurgicale liée à une sciatique», Pierre Accoce, Essayiste français, annonce, pour sa part, qu’ « il (Alassane Ouattara, ndlr) n’a pas été opéré d’une sciatique, mais sans doute d’une hernie discale ». La très « sérieuse » LC (Lettre du Continent) quant à elle annonce : « une opération du canal rachidien ».

Ensuite, il y a l’annulation sine die de la prochaine visite en Côte d’Ivoire de François Hollande, président de la république de France. Cette France qui, curieusement et, dans le même temps, « renforce son dispositif militaire à Abidjan », avec l’envoi d’«un escadron de 120 hommes qui partiront de Poitiers pour la Côte d’Ivoire, dans le cadre du soutien des forces de l’ONU et de la protection des ressortissants français et étrangers », rapporte la presse.

Ajouté à cela, les manœuvres souterraines au sein de l’entourage même d’Alassane Ouattara dont s’est fait écho la presse locale. Il s’agit notamment des tentatives visant à empêcher Soro Guillaume, dauphin constitutionnel, de rendre naturellement visite au malade Alassane Ouattara. Alors que plusieurs autres proches de ce dernier, tels que Hamed Bakayoko, ont pu le faire sans anicroche. Comment et pourquoi Hamed Bakayoko aurait-il plus de privilège à rendre visite à un Ouattara convalescent que ne ferait Soro Guillaume, se demande-t-on ? Même si le concerné (Soro Guillaume) tente, tant bien que mal, de prendre son mal en patience ?

Enfin, le plus inquiétant pour les gens du peuple, c’est le flou délibérément entretenu autour du retour d’Alassane Ouattara ; c’est le fait de ne pas savoir jusqu’à quand prendra fin cette « période de repos » dont il est fait mention dans le communiqué de la présidence, mais aussi et surtout, de savoir quand est-ce qu’il reprendra ses activités de chef de l’Etat. Question : quand est-ce qu’Alassane Ouattara viendra mettre fin au vide qu’il laisse derrière lui ? Or la nature a horreur du vide, selon l’adage populaire.

En Afrique, le pouvoir a toujours été perçu – à tort - comme une royauté où l’on doit se succéder, le plus souvent en père et fils, sinon entre personnes du même clan, de la même ethnie, de la même tribu, ou de la même religion. Les exemples sont légions en Afrique. Il suffit que le « chef » soit absent ou dans une certaine « indisponibilité » pour que les appétits de sa succession se fassent jour. C’est qu’en Afrique le fauteuil présidentiel a souvent été une affaire de famille ou de proches. En Afrique, lorsqu’il s’agit de succession au sommet du pouvoir, à bas la démocratie ! À bas les lois ! À bas la Constitution… ! N’est-ce pas cette logique qui explique aujourd’hui et en grande partie la tragédie que vit le continent noir ?

Dès lors, il est aisé de comprendre l’inquiétude des gens du peuple de Côte d’Ivoire, face à l’état de santé d’Alassane Ouattara. Ils ont des raisons de s’inquiéter, non pas simplement pour l’état de santé d’Alassane Ouattara, mais parce que comme toujours, ce sont eux qui paient le plus lourd tribut des guerres de succession.

En effet, l’opération d’Alassane Ouattara fera, à n’en point douter, tâche d’huile. Car, sachons dire les choses comme elles le sont : à 72 ans, après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales, même si la dernière a été qualifiée de « bénigne » ou d’avoir été « un succès », on n’en ressort pas comme un jeune de 17 ans. On en ressort forcément et considérablement diminué. La question est : aura-t-il encore l’énergie nécessaire pour conduire la lourde tâche qu’est la fonction de chef de l’Etat, lui qui s’est déjà déclaré « vraisemblablement candidat » pour 2015 ?

Cette énième opération subie par Alassane Ouattara aura eu l’effet d’attiser d’avantage les appétits voraces de ceux qui caressaient le secret espoir de s’asseoir un jour, à leur tour, dans le fauteuil présidentiel, cela, par tous les moyens, y compris par un heureux ou malheureux hasard. Comme toujours, ce sont ces personnes qui défilent au chevet de leur mentor, lui jurant une fidélité infini, qui crient : « vive le roi » !  Mais, ce sont les mêmes dont le cœur chante en secret : « à bas le roi » ! Ce sont ceux au sujet duquel il a été dit : « nageurs les gens du peuple voient votre dos ».

