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08/04/2013

Côte d’Ivoire – C’était donc pour ça ?

dao1.gifLa riposte – tant attendue - du régime Ouattara, suite au rapport accablant de l’ONG Human Rights Watch (HRW), n’a pas eu que pour effet d’avoir perdu inutilement du temps à l’opinion publique. Elle a aussi et surtout, réussi lamentablement à accoucher d’une souris. Peine perdue donc pour Kablan Duncan, porte-voix désigné pour la « défense » d’un régime au banc des accusés et dont l’image est, une fois de plus, gravement entachée. Peut-être aurait-il été – pour ce régime - plus sage de se taire et de tirer les leçons de cette énième dénonciation d’une ONG des droits de l’Homme, que de tenter maladroitement de se justifier.

N’empêche que cette malheureuse tentative de justification, telle que présentée, soulève une question encore plus préoccupante: le régime en place, est-il réellement en phase avec les contraintes du contexte socio-politique actuel en Côte d’Ivoire ?

Les bonnes intentions seules, ne suffisent pas

Il croyait si bien faire, en articulant la présentation de la « feuille de route » du régime autour de ce qu’il a appelé « triptyque » : 1. la paix et la sécurité ; 2. la réconciliation nationale et la cohésion sociale ; 3. la relance économique et la reconstruction post crise. Seulement, compte tenu du contexte qui prévaut, l’on aurait pu - sans risque d’être accusé de faire de la surenchère - y ajouter un quatrième point : celui des Droits Humains. Car les aspirations des populations ne sont pas qu’essentiellement d’ordre économique, elles sont aussi d’ordre social, politique...

La construction d’un Etat de droit – dont se targue très souvent Ouattara - ne doit-elle pas aussi tenir compte du facteur Droits de l’Homme ? Prenons le cas de la Chine. Elle est certes une grande puissance économique, mais pas pour autant une référence en matière de Droits de l’Homme. Ce qui lui vaut – à juste titre – les critiques fréquentes et acerbes.

Par ailleurs, si développement économique rime avec amélioration du bien-être, alors, à côté des indicateurs traditionnels, tels que le PNB ou le PIB, le développement économique et social moderne préconise que l’on prenne aussi en compte le respect des Droits de l’Homme. Ce qui n’est pourtant pas le cas en Côte d’Ivoire, avec les rapports si accablants des ONG des Droits Humains qui ne cessent de pleuvoir sur le régime en place depuis son avènement.

Alors, qu’il soit clair dans les esprits des uns et des autres que de simples promesses de « lutte sans merci (…) contre la corruption, contre la vie chère, contre les coupures d’eau et d’électricité, contre les embouteillages(…), contre les ordures ménagères, (…) mener une vie décente… », faites par Ouattara, ne suffiront pas. Tout comme ne suffisent pas les intentions de faire le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR) ; de réaliser la réforme de l’armée, de résoudre le problème de l’insécurité dans tout le pays, de réconcilier en mettant en place la CDVR rien pour amuser la galerie…

La sortie médiatique de Duncan, auréolée d’une panoplie de « bonnes intentions », ne répond pas franchement à la question des violations graves des Droits de l’Homme sur lesquelles le régime est interpellé. Il ne répond donc pas aux préoccupations des ivoiriens qui eux, souhaitent voir la cessation de ces violations de leurs droits et la mise en place d’une justice impartiale, équitable.

Un constat de terrain

Après les rapports accablants des ONG telles que Amnesty Internationale, la Fédération Internationale des Droit Humains (FIDH)…, à  propos des violations graves des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, c’est au tour de celui de Human Rights Watch d’enfoncer le clou. Un rapport de 82 pages intitulé «Transformer les discours en réalité : l’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves en Côte d’Ivoire». A propos de ce rapport, un confrère nous dit que « le ton est d’une rare virulence, le constat effroyable et la sentence sans appel : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas tenu sa promesse d’une ‘’ justice équitable et impartiale’’ ».

Ce rapport, vient à point nommé, dans la mesure où c’est un rapport de terrain qui prend en compte les préoccupations les plus profondes des populations. C'est-à-dire que les enquêteurs de l’ONG sont allés sur le terrain, y ont séjournés, ont pu constater par eux-mêmes les faits, ont vu l’ampleur de la situation, y ont recueillis des témoignages de personnes ressources qui ont parfois requis l’anonymat, comme l’indique le chapitre « méthodologie » du rapport. Contrairement à ces enquêteurs, on n’imagine bien que les communicants du régime, sans doute scotchés dans leurs bureaux cossus, ont rechigné à aller se « salir » sur le terrain, préférant écouter les ragots de leurs militants illuminés.

La sourde oreille face aux vraies préoccupations des populations, voilà ce qui explique cette piteuse sortie, en déphasage totale avec les réalités de l’heure en Côte d’Ivoire.

Faut-il rappeler dans le même temps, qu’au-delà des dénonciations, ces rapports préviennent notamment sur les risques plus graves qu’une nouvelle crise pourrait entrainer, alors que celle que vit actuellement le pays n’est pas encore réglée: « La Côte d’Ivoire est en effet loin d’être apaisée. (…) Mais le chantier est colossal. Les plaies de la crise post-électorale sont toujours saillantes ».

 

Les impératifs du contexte socio-politique ivoirien

 

Qui pourrait, en toute objectivité, nier qu’en Côte d’Ivoire, seuls les partisans de Laurent Gbagbo sont victimes d’une justice « à double vitesse » ? Ce n’est même pas un secret. Deux camps se sont affrontés : celui de Laurent Gbagbo et celui d’Alassane Ouattara. Il y eu, naturellement, des violations des Droits de l’Homme dans les deux camps. Pourtant, un seul camp, celui des pro-Gbagbo continue d’être victime de massacres, de tortures, d’arrestations massives, d’emprisonnements de responsables politiques et militaires..., ses partisans sont contraints à l’exil…

Mieux, les partisans de ce camp, se disent victime de la dictature du régime en place, les empêchant de faire usage de leurs droits fondamentaux: les libertés individuelles et collectives. Pour preuve, toutes les manifestations de l’opposition ont été, soit interdites, soit réprimées dans le sang. En guise de protestation, ils refusent de prendre part aux élections locales. On a pu mesurer l’impact de leur refus à participer à la vie politique du pays, sous prétexte que leurs revendications ne sont pas satisfaites, lors des élections législatives organisées, il y a quelques mois. Ces élections avaient en effet enregistré un très faible taux de participation.

