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10/07/2013

Après six jours dans le nord, les dérapages d’une visite

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Il vient d’achever sa visite d’Etat dans le district des savanes. Au-delà de quelques pistes rénovées à la hâte, de quelques dons offerts par sa « first lady » en manque de popularité et, bien sûr, des éternelles promesses dont la réalisation restent toujours hypothétiques, notons que la visite d’Alassane Ouattara aux braves populations du nord de la Côte d’Ivoire, aura laissé plus d’amertume qu’un sentiment de confiance et de sérénité retrouvée, à tous ceux qui auraient cru que cet homme avait – le temps aidant – abandonné son costume de chef de parti politique pour se revêtir de celui de président de la république de tous les ivoiriens. Tous, se seront donc lourdement trompés.

Ainsi, la question qui découle finalement et de toute évidence d’un tel constat est celle-ci: Alassane Ouattara est-il – pour les ivoiriens - un rassembleur ?

Il aura fallut  d’abord déjouer le piège des effets spéciaux de la visite: l’important déploiement de  la grosse artillerie de moyens financiers, humains et matériels pour impressionner les populations et pour faire croire que les choses bougent ; les discours creux invitant ou exhortant au pardon… Il aura fallut « enjamber » tout ce mirage, pour ensuite, prêter une oreille attentive au véritable message: celui de la division.

L’on notera ainsi qu’au cours de sa visite au nord, Alassane Ouattara s’est – volontairement - rendu coupable de graves dérapages qui mettent d’avantage à mal la cohésion sociale. Bien plus qu’elle ne l’est déjà. Deux faits majeurs requièrent notre attention :

Les injustices supposées contre les nordistes

« Le nord n’a pas eu sa part de contribution à l’effort national » déclarait d’entrée Alassane Ouattara, lors de son deuxième meeting dans le district des savanes. Que cache une telle affirmation, sinon jeter l’opprobre sur ses prédécesseurs qui ne sont autres que Félix Houphouet Boigny, Konan Bédié et Laurent Gbagbo ? Ce qui laisse donc à supposer que ces précédents chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire, ne se sont guère occupés – comme il se devait – de cette région de la Côte d’Ivoire. Du coup, c’est aux populations du cette région qu’il semble dire : « Voyez, vous avez participé à l’effort pour construire ce pays, mais vous n’avez pas bénéficié de vos efforts. Personne ne s’est préoccupé de vous. Vous avez été délaissées au profit des autres régions». Voilà en substance le sens d’une telle déclaration. Son objectif, de toute évidence, ne peut être que créer chez ceux qui l’écoutent, le sentiment d’avoir été victime d’injustice, pour ne pas dire d’une certaine exclusion.

« Exclusion », le mot est lâché. Voilà le fameux mot qui se cache derrière cette déclaration d’Alassane Ouattara. Un mot qu’il n’a pas osé prononcer, mais qui signifie  à ses yeux: exclusion des ressortissants du nord au motif qu’ils seraient moins ivoiriens que les autres ; exclusion de la vie socio-politique et du développement économique des nordistes ; exclusion…, ce mot qui, durant plusieurs années aura été l’un des piliers de la politique déstabilisatrice du RDR, le parti d’Alassane Ouattara.

Mais Ouattara, comme pour étayer sa thèse sur les supposées injustices subies, par nos parents nordistes, ajoute: « Les populations du nord qui ont accepté tant d’injustices par la passé, doivent accepter le pardon ».

Certes, le nord, contrairement aux autres régions de la Côte d’Ivoire, ne dispose pas de terres aussi arables que ses voisins du Sud, de l’Ouest ou de l’Est. On n’a donc assisté, des dizaines d’années durant, à un exode massif de ces populations vers les autres zones de la Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ne faut-il pas aussi dénoncer l’attitude de certains cadres du nord qui préfèrent « s’expatrier » dans les autres régions de la Côte d’Ivoire, délaissant ainsi leur propre région ?

Au lieu de livrer ses prédécesseurs à la vindicte populaire, il aurait été sage pour Alassane Ouattara d’exhorter – non sans insistance – les ressortissants de cette région, notamment les cadres, à investir et à s’investir concrètement dans leur propre région.

D’ailleurs, doit-on  accorder d’avantage de crédit à de tels propos quand on sait que finalement - pour ceux qui connaissent bien cette région - les chiffres annoncés pour démontrer le fameux « retard accusé par le nord », sont franchement discutables? Le nord est-il vraiment « un désert - crée par la seule volonté politique de ses prédécesseurs – dans un oasis » comme tente de le faire croire Alassane Ouattara ?

L’apologie de la rébellion armée

Depuis 2002, Soro Guillaume et sa bande armée de rebelles, ont tué des ivoiriens. Ils ont versé du sang humain. Ils ont massacré des ivoiriens, des civils, des militaires, égorgés des enfants, des femmes. Ils ont brûlés vifs, fusillés, cassés, pillés, détruits.., bref, ils ont semé mort et désolation sur leur passage, durant plusieurs années. Prétextant lutter pour la cause des ressortissants d’une seule et unique région de la Côte d’Ivoire: ceux du nord. Le peuple ivoirien tout entier en garde encore les stigmates et le douloureux souvenir. Comment alors appeler autrement Soro et ses hommes, sinon des criminels ?