 

Bien entendu, les gens de ce peuple ne seraient pas aujourd’hui si inquiet, si monsieur Ouattara ne s’était pas, dès son arrivée, assis dans la logique du « après moi, c’est moi » ; s’il s’était attelé à poser les jalons d’une succession pacifique et démocratique au pouvoir, s’il avait œuvré, sans relâche, à asseoir les bases d’une véritable démocratie et d’un Etat de Droit, de sorte à sortir ce pays, la Côte d’ivoire, de la spirale de violences, des guerres de succession pour le pouvoir, dans laquelle elle est plongée depuis plus de 20 ans. Hélas, 2015, c’est pour très bientôt. Alassane Ouattara gite sur son lit d’hôpital. Les conditions d’une élection crédible ne sont pas encore réunies. Le peuple s’inquiète. A quand la paix dans ce pays ?

Marc Micael

09/02/2014

AFRIQUE, SOUVERAINETÉ EN PÉRIL - QUI PAIERA LA FACTURE?

SOMMET DE LA PAIX_BERCY_PRW_IMG_2408 copie_0.jpgAucun autre continent, mieux que l’Afrique ne saurait saisir la vraie valeur des notions telles que l’indépendance et la souveraineté. Elle qui a subi des siècles durant, les sombres périodes de l’esclavage, puis de la colonisation. On peut donc aisément comprendre l’immense euphorie qui s’empara des jeunes Etats africains dès les premières heures des indépendances en Afrique. Quelle ne fut alors la fierté de ces nouveaux Etats lorsqu’ils brandissaient leurs drapeaux, et les nouveaux citoyens récitant – à qui veut l’entendre - leurs devises ou chantant leurs nouveaux hymnes nationaux !

Mais, c’était il y a longtemps, à l’époque, dans les années 60. Et depuis, le temps s’est écoulé, considérablement. Aujourd’hui, en ce 21ème siècle, les enjeux ne sont plus les mêmes. Place – dit-on - à un monde plus interdépendant. Place à l’impérieuse nécessité de se « dissoudre » dans les « Organisations Internationales», de se « plier » aux exigences des « organismes des Droits de l’Homme ». Evidemment, l’Afrique n’est pas restée en marge d’une telle dynamique. Bien au contraire, elle a - même – plongé de toutes ses forces dans « l’océan » de organisations régionales, sous-régionales et internationales. On peut citer entre autres: la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Ligue arabe, l’Union africaine (UA), ou encore l’Organisation des Nations Unies (ONU). Mais, revers de la médaille…

Au plan économique, le binôme Banque Mondiale-Fonds monétaire internationale (FMI) impose et dicte ses lois, notamment aux pays africains durement éprouvés par la crise économique. Le fameux programme d’ajustement structurel (PAS) à eux imposé, restera à jamais, un de leur plus amer souvenir. Bien entendu, les Etats africains ne seront pas au bout de leurs peines tant que le duo infernal Banque Mondiale FMI règnera – sans partage - sur l’économie mondiale. N’est-ce pas ce duo (Banque Mondiale et FMI), le vrai « ministère des finances» de nos Etats – notamment – en Afrique ? D’autre part, les marchés internationaux, devenus plus puissants que les pays eux-mêmes, contrôlent et décident de tout, depuis l’Occident, au grand dam des Etats africains. L’exemple le plus frappant est celui des prix des produits agricoles africains destinés à l’exportation. En effet, ces prix dépendent entièrement - de ces marchés qui les fixent sans état d’âme.

Au plan humanitaire, les organismes de défense des Droits Humains, se voient dévoyés de leur mission première. Ils interviennent désormais là où l’action de l’Etat est – dit-on - déficiente - pour servir la cause des impérialistes occidentaux dont leurs financements dépendent en grande partie. De fait, ces organismes, défenseurs des Droits Humains servent plus de moyens de pression que de moyen humanitaire, notamment au détriment des Etats pauvres, au nom du prétendu « droit d’ingérence humanitaire » dont, seuls ces ONG jouiraient. Mieux, ces organismes servent aussi et quelques fois de « brèches » dans lesquelles leurs financiers n’hésitent pas à s’engouffrer pour atteindre leurs objectifs égoïstes. Les exemples ne manquent pas : Ceux de l’ex-Yougoslavie comme en Irak, où les grandes puissances, notamment les Etats-Unis pénétrèrent dans la brèche - pour mener la guerre - avec l’appui des Nations Unies. Quand les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire alimentent encore la polémique, celui de la Syrie est en cours.