L’ONG Human Rights Watch ne fait donc rien d’autre que de dire les choses telles qu’elles se présentent effectivement sur le terrain en Côte d’Ivoire. Allant jusqu’à interpeller, cette fois, la CPI et – fait nouveau – les partenaires au développement de la Côte d’Ivoire, à s’impliquer d’avantage car cette situation de : justice partiale, de promesses non tenues, est ce que le Directeur de cette ONG a appelé : «un réel problème ». C’est pourquoi il est urgent de créer les conditions d’une justice impartiale, équitable, devant aboutir à une réconciliation réussie et durable. Même s’il est vrai qu’il faut « laisser la justice faire son travail », il ne faut pas aussi oublier qu’il reste peu de temps avant les échéances électorales de 2015. Les mêmes causes produisant les mêmes effets...

En définitive, si le régime en place, persiste à faire la sourde oreille et à ramer à contre courant des préoccupations des populations, il y a lieu de s’interroger sur les raisons qui ont poussé son mentor Alassane Ouattara à suer sang et eau pour accéder au pouvoir, si c’est pour rester en déphasage total avec les aspirations profondes du peuple ivoirien. D’autres diraient : c’était donc pour cela que des gens ont pris les armes ? Et que l’usage de la force et la violence ont été préconisé pour résoudre un problème électoral ? C’était donc pour ça ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

 

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13/02/2013

CÔTE D’IVOIRE, LE TEMPS DU CAUCHEMAR

 

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Qui, mieux que l’adepte de la violence – lui-même - saurait en redouter les conséquences?

En Côte d’Ivoire, le RDR (Rassemblement Des Républicains), parti politique d’Alassane Ouattara, aujourd’hui au pouvoir, en sait certainement quelque chose. Et pour cause…

Un soir du 18 septembre 2002, la Côte d’Ivoire fut violemment agressée par une bande de rebelles armés. Curieusement, leurs mobiles s’apparentaient - de façon flagrante – à ceux dont le RDR avait fait son cheval de bataille. Notamment la xénophobie et l’exclusion. L’on se souvient même que le RDR avait demandé ouvertement à ces rebelles – avec à leur tête Soro Guillaume aujourd’hui au perchoir sous la bannière du RDR - de les rejoindre autour de cette cause commune. La violence venait de faire son entrée fracassante sur le terrain politique en Côte d’Ivoire.

De négociations en négociations, le pot aux roses fut découvert : il s’agissait en fait de prendre les armes pour que monsieur Ouattara, soit candidat aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire.

Cela n’a pas suffit. Les élections de 2010 furent l’occasion de parachever la sale besogne entamée depuis 2002 par cette coalition composée de rebelles (branche armée) et du RDR (branche politique).

Conséquences : plus de 3000 morts selon les chiffres officiels, sans compter le massacre perpétré par ces mêmes rebelles devenues Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) – substituées à l’armée régulière - à la solde de monsieur Ouattara - dans la région du grand ouest (Duékoué, Nahibly,…) comme l’atteste des Organisations de Défense des Droits de L’Homme dans leurs différents rapports.

Au sortir d’une élection controversée, qui a vu aux prises messieurs Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, la violence atteignit son paroxysme. Avec l’entrée en scène de l’armée française et de l’Onuci en soutien aux FRCI d’Alassane Ouattara, en lieu et place de discussions ou d’un recomptage des voix qui aurait préservé des milliers de vies humaines.

Aujourd’hui encore, est tenace le fait que nul n’a oublié les conditions et les circonstances suspectes qui continuent d’entourer « la victoire » de monsieur Ouattara à ces fameuses élections de 2010.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, est tenace - dans l’opinion publique – le fait que ce sont les armes qui se sont imposées et que bien après l’accession au pouvoir de monsieur Ouattara, ces mêmes armes continuent de semer la terreur au sein des populations. Des citoyens enlevés, injustement emprisonnés, séquestrés, torturés ou tout simplement exécutés, sous le règne d’Alassane Ouattara, pour divers motifs, notamment celui d’être partisans de Laurent Gbagbo, donc soupçonnés de façon arbitraire d’en vouloir au nouveau régime, sont pratiquement devenus des faits banals. L’opposition politique – en l’occurrence le Front Populaire Ivoirien (FPI) – est littéralement interdite de manifester ou victime de répressions, après qu’elle eut été amputée de plusieurs de ses leaders les plus représentatifs.

Les meetings organisés par cette opposition à Port Boüet, Yopougon-Ficgayo, à Bonoua, à Koumassi campement…, n’ont-ils été réprimés dans la violence et dans le sang ?

Aujourd’hui – plus que jamais - est tenace l’idée qu’en Côte d’Ivoire, si monsieur Ouattara et ses sbires continuent d’user de tant de menaces et de violences, s’ils continuent de mettre en évidence leur caractère répressif et tortionnaire en face de tout ce qui leur apparait comme revendications sociales ou manifestations de l’opposition, c’est qu’ils savent qu’ils n’ont pas convaincus pour être là où ils sont aujourd’hui.

Ils ont usé de violence pour atteindre leur but, ils craignent donc que cette même violence ne soit – en retour - utilisée contre eux. Eux qui, mieux que quiconque en savent plus sur les conséquences désastreuses de cette violence.

Alors comprenez bien que lorsque l’opposition projette, comme c’est actuellement le cas pour la Jeunesse du FPI (JFPI) – d’organiser un meeting, les « démons » du RDR - parti au pouvoir - se mettent en branle. Pour ce parti habitué aux violences, toute manifestation de l’opposition est perçue comme de la provocation, un plan visant à le renverser.

Pour les partisans de Ouattara, le meeting de la JFPI, prévue pour le 16 février prochain, est une « stratégie de provocation ». Ils précisent : « (…) au-delà de ce prétexte (exiger à Ouattara, la libération de Laurent Gbagbo, ndlr) il (Koua Justin, président intérimaire de la JFPI, ndlr) nourrit d’autres idées sombres qui n’ont rien à envier à une provocation ». Dans des allégations sans fondements, ils poursuivent : « (…) il  a ouvertement indiqué que ce mouvement de protestation, sera l’occasion de régler ses comptes avec les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et les Dozo en les défiant ».

« Régler ses comptes » ; « Défiant » ; « provocation », des termes qui ne trompent pas sur l’état d’esprit de leurs utilisateurs. Le régime Ouattara s’est d’ores et déjà mis en mode « contre-attaque ». Et comme d’habitude, cette histoire pourrait se terminer dans une violence inqualifiable. A moins que ce meeting ne soit une fois de plus, purement et simplement interdit.

Ainsi, ce n’est pas qu’une simple impression qui se dégage, après observation des agissements du régime en place. C’est même une certitude. Le régime d’Alassane Ouattara a une peur bleue du vrai jeu politique libéré et ouvert à tous. Celui qui consiste à laisser évoluer et s’exprimer tous les antagonismes politiques, selon l’art et les règles de la démocratie. Voilà le pire cauchemar de ce régime, pouvons nous dire.

Bien entendu, Ouattara et son camp peuvent soutenir que la Côte d’Ivoire est dans une période de «réconciliation ». Mais en même temps qu’ils le disent, ils posent des actes qui n’ont rien à avoir avec cette prétendue réconciliation. En continuant de traquer ça et là les exilés, partisans de Laurent Gbagbo ; en ne donnant aucune chance au dialogue opposition-gouvernement d’aboutir ; en ne donnant pas un libre accès aux média d’Etat ; en confisquant les libertés individuelles et collectives…, ils sont rattrapés par leur double jeu.

Malgré tout, pour ce régime, est  - justement - arrivé le temps de son pire cauchemar, le temps où le jeu politique – en Côte d’Ivoire - doit être nécessairement libéré. Passée la période des peurs et des angoisses. Ce régime, nourrit au lait de la violence saura-t-il – sans perdre la face – y survivre ? Le temps nous situera.

De même, si ce meeting de la JFPI ne saurait provoquer dans l’immédiat, la libération de Laurent Gbagbo, il est et reste- en lui-même – une prise à témoin de l’opinion nationale et internationale quant au complot fomenté contre la Côte d’Ivoire et aux agissements machiavéliques du régime Ouattara et de ses alliés occidentaux.

Ce meeting,  tel que projeté et quel qu’en sera l’issue, aura le mérite d’interpeller les uns et les autres sur ce qui s’est déroulé depuis  le 11 avril 2011 et qui continue d’avoir cours en Côte d’Ivoire. Afin que jamais l’on n’oublie ce pan de l’histoire de ce pays. Car l’oublie, c’est aussi la perte de son identité, un refus d’avancer dans l’histoire du progrès de l’humanité.

Enfin, les régimes aussi nihilistes et répressifs que ceux d’Alassane Ouattara, ont-ils jamais réussi à ébranler la détermination d’hommes et de femmes qui ont soif de liberté ? Interrogeons l’histoire.


Marc Micael

 


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09/02/2013

RDR, ces suspicions qui confirment l’illégitimité de Ouattara

Patriote et grevistes.jpg

Alassane Ouattara est-il l’homme qu’il fallait aux ivoiriens ? Est-il celui que les ivoiriens ont voulut se donner comme dirigeant pour travailler pour leur bien-être et celui de la nation ? Cette question n’est pas fortuite. Elle est même pertinente, au regard du déroulement récent de l’actualité ivoirienne.

Le RDR son parti politique, semble nous apporter la réponse, en tentant, de façon maladroite, de venir à la rescousse d’un régime pris dans le tourbillon du front social en ébullition. Le RDR, parti au pouvoir accuse le Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, principal parti d’opposition, d’être à la base des grèves intempestives déclenchées ces derniers temps. Des grèves auxquelles monsieur Ouattara n’arrive toujours pas à trouver des solutions. Lui qui s’est pourtant targué d’être la «solution pour la Côte d’Ivoire ».

« Grève générale annoncée dans les secteurs Santé et Education : ces pro-Gbagbo qui veulent paralyser le pays » ; « Grève à l’Eduction nationale et la Santé, le RDR accuse : c’est le FPI qui tire les ficelles », titrent respectivement ‘’le Patriote’’ et ‘’le jour plus’’, journaux proches du RDR, parti au pouvoir. Le quotidien  du RDR, ‘’La Matinale’’ abonde dans le même sens: « Revendications intempestives, vigilance ! Ces grèves ne sont pas innocentes ».

Comme si cela ne suffisait pas une conférence de presse est même donnée au siège du RDR par Joël N’guessan, porte-parole principal de ce parti. « C’est le FPI qui manipule ces syndicats », clame t-il. Alors que l’on s’attendait à ce qu’il apporte à l’opinion les preuves irréfutables que les leaders syndicaux ont des accointances avec le FPI duquel ils recevraient des ordres, à quoi avons-nous eu droit ?