Au niveau politique, la note est encore plus salée pour les africains. Le principe de la « souveraineté des Etats », pourtant au cœur du système des Nations Unies est carrément foulé aux pieds. Dans le cas de la Libye, la résolution 1973 a été jugé « historique » par le secrétaire général des Nations Unies lui-même. Elle autorisait « les Etats les membres (…) à prendre toutes les mesures nécessaires (…) pour protéger les civils et les zones peuplées par des civils ». Mais que revêt un terme aussi ambigu que celui de « toutes les mesures nécessaires »? Le triste dénouement de la crise libyenne, orchestré par l’Otan, nous en donnera quelques réponses. Concernant la Côte d’Ivoire, certains observateurs pensent que « le rôle joué par l’Onu et la Force Licorne dans l’arrestation (du président sortant Laurent Gbagbo ndlr) reste encore flou et continue de susciter des polémiques car de plus en plus de voix estiment que ces forces impartiales ont outrepassé leur mandat». Mais avant, ce fut le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, M. Choi qui outrepassa le sien, en désignant sous le prétexte de la « certification des résultats », le vainqueur de l’élection présidentielle, malgré les graves cas de fraudes enregistrés, notamment dans la partie nord du pays. Violant ainsi, de façon flagrante, la Constitution ivoirienne qui elle, désigne le Conseil Constitutionnel comme seule institution en charge de la proclamation des résultats définitifs des élections en Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs sur cette prise de position du représentant spécial du secrétaire des Nations Unies que toutes les autres organisations sous-régionales, dont la CEDEAO et l’Union Africaine, n’ont fait que s’aligner par la suite. Et ce, au grand désarroi de ceux qui militaient en faveur de la stricte application de la Constitution ivoirienne.

En définitive, qu’il s’agisse de la Côte d’Ivoire ou de la Libye, l’on se demande toujours si ces interventions auraient été envisagées s’il s’agissait de pays dépourvus de toute richesse et, ou de tout intérêt géostratégiques ?

Le scénario a toujours été le même. La Résolution du Conseil de Sécurité, donnant feu vert pour intervenir est votée. Les forces occidentales chargées de la mettre à exécution - une fois sur le terrain n’en feront qu’à leur guise. Bien entendu, dans les deux cas (interventions politiques et interventions humanitaires), le fameux principe de la « responsabilité de protéger » est évoqué. Certes, mais là encore, il faudrait pouvoir lever toute ambiguïté. Car comment être sûr que les nations (plus précisément, les membres permanents du Conseil de Sécurité) soient totalement désintéressées ? Comment faire la différence entre le mobile politique et le mobile humanitaire ?

Comme on peut le constater, les organisations internationales s’arrogent, par des prétextes plus ou moins flous, un droit d’ingérence qui leur permette de violer la souveraineté d’un Etat. Ainsi certains experts avertis soutiennent - à juste titre d’ailleurs - que « dans la pratique, la souveraineté des Etats est érodée par les processus de mondialisation économique, culturelle et politique ». Dès lors, on peut affirmer sans risque de se tromper, que les Etats, notamment les Etats africains, n’ont souvent les mains et les pieds liés lorsqu’il s’agit des décisions capitales à prendre, quand bien même ces décisions ont trait à des questions aussi sensibles, touchant à leur survie. Ces Etats sont ainsi pris au piège du système des organisations internationales, pilotées en arrière-plan et en sous-main par des forces « obscures » qui les soumettent à leurs exigences. Peut-on dès lors, dans un tel contexte, parler de souveraineté ? Mieux, que peuvent faire les nations africaines face au péril de leur souveraineté? Doivent-elles résister, lutter ou au contraire, assister impuissantes à la menace, au dictat de ces marchés et autres organisations dites internationales? Que faire face à ces «monstres devenues incontrôlables » ? Que faire face à ces « monstres » qui font dangereusement et de plus en plus ombrage à la souveraineté des jeunes Etats africains? Le débat peut-être ouvert à ce stade de notre analyse.