A de la gymnastique intellectuelle pour justifier l’injustifiable. Pis à un exercice de falsification de l’histoire de la Côte d’Ivoire. « A l’époque, Gbagbo avait dit aux fonctionnaires qu’il ne leur donne rien. Le président Ouattara a décidé de leur donner un peu. Contre toute attente, ils entrent en grève. C’est la preuve que le mobile est purement politique», déclare t-il. Avant d’ajouter que les syndicats sont «(…) des groupements corporatistes animés essentiellement par des militants avérés de l’ex-parti au pouvoir », sans donner la moindre preuve de ses allégations qui sonnent comme de la délation dans le seul but de faire porter l’échec de Ouattara à Laurent Gbagbo. Encore et toujours les mêmes pro-Gbagbo !

Or, l’on sait très bien que ces grèves ne sont que le reflet d’une société ivoirienne en plein doute, en pleine déliquescence et en proie à une misère sociale sous le poids duquel elle étouffe. Ces fonctionnaires et agents de l’Etat qui ont le courage de crier leur ras-le-bol, ont bravés toutes sortes de menaces du régime en place pour manifester à la face du monde leurs souffrances - sans parler des milliers d’autres ivoiriens qui souffrent dans le silence et le dénuement total – représentent en effet, cette grande majorité d’ivoiriens et d’ivoiriennes déçus et indignés par la gestion approximative d’Alassane Ouattara.

Moins de deux ans auront suffi pour que la vérité rattrape celui qui est parvenu à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire à l’issue des bombardements de l’armée française sur la résidence officielle du Président Laurent Gbagbo.

Ainsi le RDR argue que tous ces ivoiriens qui revendiquent l’amélioration de leurs conditions salariales, donc de leurs conditions de vie, sont manipulés par le FPI !

Comme on peut le constater dans ce parti dont les liens avec la rébellion armée qui a défiguré le pays, la ligne rouge entre le terrain syndical et le terrain politique est vite franchit. Faute d’arguments. Preuve de leur incompétence, mais aussi de la panique qui s’empare d’eux subitement. Il faut y voir aussi dans ces sorties hasardeuses un aveu cinglant : leur mentor Alassane Ouattara souffre de son impopularité renforcée par ses carences en matière de gestion politique. Il doit  - d’une part - faire face non seulement à ses partisans déçus, à ceux qui naguère, portés par des considérations subjectives, ont cru en ce pseudo « messie ». D’autre part, il y a le reste des ivoiriens qui ne l’ont pas forcément soutenu et à qui il s’est pourtant imposé. Ceux-ci sont de plus en plus convaincus que monsieur Ouattara n’a aucune solution viable ni pour eux ni pour la Côte d’Ivoire. D’où l’inquiétude généralisée des ivoiriens quant à leur avenir avec un Ouattara plus enclin à plaire à ses parrains étrangers qu’à se soucier du bien-être des ivoiriens.

En fait, que valent-ils réellement, Alassane Ouattara et son parti politique le RDR sur l’échiquier politique ivoirien ?

54% avec ceux de son allié Konan Bédié, selon les chiffres de Youssouf Bakayoko. 32% à lui seul (sans les voix du PDCI), selon les chiffres du premier tour, contre 46% des voix pour Laurent Gbagbo seul, toujours selon les chiffres du sieur Youssouf Bakayoko. Des chiffres obtenus à l’issue d’un scrutin qui continue de susciter la polémique.

La Revue italienne « RESET », dans un article titré : « Laurent Gbagbo et le droit à la différence », dénonce les manipulations de la communauté dite « internationale » et révèle à propos de ce fameux scrutin présidentielle de 2010 : « Il était évident qu’organiser des élections en présence d’une rébellion armée dans le nord du pays qui a soutenu M. Ouattara comme candidat n’était pas un exercice électoral prometteur(…) ». Elle va plus loin en affirmant : « Plus de la moitié de ces organisations (les différentes missions d’observations ndlr) ont dénoncé les graves circonstances dans lesquelles les élections ont eu lieu dans le nord du pays sous contrôle rebelle ». On  peut aussi y lire : L’Union africaine, qui a vu deux de ses observateurs enlevés et libérés avec l’aide de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) écrit: «La mission a découvert avec regret des actes de violence avec une perte grave de la vie, de violations d’intégrité physique, d’enlèvements, intimidations, enlèvements et la tentative de destruction du matériel électoral. De nombreux éléments qui devraient être une préoccupation pour les organes compétents afin de déterminer l’impact global sur le résultat des élections.

Au final, à quoi avons-nous eu droit ? A une proclamation « solitaire » du sieur Youssouf Bakayoko, des résultats supposés être ceux des élections présidentielles au Q.G de monsieur Ouattara, suivie d’un largage de bombes françaises sur la résidence de Laurent Gbagbo, sa capture et son emprisonnement pure et simple.

Ainsi, devient chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara. Au forceps.

Et depuis, les ivoiriens n’ont de cesse de démontrer leur antipathie pour la nouvelle classe dirigeante qu’il incarne.

Les élections législatives qualifiées de « désert électoral », en passant par le fiasco du RDR aux récentes législatives partielles (zéro sièges sur six) et aujourd’hui le mécontentement social généralisé, interpellent plus d’un observateur sur l’ampleur de la crise socio-politique que traverse la Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, monsieur Ouattara, son parti politique le RDR et ses alliés – à court de « solutions » sont rattrapés par la dure réalité du terrain politique ivoirien dans lequel ils se débattent, pris qu’ils sont à leur propre piège.

Admettons un instant que tous ces grévistes soient effectivement « téléguidés » par le FPI, un parti que le régime disait pourtant mort et enterré. Alors le FPI, parti principal d’opposition aura brillamment réussi à fédérer cette importante frange d’ivoiriens autour de son leader Laurent Gbagbo au détriment d’un Alassane Ouattara qui ne les rassure guère.

Pourtant, la réalité est là, incontournable. Les grévistes réclament que ce qui leur a été promis par l’Etat de Côte et qui n’attendait que l’obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE, pour se traduire en actes, leur soit octroyé. Rien de plus.

Dans un Etat de droit, cela se discute dans un cadre apaisé et franc. En lieu et place de menaces à peine voilées et d’emprisonnements de grévistes.

Sur la question, Joël N’guessan, le porte-parole du RDR, soutien qu’après l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE), le gouvernement avait deux choix : augmenter tout de suite les salaires des fonctionnaires ou le reporter à plus tard, en faisant des investissements.

En tout état de cause, Ouattara est au pied du mur. Les ivoiriens le regardent et sont impatients de le voir tenir ses promesses. Ils doutent encore qu’il soit capable, comme il le  prétend, de mener à bon port le navire ivoirien. Aussi sont-ils convaincus que tout ce qui intéresse Ouattara, c’est de traquer et emprisonner les partisans de son adversaire Laurent Gbagbo lui-même déporté à la Haye où il est détenu depuis plus d’un an.

Ils sont de plus en plus nombreux, les ivoiriens qui se demandent bien à quoi ils peuvent encore s’attendre avec Alassane Ouattara, dont le régime dictatorial est aux abois.

Marc Micael

in ''Le Nouveau Courrier" N°722 du 09/02/2013

 

 

 

  

 

 

 

 

 

  

 

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29/01/2013

Traîtrise et ‘’galaxie’’ patriotique

Blé Goudé.jpg« Blé Goudé a-t-il trahi ? ». Voici « la question » qui continue de semer la zizanie au sein de ce que l’on a convenu d’appeler « la galaxie patriotique », ou encore « la galaxie des jeunes patriotes ». L’une des questions subsidiaires qui en découle est bien évidemment la suivante : « Y a-t-il eu ‘’deal’’ entre le régime Ouattara et Blé Goudé ? ».

Parce que Blé Goudé n’est pas « n’importe qui » dans le paysage politique ivoirien, parce qu’il fait partie des leaders qui, jusqu’à cette triste date du  11 avril 2011, ont continué à mobiliser « les troupes » pour faire barrage à l’imposture de la coalition franco-onusienne dont le but ultime était d’imposer un certain Alassane Ouattara au peuple ivoirien. Parce que Blé Goudé est le leader incontesté des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo…

Comment donc « ce » Blé Goudé, tout conscient qu’il est d’être « l’homme à abattre » d’un régime qui a juré d’avoir sa peau – régime auquel il a réussi, plus de deux ans durant, à échapper – a-t-il pu se faire arrêter et extrader dans des conditions tout aussi rocambolesques que faciles ? Pourquoi les autorités ghanéennes ne se sont-elles pas opposées -  comme ce fut le cas du ministre Koné Katinan – à son extradition « immédiate » ? Autant de d’interrogations qui confortent ses « compagnons » d’hier – de la ‘’galaxie’’ patriotique - devenus, du coup, ses détracteurs dans la thèse  du « deal ».

Blé Goudé aurait-t-il donc trahi ?

Cette question mérite que l’on s’y attarde et qu’au-delà même des passions. Que nous en faisions une analyse froide et objective. Non pas parce qu’il s’agit simplement de l’individu Blé Goudé, mais que cette énième arrestation d’un proche de Laurent Gbagbo a forcément un impact certain sur cette Côte d’Ivoire meurtrie, en quête de paix et de réconciliation.

Aussi, de peur de nous perdre dans des conjectures faciles et improductives, nous en tiendrons-nous aux faits, rien qu’aux faits. Quand bien même les partisans de la thèse du « deal Blé Goudé-Régime Ouattara » soulèvent dans leurs démonstrations, des suspicions légitimes, il est bon que chacun comprenne que jusqu’à ce que l’on ait les preuves irréfutables de « sa trahison », Blé Goudé bénéficie jusqu’ici – qu’on le veuille ou non -  de « la présomption d’innocence ».

Règlements de comptes entre Blé Goudé et ses « camarades » ? « deal » entre lui et le régime d’Abidjan… ? Que faut-il retenir par-dessus-tout ? C’est qu’une fois de plus le processus de réconciliation national – saboté par une justice à vitesse variable -  vient, une fois de plus, d’être mis à mal, aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

Car comment des dirigeants qui disent rechercher la paix et la réconciliation, peuvent-ils ramer contre-courant de ce qu’ils disent rechercher ? Il y a là absolument un amalgame voulu, doublé d’une incompétence notoire et d’un manque de véritable vision politique des nouvelles autorités ivoiriennes pour la Côte d’Ivoire. Toute chose que nous nous empressons de dénoncer ici.

Une justice à vitesse variable. Une justice nationale et internationale qui -  délibérément - ont décidé de ne punir que les partisans de Laurent Gbagbo, diabolisés à dessein. Pourtant nul ne peut soutenir – sauf s’il est animé d’une mauvaise foi – que le camp d’en face - celui d’Alassane Ouattara - est exempt de tout crime.

Alors, nous soutenons que, de deux choses, l’une : soit on applique – d’abord -  la justice. Mais une justice équitable pour tous, appliquée dans toute la rigueur de la loi. Soit, on se réconcilie – ensuite - tout simplement en faisant en sorte de réunir tous les fils et filles de la, Côte d’Ivoire, autour de leur patrie commune. Pour que démarre enfin, le vrai jeu politique et s’installe une véritable démocratie, gages de tous les progrès, sociaux, économiques et culturels.

Malheureusement, nous sommes bien loin d’un tel schéma. Le régime de monsieur Ouattara peine visiblement à mettre en place les mécanismes d’un Etat démocratique et véritablement de Droit. Il n’y a pas quatre chemins pour trouver les causes de cet état de fait : on n’impose pas un dirigeant indigne à un peuple, pour ensuite le spolier et l’embastiller de concert avec ce dernier. Ni par la force, ni par des coups foireux.