 

Quant aux gens du peuple, ils ont toujours partagé l’avis de cet illustre fils d’Afrique, aujourd’hui indûment incarcéré dans les geôles du néocolonialisme, qui estime que: « le combat pour la souveraineté demeure une question existentielle pour notre peuple ». Aujourd’hui, l’armée française intervient au Mali, en Centrafrique, comme elle est intervenue en Côte d’Ivoire... En Côte d’Ivoire où l’on annonce la mise en en place très prochaine d’une « base opérationnelle avancée française », précédée par la visite – fin février - du président français, François Hollande. Une visite qualifiée « d’espoir » par un régime - on l’imagine - dégoulinant de gratitude pour la France. Cette France en perte de vitesse sur le continent noir et à qui – disons les choses comme elles le sont – il doit son existence. Or l’on sait tous que : « La France tout comme ses alliés, ces autres puissances impérialistes, ne s'engagent jamais dans une guerre sans avoir au préalable la réponse à cette question cruciale: «Qui paiera la facture? ». En tout cas, « Ils ne font rien pour rien ». Cela, les gens du peuple l’ont toujours su.

Marc Micael

07/02/2014

QUE CELUI QUI A DES OREILLES…

DAO-HOLLANDE.jpgC’était il y a bien longtemps. Au temps de (feu) « Nanan Boigny ». Bien sûr, les gens du peuple s’en souviennent encore, comme si c’était hier. 

A chaque visite d’un chef d’Etat en Côte d’Ivoire, un accueil chaleureux - au propre comme au figuré – lui devait être réservé. C’est « Nanan » qui le voulait ainsi. La légendaire hospitalité du peuple ivoirien, se devait d’être respectée et traduite dans les faits. Le chef d’Etat en visite dans notre pays était sûr de trouver,  à sa descente d’avion et tout au long du parcours le menant au palais présidentiel, des  foules immenses rassemblées, sous un soleil de plomb, chantant, dansant, criant à tue-tête, les louanges d’Houphouet Boigny, du PDCI-RDA, de la Côte d’Ivoire. Bref, un accueil délirant que le visiteur ne devait pas oublier de sitôt. Il y a bien longtemps, les gens du peuple se rappellent de ces moments inoubliables. Ils étaient toujours précédés de communiqués appelant à aller « accueillir Houphouët », à la télévision, à la radio nationale et dans le journal gouvernemental. En ce temps-là, l’on croyait dur comme fer que cet accueil « chaleureux » réservé à l’hôte, attiserait sa sympathie, et surtout l’amitié de son pays pour notre chère Côte d’Ivoire. Toutes les couches sociales du pays devaient y participer. Il valait mieux ne pas s’exposer à la colère du « Père-fondateur ». Même les lycéens et collégiens d’alors étaient sommés de porter le fameux uniforme « bleu-blanc » (sans oublier la cravate noire pour les garçons), en ce jour « capital », et de se rendre au lieu d’accueil qui leur est réservé, parfois plusieurs heures à l’avance. Et gare à celui ou celle qui ne se plierait pas à cette exigence du « Père de la Nation » !

Mais c’était, il y a bien longtemps. Les temps ont changé. Les gens du peuple ont compris. Mais le déclic est survenu lorsqu’un des leurs, leur rappela ce que De Gaulle, un homme d’Etat français affirma, il y a plusieurs années: « les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts ». Fini donc les accueils interminables sous le chaud soleil. Le visiteur sera néanmoins le bienvenu. Mais nous savons désormais que nos cris, nos chants et danses ne signifient rien pour lui et que seul compte l’intérêt qu’il tirera de cette visite pour le pays qu’il sert.