Voilà, le mal de la Côte d’Ivoire. Voici ce qui devrait être et rester l’objet de la lutte, menée par l’opposition ivoirienne, c’est à dire l’ensemble de la ‘’galaxie’’ patriotique et le Front Populaire Ivoirien (FPI), au-delà même de ses querelles intestines et des ambitions individualistes, certes inévitables, mais qui ne doivent en aucun cas, constituer un frein à son élan dans la lutte pour la reconquête du pouvoir.

Cela, l’excellent Théophile Kouamouo, le relève de fort belle manière lorsqu’il affirme : « L’opposition ivoirienne, naturellement menée par le Front populaire ivoirien (FPI), est engagée dans un combat dont elle ne maîtrise absolument pas les échéances les plus importantes. Le vrai enjeu pour elle est de maintenir et de renforcer ses outils idéologiques structurants. Ce n’est pas pour rien que le régime travaille au corps à corps le FPI, flattant certains hiérarques, jetant d’autres en prison pour faire place nette et obtenir une entrée au gouvernement qui serait, pour le coup, une véritable trahison. Dans quelle mesure ce travail patient porte-t-il ses fruits, crée-t-il de mortelles suspicions et des ambitions inavouables, entrave-t-il les nécessaires pressions destinées à contraindre le pouvoir à laisser libre cours à une activité politique normale et contradictoire ? Qu’est-ce qui relève, dans la diaspora, de l’activisme de positionnement ou de «défoulement», et qu’est-ce qui participe à éclairer les consciences sur la nature réelle de la dictature ivoirienne, à rallier les alliés objectifs, à faire bouger les lignes chez les autres ? Ces questions sont incontournables ».

En tout état de cause, cette ‘’galaxie’’ patriotique doit s’interroger d’avantage : à qui profite ces divisions ? A qui profite ces bruits de traitrise qui l’agite et disperse inutilement ses forces ?

Marc Micael

http://afriquemergente.ivoire-blog.com/

 

 

 

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26/01/2013

Traîtrise et ‘’galaxie’’ patriotique

 

 

 

Blé Goudé.jpg« Blé Goudé a-t-il trahi ? ». Voici « la question » qui continue de semer la zizanie au sein de ce que l’on a convenu d’appeler « la galaxie patriotique », ou encore « la galaxie des jeunes patriotes ». L’une des questions subsidiaires qui en découle est bien évidemment la suivante : « Y a-t-il eu ‘’deal’’ entre le régime Ouattara et Blé Goudé ? ».

 

Parce que Blé Goudé n’est pas « n’importe qui » dans le paysage politique ivoirien, parce qu’il fait partie des leaders qui, jusqu’à cette triste date du  11 avril 2011, ont continué à mobiliser « les troupes » pour faire barrage à l’imposture de la coalition franco-onusienne dont le but ultime était d’imposer un certain Alassane Ouattara au peuple ivoirien. Parce que Blé Goudé est le leader incontesté des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo…

 

Comment donc « ce » Blé Goudé, tout conscient qu’il est d’être « l’homme à abattre » d’un régime qui a juré d’avoir sa peau – régime auquel il a réussi, plus de deux ans durant, à échapper – a-t-il pu se faire arrêter et extrader dans des conditions tout aussi rocambolesques que faciles ? Pourquoi les autorités ghanéennes ne se sont-elles pas opposées -  comme ce fut le cas du ministre Koné Katinan – à son extradition « immédiate » ? Autant de d’interrogations qui confortent ses « compagnons » d’hier – de la ‘’galaxie’’ patriotique - devenus, du coup, ses détracteurs dans la thèse  du « deal ».

 

Blé Goudé aurait-t-il donc trahi ?

 

Cette question mérite que l’on s’y attarde et qu’au-delà même des passions. Que nous en faisions une analyse froide et objective. Non pas parce qu’il s’agit simplement de l’individu Blé Goudé, mais que cette énième arrestation d’un proche de Laurent Gbagbo a forcément un impact certain sur cette Côte d’Ivoire meurtrie, en quête de paix et de réconciliation.

 

Aussi, de peur de nous perdre dans des conjectures faciles et improductives, nous en tiendrons-nous aux faits, rien qu’aux faits. Quand bien même les partisans de la thèse du « deal Blé Goudé-Régime Ouattara » soulèvent dans leurs démonstrations, des suspicions légitimes, il est bon que chacun comprenne que jusqu’à ce que l’on ait les preuves irréfutables de « sa trahison », Blé Goudé bénéficie jusqu’ici – qu’on le veuille ou non -  de « la présomption d’innocence ».

 

Règlements de comptes entre Blé Goudé et ses « camarades » ? « deal » entre lui et le régime d’Abidjan… ? Que faut-il retenir par-dessus-tout ? C’est qu’une fois de plus le processus de réconciliation national – saboté par une justice à vitesse variable -  vient, une fois de plus, d’être mis à mal, aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

 

Car comment des dirigeants qui disent rechercher la paix et la réconciliation, peuvent-ils ramer contre-courant de ce qu’ils disent rechercher ? Il y a là absolument un amalgame voulu, doublé d’une incompétence notoire et d’un manque de véritable vision politique des nouvelles autorités ivoiriennes pour la Côte d’Ivoire. Toute chose que nous nous empressons de dénoncer ici.

 

Une justice à vitesse variable. Une justice nationale et internationale qui -  délibérément - ont décidé de ne punir que les partisans de Laurent Gbagbo, diabolisés à dessein. Pourtant nul ne peut soutenir – sauf s’il est animé d’une mauvaise foi – que le camp d’en face - celui d’Alassane Ouattara - est exempt de tout crime.

 

Alors, nous soutenons que, de deux choses, l’une : soit on applique – d’abord -  la justice. Mais une justice équitable pour tous, appliquée dans toute la rigueur de la loi. Soit, on se réconcilie – ensuite - tout simplement en faisant en sorte de réunir tous les fils et filles de la, Côte d’Ivoire, autour de leur patrie commune. Pour que démarre enfin, le vrai jeu politique et s’installe une véritable démocratie, gages de tous les progrès, sociaux, économiques et culturels.