Certes nous vivons un siècle où aucun Etat ne peut se développer sans entretenir des relations avec les autres Etats. Mais malheureusement et très souvent, le cadre de ces relations s’apparente en réalité à une jungle impitoyable, où chacun défend ses intérêts au détriment des autres, des plus faibles ; une jungle où les moins nantis subissent le dictat des plus puissants, somme toute, à travers chantages honteux et prétextes fallacieux. Le monde actuel est ainsi régit. Les puissances dites mondiales imposent au reste des pays, leurs vues, sûrs de leur puissance militaire. Elles s’érigent en véritables gendarmes à travers le monde. Soutenant tel régime, imposant tel chef d’Etat, renversant l’autre ; créant le désordre à travers des rebellions montées de toute pièce,  là où leurs intérêts semblent menacés ; intervenant partout avec droit de vie ou de mort quant cela leur chante…

Or aucun Etat n’est supérieur à un autre. Même ceux qui sont dits plus grands ont besoin des plus petits pour continuer à se développer. Cela même si parfois, les forces en présence sont disproportionnées. C’est pourquoi les gens du peuple croient fermement qu’il faille nécessairement faire recours au principe du partenariat « gagnant-gagnant », c'est-à-dire un partenariat où personne ne se sucre sur le dos de l’autre.

Les temps ont changé. Les gens du peuple ne sont plus dupes. Ils sont dorénavant vigilants et ne se laissent plus prendre au piège au nom des « liens historiques » ou des « relations d’amitié ». Car l’amitié suppose un soutien inconditionnel. De vrais amis ne se jugent pas et ne tiennent pas compte du temps qui passe. Si les Etats devaient entretenir ce genre de relation, alors c’en serait fini de la démocratie et de l’Etat de Droit.

Malheureusement, en Côte d’Ivoire, certains sont encore restés dans le passé. Prêts à rééditer – s’ils le pouvaient - le scénario des accueils « chaleureux », comme jadis au temps du « père-fondateur ». A l’image du régime en place, qui annonce l’arrivée prochaine du numéro un français, François Hollande.

Pour le régime d’Alassane Ouattara : « le premier citoyen français vient féliciter le numéro un ivoirien pour son esprit de démocratie, ses performances économiques, ses actions pour la décrispation de la situation sociopolitique, sa ténacité et son acharnement au travail bien fait et son intérêt à faire de son pays, un cas d’école ». La conclusion de cette déclaration, teintée de jubilation est encore plus révélatrice de l’état d’esprit de ce qui la font : « Il faut, plutôt, voir dans l’arrivée du président Français, une autre opportunité et une note d’espoir pour la Côte d’Ivoire. Car, quoi qu’on dise, la France est la 5ème puissance mondiale ». Il ne reste plus qu’à lancer des appels aux populations pour qu’elles sortent accueillir, le président français, François Hollande, comme cela se faisait autrefois.

Mais les gens du peuple savent très bien, qu’au-delà de François Hollande et malgré son discours de rupture sur la françafrique, il s’agit de la France. La même France qui bombarda, sans vergogne Abidjan, la capitale ivoirienne, la France qui ferme les yeux sur les violations massives des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, la justice à double vitesse, l’impunité des chefs de guerre, Duékoué, Nahibly….

 

François Hollande, reste malgré tout dépositaire de la France néocoloniale,  celle qui écrase tout sur son passage pour que vive ses seuls intérêts. Mais les gens du peuple ont encore en mémoire les paroles d’un de leur illustre fils, injustement enfermé à la Haye, dans une prison néocoloniale : « En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l`on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). Dans un monde de compétition, il est illusoire de croire qu`un peuple peut assurer le bonheur parfait d`un autre peuple; l`Histoire ne donne aucun exemple de ce type ». Que celui qui a des oreilles entende !

Marc Micael

04/02/2014

ILS RESTERONT TOUJOURS DEBOUT !

téléchargement (15).jpgLes hommes politiques ou - si vous voulez - les politiciens, commettent souvent des erreurs qu’ils finissent - tôt ou tard - par payer cash. C’est leur tendance méprisable à sous-estimer la capacité des gens du peuple à analyser et à appréhender leurs actions politiques. Ce n’est pas en entretenant un semblant de mystère ou en enrobant de subterfuges leurs stratégies politiques qu’ils réussiront à leurrer les gens du peuple. Qu’ils se le tiennent pour dit.

A un an des échéances électorales de 2015, le régime en place est passé à une phase supérieure dans sa volonté de demeurer au pouvoir encore cinq années et, peut-être même plus. Pour ce faire, il ne lésine sur aucun moyen pour médiatiser à souhait le retour de quelques exilés ou la libération provisoire des prisonniers politiques, vantant au passage les « prouesses » et les « gloires »imméritées de son mentor: « le président de la République, Alassane Ouattara, foncièrement attaché aux valeurs de paix, du respect de la vie humaine, ne ménage aucun effort dans son combat pour ramener la paix , la cohésion sociale et stabilité en Côte d’Ivoire (…)la Côte d’Ivoire a retrouvé un vrai chef soucieux de l’avenir de son pays qui ne peut se construire que dans la paix et le rassemblement des toutes ses filles et fils (…) La Côte d’Ivoire de la paix, de l’unité nationale totalement orientée vers le développement et la prospérité guidée par l’ancien directeur général adjoint du FMI, a repris sa marche. Laissant derrière elle la violence, de la haine et la guerre ».

Vous croyez rêver ? Et bien non. Il s’agit bel et bien ici, du même Alassane Ouattara, l’homme qui « frappe les régimes moribonds », et les fait « tomber comme des fruits mûrs » ou, qui excelle à rendre « rend le pays ingouvernable » ; celui qui prit le dangereux raccourci ethnique et religieux : « C’est parce que je suis musulman et du nord », lorsque sommé par la justice ivoirienne de justifier ses origines ; Alassane Ouattara, le père-fondateur de la « république des Dozos » et du « rattrapage ethnique » ; celui enfin, dont le secrétaire général de parti a dit : « tous ceux qui s’opposent à lui  vont au cimetière ». Oui, c’est bien de lui qu’il s’agit : Alassane Ouattara.

Au-delà des propos dithyrambiques amplifiés par les flagorneurs de la république ouattarienne, l’homme n’a en réalité, jamais abandonné son projet de faire payer tous ceux (Laurent Gbagbo en tête) qui se sont mis ou qui se mettront en travers de son chemin, dans son ambition effrénée d’accéder et de se maintenir au pouvoir. Car on ne construit pas une vraie nation, c'est-à-dire une nation moderne avec des citoyens expropriés de leurs biens par une milice de Dozos, avec des prisons encore bourrées de personnes torturées qui n’ont – en fait - rien y à faire. On ne fonde pas une nation avec des chefs de guerre qui font la pluie et le beau temps en instaurant une insécurité ambiante, le tout sur fond d’impunité et de corruption généralisées. Un véritable chef d’Etat ne peut tolérer ces choses. A moins qu’elles ne fassent partie d’un plan volontairement et savamment orchestré pour empêcher toute contestation et le maintenir au pouvoir. Telle est la réalité en Côte d’Ivoire. Tel est l’objectif réel d’Alassane Ouattara et de son camp. Le reste n’est que pure distraction.

Lorsque les gens du peuple constatent que leurs bourreaux d’hier, ces tortionnaires qui ont mis la mère patrie à feu et à sang pour se hisser au pouvoir, se mettent subitement à camper un rôle qui n’a jamais été le leur, et que ces derniers adoptent un langage qu’ils n’ont jamais tenu auparavant, les gens du peuples ne peuvent que redoubler de vigilance et, encore mieux, refuser de se laisser entrainer dans, ce qui s’avère être en effet, une aventure sans lendemain.

Le régime en place dit appeler au retour des exilés. Il initie même des rencontres avec l’opposition, notamment le FPI, le tout, dit-il, au nom de la décrispation et de la réconciliation. Mais pouvait-il en être autrement, à quelques mois du crucial scrutin de 2015 ?

Ce que Alassane Ouattara et son camp ont fini par comprendre, avec le temps, bien au-delà des actions des résistants ivoiriens et africains et des diverses pressions diplomatiques, c’est que sans le FPI, sans une opposition significative, ils ne sont rien du tout. Au sortir de ces élections de 2015 - si bien entendu, elles ont lieu - ils n’auront - en fait - ni légitimité, ni crédibilité. Déjà RFI (radio France Internationale), tire la sonnette d’alarme. Dans un papier titré: «Côte d’Ivoire : près de 1300 militaires de retour d’exil », on peut lire : « Il parait difficile de rendre crédible un scrutin en l’absence d’une opposition ». Mais ce que la radio française ne veut pas dire, c’est que cette opposition, n’est ni plus, ni moins le FPI, le parti de Laurent Gbagbo. Du coup et dans le même veine, RFI se demande aussi : « le FPI, pourra-t-il faire le deuil de son fondateur Laurent Gbagbo, emprisonné à La Haye ? ». 