 

Malheureusement, nous sommes bien loin d’un tel schéma. Le régime de monsieur Ouattara peine visiblement à mettre en place les mécanismes d’un Etat démocratique et véritablement de Droit. Il n’y a pas quatre chemins pour trouver les causes de cet état de fait : on n’impose pas un dirigeant indigne à un peuple, pour ensuite le spolier et l’embastiller de concert avec ce dernier. Ni par la force, ni par des coups foireux.

 

Voilà, le mal de la Côte d’Ivoire. Voici ce qui devrait être et rester l’objet de la lutte, menée par l’opposition ivoirienne, c’est à dire l’ensemble de la ‘’galaxie’’ patriotique et le Front Populaire Ivoirien (FPI), au-delà même de ses querelles intestines et des ambitions individualistes, certes inévitables, mais qui ne doivent en aucun cas, constituer un frein à son élan dans la lutte pour la reconquête du pouvoir.

 

Cela, l’excellent Théophile Kouamouo, le relève de fort belle manière lorsqu’il affirme : « L’opposition ivoirienne, naturellement menée par le Front populaire ivoirien (FPI), est engagée dans un combat dont elle ne maîtrise absolument pas les échéances les plus importantes. Le vrai enjeu pour elle est de maintenir et de renforcer ses outils idéologiques structurants. Ce n’est pas pour rien que le régime travaille au corps à corps le FPI, flattant certains hiérarques, jetant d’autres en prison pour faire place nette et obtenir une entrée au gouvernement qui serait, pour le coup, une véritable trahison. Dans quelle mesure ce travail patient porte-t-il ses fruits, crée-t-il de mortelles suspicions et des ambitions inavouables, entrave-t-il les nécessaires pressions destinées à contraindre le pouvoir à laisser libre cours à une activité politique normale et contradictoire ? Qu’est-ce qui relève, dans la diaspora, de l’activisme de positionnement ou de «défoulement», et qu’est-ce qui participe à éclairer les consciences sur la nature réelle de la dictature ivoirienne, à rallier les alliés objectifs, à faire bouger les lignes chez les autres ? Ces questions sont incontournables ».

 

En tout état de cause, cette ‘’galaxie’’ patriotique doit s’interroger d’avantage : à qui profite ces divisions ? A qui profite ces bruits de traitrise qui l’agite et disperse inutilement ses forces ?

 

Marc Micael

 

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16/01/2013

Mali, nous n'y croyons pas

 

Soldats français.jpgLa France en Libye, en Côte d’Ivoire…, la France, encore la France. Au Mali cette fois. Elle y a déployé l’artillerie lourde. Sauve-qui-peut chez les islamistes armés, surpris par une intervention française si prompte, si résolue…

La France et son indéfectible « amour » pour notre « pauvre » Afrique, un amour si envahissant !

La main sur le cœur, la France s’est toujours précipitée au chevet de nos Etats africains « agonisants ». Sans changer un seul iota à son refrain : « rétablir la démocratie, lutter contre l’injustice, sauver l’humanité, lutter contre le terrorisme…, ». Pourtant… après son passage, il n’y a que chaos et confusion.

C’est pourquoi, nous autres africains, témoins privilégiés, des agissements de cette France, puissance coloniale, nous, observateurs avertis de ses passages remarquables et remarqués, nous ne nous laisserons pas séduire. Non, nous n’applaudirons pas les actions d’éclat de la France. Ni aujourd’hui au Mali, ni demain, ailleurs sur le continent.

Quoique son intervention pour stopper l’avancée des islamistes radicaux sur Bamako, la capitale aura permis d’éviter des pertes en vies humaines, nous le reconnaissons certes. Tout le mérite de cette intervention se trouve-là. Pas plus.

D’ailleurs, l’on aurait évité d’en arriver-là. D’en avoir recours à une intervention occidentale, notamment française. Si nous, africains avions accepté de prendre nos responsabilités an anticipant sur les évènements. Mais hélas, mille fois hélas. L’Afrique et ses tares ! Son manque de volonté réelle de s’affranchir du joug colonial, ses atermoiements, son laxisme démesuré… Tout ceci, les uns dans les autres a contribué à faire le lit des occidentaux, notamment de la France.

La France, cette puissance en pleine désuétude envers laquelle nous africains restons pourtant obligés et invariablement redevables. La France qui se permet – et à qui nous permettons aussi - de jouer « les gendarmes » sur le continent avec en toile de fond, des intérêts – ses intérêts - aux contours volontairement flous...

On peut le dire, le Mali, aujourd’hui, est entre peur et espoir. L’espoir de voir les agresseurs renoncer à leurs projets de déstabilisation. Mais aussi et surtout la peur de voir la guerre s’éterniser et la France s’accaparer plus de « droits » qu’elle n’en avait, en sa qualité de « super-défenseur » du Mali. Mettant du coup en péril la souveraineté (si du moins il n’en a jamais eu) du Mali.

Ainsi, sitôt le ouf de soulagement poussé, nous envahit cette sensation de honte. Honte de nous-mêmes. Honte d’être si impuissants, honte d’étaler nos tares africaines au vu et au su du mon entier. Le Nigéria dit ne pas être prêt. Les voisins nigériens, sénégalais…, n’en disent pas mieux. L’armée Malienne quant à elle, est devenue subitement inexistante. Afrique indigne !

La France, encore et toujours la France en expédition chez nous en Afrique. Alors surgit des souvenirs douloureux. Hier en Côte d’Ivoire, en Libye, au Rwanda... aujourd’hui au Mali. Et ensuite ?