Pour ceux qui n’auraient pas compris le sens de cette question, la voilà ainsi reformulée : quelle FPI au scrutin de 2015 sans son principal « impulseur » Laurent Gbagbo ?

Ce serait en tout cas, un FPI considérablement diminué, fragilisé et vidé de ce qui faisait sa substance, dénué de sa véritable force de frappe et ayant perdu son repère.

C’est pour avoir très tôt compris cela qu’Alassane Ouattara et son ami Nicolas Sarkozy, alors président de la France, se sont empressés de déporter Laurent Gbagbo à la CPI aussitôt après l’avoir kidnappé. Et, c’est toujours dans cette même optique qu’aujourd’hui, le régime en place coure ça et là pour pousser le FPI aux élections, tout en sachant bien que des questions de fond restent en suspens.

Pousser le FPI à « abandonner » Laurent Gbagbo, pousser les ivoiriens, les gens du peuple à « ignorer » Laurent Gbagbo, c’est les amener à abdiquer, à abandonner l’inspirateur, le symbole de la lutte donc, la lutte elle-même. C’est renoncer à la résistance contre les forces occultes en quête de matières premières minières, minéralières et énergétiques, et qui, pour ce faire, ne reculent devant rien pour assujettir l’Afrique et les africains. Et cela, les gens du peuple, par leur clairvoyance, l’ont déjà compris. C’est pourquoi, ils resteront toujours debout.

Marc Micael

 

 

02/02/2014

ILS RESTERONT TOUJOURS DEBOUT !

images (10).jpgLes hommes politiques ou - si vous voulez - les politiciens, commettent souvent des erreurs qu’ils finissent - tôt ou tard - par payer cash. C’est leur tendance méprisable à sous-estimer la capacité des gens du peuple à analyser et à appréhender leurs actions politiques. Ce n’est pas en entretenant un semblant de mystère ou en enrobant de subterfuges leurs stratégies politiques qu’ils réussiront à leurrer les gens du peuple. Qu’ils se le tiennent pour dit.

A un an des échéances électorales de 2015, le régime en place est passé à une phase supérieure dans sa volonté de demeurer au pouvoir encore cinq années et, peut-être même plus. Pour ce faire, il ne lésine sur aucun moyen pour médiatiser à souhait le retour de quelques exilés ou la libération provisoire des prisonniers politiques, vantant au passage les « prouesses » et les « gloires »imméritées de son mentor: « le président de la République, Alassane Ouattara, foncièrement attaché aux valeurs de paix, du respect de la vie humaine, ne ménage aucun effort dans son combat pour ramener la paix , la cohésion sociale et stabilité en Côte d’Ivoire (…)la Côte d’Ivoire a retrouvé un vrai chef soucieux de l’avenir de son pays qui ne peut se construire que dans la paix et le rassemblement des toutes ses filles et fils (…) La Côte d’Ivoire de la paix, de l’unité nationale totalement orientée vers le développement et la prospérité guidée par l’ancien directeur général adjoint du FMI, a repris sa marche. Laissant derrière elle la violence, de la haine et la guerre ».

Vous croyez rêver ? Et bien non. Il s’agit bel et bien ici, du même Alassane Ouattara, l’homme qui « frappe les régimes moribonds », et les fait « tomber comme des fruits mûrs » ou, qui excelle à rendre « rend le pays ingouvernable » ; celui qui prit le dangereux raccourci ethnique et religieux : « C’est parce que je suis musulman et du nord », lorsque sommé par la justice ivoirienne de justifier ses origines ; Alassane Ouattara, le père-fondateur de la « république des Dozos » et du « rattrapage ethnique » ; celui enfin, dont le secrétaire général de parti a dit : « tous ceux qui s’opposent à lui  vont au cimetière ». Oui, c’est bien de lui qu’il s’agit : Alassane Ouattara.

Au-delà des propos dithyrambiques amplifiés par les flagorneurs de la république ouattarienne, l’homme n’a en réalité, jamais abandonné son projet de faire payer tous ceux (Laurent Gbagbo en tête) qui se sont mis ou qui se mettront en travers de son chemin, dans son ambition effrénée d’accéder et de se maintenir au pouvoir. Car on ne construit pas une vraie nation, c'est-à-dire une nation moderne avec des citoyens expropriés de leurs biens par une milice de Dozos, avec des prisons encore bourrées de personnes torturées qui n’ont – en fait - rien y à faire. On ne fonde pas une nation avec des chefs de guerre qui font la pluie et le beau temps en instaurant une insécurité ambiante, le tout sur fond d’impunité et de corruption généralisées. Un véritable chef d’Etat ne peut tolérer ces choses. A moins qu’elles ne fassent partie d’un plan volontairement et savamment orchestré pour empêcher toute contestation et le maintenir au pouvoir. Telle est la réalité en Côte d’Ivoire. Tel est l’objectif réel d’Alassane Ouattara et de son  camp. Le reste n’est que pure distraction.

Lorsque les gens du peuple constatent que leurs bourreaux d’hier, ces tortionnaires qui ont mis la mère patrie à feu et à sang pour se hisser au pouvoir, se mettent subitement à camper un rôle qui n’a jamais été le sien, et que ces derniers adoptent un langage qu’ils n’ont jamais tenu, les gens du peuples ne peuvent que redoubler de vigilance et, encore mieux, refuser de se laisser entraîner dans, ce qui s’avère être en effet, une aventure sans lendemain.

Le régime en place dit appeler au retour des exilés. Il initie même des rencontres avec l’opposition, notamment le FPI, le tout, dit-il, au nom de la décrispation et de la réconciliation. Mais pouvait-il en être autrement, à quelques mois du crucial scrutin de 2015 ?

Ce que Alassane Ouattara et son camp ont fini par comprendre, avec le temps, bien au-delà ses actions des résistants ivoiriens et africains et les diverses pressions diplomatiques, c’est que sans le FPI, sans une opposition significative, ils ne sont rien du tout. Au sortir de ces élections de 2015 - si bien entendu, elles ont lieu - ils n’auront - en fait - ni légitimité, ni crédibilité. Déjà RFI (radio France Internationale), tire la sonnette d’alarme. Dans un papier titré: «Côte d’Ivoire : près de 1300 militaires de retour d’exil », on peut lire : « Il parait difficile de rendre crédible un scrutin en l’absence d’une opposition ». Mais ce que la radio française ne veut pas dire, c’est que cette opposition, n’est ni plus, ni moins que le FPI, le parti de Laurent Gbagbo. Du coup et dans le même temps, RFI se demande aussi : « le FPI, pourra-t-il faire le deuil de son fondateur Laurent Gbagbo, emprisonné à La Haye ? ». 

Pour ceux qui n’auraient pas compris le sens de cette question, la voilà ainsi reformulée : quelle FPI au scrutin de 2015 sans son principal « impulseur » Laurent Gbagbo ?

Ce serait en tout cas, un FPI considérablement diminué, fragilisé et vidé de ce qui faisait sa substance, sa véritable force de frappe et son repère.

C’est pour avoir très tôt compris cela que Alassane Ouattara et son compère Nicolas Sarkozy, alors président de la France, se sont empressés de déporter Laurent Gbagbo à la CPI aussitôt après l’avoir kidnappé. Et, c’est toujours dans cette même optique que le régime en place coure ça et là pour pousser le FPI aux élections, tout en sachant bien que des questions de fond restent en suspens.

Pousser le FPI à « abandonner » Laurent Gbagbo, pousser les ivoiriens, les gens du peuple à « ignorer » Laurent Gbagbo, c’est les amener à abdiquer, à abandonner l’inspirateur, le symbole de la lutte donc la lutte elle-même, la résistance contre les forces occultes en quête de matières premières minières, minéralières et énergétiques, et qui, pour ce faire, ne reculent devant rien pour assujettir l’Afrique et les africains. Et cela, les gens du peuple, par leur clairvoyance, l’ont déjà compris. C’est pourquoi, malgré tout, ils resteront toujours debout.

Marc Micael