Après, nous saute en plein visage, la question lancinante de la « reconnaissance » envers la France, cette France conquérante en terre africaine. Parce que nous avons failli. Parce que nous, éternels africains assistés, nous voulons faillir.

Faut-il y croire ? Faut-il accorder du crédit aux propos de monsieur Holland, représentant français, quand il clame haut et fort, au sujet du Mali que « la France n’a d’autre but que la lutte contre le terrorisme » ?

En fait, pour qui lutte l’armée française ? Pour qui est-ce qu’un soldat français irait-il risquer sa peau, donner sa vie ? Pour sa patrie, la France, bien entendu. Aucun soldat ne dira le contraire.

Toute nation qui combat, combat d’abord et avant tout pour ses propres intérêts, secret de polichinelle. En voici l’axiome : « les pays n’ont pas d’amis… ». Les entreprises françaises implantées au Mali, sont des intérêts français. Les ressortissants français vivants au Mali, sont des intérêts français. Le pays lui-même, ex-colonie française, est un intérêt français. Qu’aurait pensé l’opinion publique française si ces intérêts étaient mis à mal ? C’est là qu’il faut aussi chercher et rester vigilants par-dessus-tout.

Au-delà de notre indignation, quoiqu’impuissants – si du moins, nous voulons le rester – force est de reconnaitre que le Mali, pays naguère « vitrine de la démocratie africaine », est inexorablement, en pleine décomposition avec tous ces évènements malheureux se succédant en cascades, dont on saura tôt ou tard ceux qui en tirent les ficelles.

Et ce n’est ni l’usage des armes pour la prise du pouvoir, ni l’intervention militaire française qui y changeront grand-chose.

Marc Micael

zemami1er@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

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09/01/2013

Côte d’Ivoire, Ouattara est là, le malheur aussi

 

Ouattara le malheur.jpegDu l’angoisse et même du dégoût. Ce sont des sentiments que l’on ne peut s’empêcher de d’éprouver face à cette vagues de malédictions, que dis-je, de malheurs qui s’abattent sur la Côte d’Ivoire, depuis qu’un certain Alassane Ouattara est au pouvoir.

Du « plongeon » d’un bus de la Sotra dans la lagune Ebrié, en passant par les innombrables incendies, pour enfin en arriver à « la bousculade de la Saint-Sylvestre » (pour ne citer que ces catastrophes-là)…, disons-le tout net, la « bousculade des feux d’artifices » est un acte terroriste et un crime odieux perpétré par l’irresponsabilité de ceux qui ont pataugé dans le sang des ivoiriens pour se hisser aujourd’hui au pouvoir.

Ici, comme toujours, le crime porte un nom et une marque déposée: Alassane Ouattara. Les exécutants sont connus : les extrémistes pro-Ouattara, qui ignorent tout du concept de « l’ordre et de la discipline ». Des milliers de voyous surchauffés à blanc, certainement sous l’effet de substances hallucinogènes, venus des sombres quartiers de la capitale, ont – certainement - voulut se faire remarquer. Et de quelles manières ? Résultat : plus d’une soixantaine de personnes « massacrées », femmes et enfants compris.

Du temps où « le général » Blé Goudé organisait ses rassemblements, jamais l’on a assisté à pareil drame !

Mais voilà nos amis au pouvoir rattrapé par leur propre incompétence. En lieu et place de la sensibilisation, l’éducation et la formation de leurs militants, ils ont plutôt passé leur temps – aveuglés - à ruminer leur haine viscérale contre Gbagbo et le FPI.

Voici donc l’image de leur mentor, fragilisée, lui aussi par sa propre incompétence, rattrapé par 10 ans de coups fourrés, submergé par son pacte inique avec des assassins rebelles. Le voilà mains et pieds liés par une alliance démoniaque avec les prédateurs de l’Afrique.

A quoi bon fatiguer nos méninges à apporter, à ces personnes qui se refusent à accepter et à comprendre qu’ils sont mis à nu ? A quoi bon ? A quoi bon nous fatiguer à répondre à leurs élucubrations ?

Tout se résume pourtant en cette simple question : « A qui profite le crime ? ». Certainement à ceux pour qui, la vie humaine n’a aucun sens. A ceux qui n’ont pas hésité pour leurs ambitions iniques de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel, à fermer les banques, à empêcher les médicaments de soigner les malades agonisants dans les lits d’hôpitaux, à ouvrir le feu sur des jeunes ivoiriens aux mains nues dans les rues… Des mauvaises langues vont jusqu’à dire que ces crimes répondent à des besoins de sacrifices humains, confirmant que nous sommes bien en Afrique, l’Afrique et ses mystères…

La Côte d’Ivoire ressemble donc à un navire qui tangue dangereusement dans des eaux maléfiques, avec aux commandes, un capitaine « maudit ».

Comme toujours, la question centrale – à ne surtout pas oublier - est la même : « Comment en sommes-nous arrivés là ? ». Comment sommes-nous – pratiquement -  parvenus à ce stade de chaos et de malheur avancé ? Car le malheur est là, sous nos yeux, dans notre quotidien : Alassane Ouattara.

Face à tout ceci : l’ivoirien est angoissé, terrifié. Il n’a plus confiance en « ses dirigeants », en « ses hommes politiques ». C’est même peu de dire qu’il est déçu. Car les nouvelles ne sont pas bonnes, non, pas du tout. Et l’avenir s’annonce ombrageux, avec en perspective des circonstances plus dramatiques encore.

Des dirigeants indignes, sensés ramener le calme, l’apaisement et la quiétude, mais qui malheureusement étalent leurs  lacunes et leur incapacité. Quoi de plus normal que le malheur s’abatte ainsi sur la Côte d’Ivoire !

Vous avez dit « solution » pour la Côte d’Ivoire ? Dites plutôt « malédictions» pour la Côte d’Ivoire.

Marc Micael

 

 

16:49 Publié dans La Riposte | Lien permanent | Commentaires (1)