Or, c’est justement à ces assassins et à leur chef, que Ouattara adresse ses remerciements publics pour leur « œuvre », ou disons-le tout simplement, c’est à eux qu’il rend un hommage appuyé en déclarant : « Soro Guillaume s’est battu pour que les populations du nord puissent retrouver leur dignité par la nationalité ivoirienne ».

Cette attitude qu’a eue Alassane Ouattara, de faire ainsi l’apologie de la rébellion armée, n’est-elle pas de nature à encourager, plutôt qu’à décourager tous ceux des autres régions de la Côte d’Ivoire qui se sentiraient eux-aussi « exclus » ou « victimes d’injustices », un jour ou l’autre ? Est-ce là l’attitude d’un démocrate – soucieux de la paix et de l’unité - que d’encourager la résolution d’un problème politique par les armes ? Non. Sinon, Alassane Ouattara n’aurait pas achevé de nous convaincre qu’il n’en n’est pas un, en ajoutant : « Ferké connait bien sûr un jeune (Soro Guillaume, ndlr) qui a grandi ici, qui a fait le petit séminaire à Katiola, qui a fait preuve d’un courage exceptionnel. Bien sûr, il a estimé à un moment donné que, nous les anciens, nous étions engagés dans une voie qui peut-être allait prendre trop de temps pour faire aboutir notre combat ». D’autre part, ne faut-il pas aussi chercher les causes du fameux « retard », dans l’occupation de cette partie du pays par une rébellion armée, dont les intérêts égoïstes ont - de tout temps -  contrastés avec ceux des paisibles populations de cette région ?

Les ivoiriens sont certes des gens paisibles et fiers de leur pays. Mais ils sont loin d’être des ignares. De tels dérapages, de la part d’un homme se faisant passer pour leur chef, c'est-à-dire, celui qui doit être à même de les souder autour des idéaux de la nation et de l’unité nationale, ne seront pas passés inaperçus.

De toute évidence, peut-on encore croire que cet homme ait pu se débarrasser de son discours tribal et religieux, depuis son accession au pouvoir : « Je suis musulman et du nord » ? 

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

 

 

04/06/2013

Laurent Gbagbo, l’homme qui fâche ?

PrGbagboCpi.jpgDécidément, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Laurent Gbagbo continue de déchainer les passions en Côte d’Ivoire, en Afrique et bien au-delà des frontières du continent noir.

Tout récemment encore, comme il fallait s’y attendre, la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre et, il était – une fois de plus – à la une de la presse nationale et internationale. Tous les quotidiens nationaux – notamment - de quelque bord qu’ils soient, tous sans exception, se sont rués sur le sujet de « l’ajournement par la CPI (cour pénale internationale) d’un éventuel procès contre Laurent Gbagbo ». Ce qui souligne très clairement l’intérêt particulier accordé au sort du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen par l’opinion publique, surtout par l’ensemble des ivoiriens.

L’on se souviendra, que Laurent Gbagbo a été déporté, par les soins d’Alassane Ouattara à la CPI, depuis bientôt près de deux ans. Depuis lors, la Côte d’Ivoire, défigurée par une crise sans précédent peine à trouver le chemin de la réconciliation nationale. Pire, la fracture sociale s’accentue, la méfiance est généralisée et nombreux sont les ivoiriens pro-Gbagbo et pro-Ouattara qui se regardent de plus en plus en chien de faïence.

Dans un tel contexte, alors que des proches de Ouattara, auteurs de crimes graves sont en liberté et continuent de bénéficier d’une espèce de « droit à l’impunité », l’on se demande si la détention de  Laurent Gbagbo à la Haye  – n’est pas – justement – un prétexte qui exacerbe la division en Côte d’Ivoire ? En d’autres termes - le sort de Laurent Gbagbo n’est-il pas le sujet qui fâche en Côte d’Ivoire, donc un facteur incontournable pour la réconciliation si indispensable pour l’avancée ce beau pays?

Peut-être, est-ce pour en avoir pris conscience que les juges de la CPI ont renvoyés la procureure Fatou Bensouda à revoir sa copie ? « Cours nous ramener des preuves supplémentaires et tâche de mener une enquête plus approfondie, avant que nous ne nous prononcions sur la confirmation ou non des charges présentées contre Laurent Gbagbo ». Voici en substance comment l’on pourrait résumer la recommandation des juges de la CPI à la procureure vis-à-vis du dossier Laurent Gbagbo.

Peut-être, la récente accusation contre la CPI de pratiquer « une sorte de chasse raciale », vertement lancée par le président en exercice de L’UA (Union Africaine), a-t-elle douchée l’ardeur de cette Cour dont le zèle n’est plus à prouver lorsqu’il s’agit des dossiers concernant des africains?

La décision de la CPI doit interpeller

Pratiquement deux ans pour en arriver à la conclusion qu’il faille à l’accusation « fournir des preuves supplémentaires » ou « mener une enquête plus approfondie ». En des termes plus clairs, disons: tout ce temps que fanfaronnait sur tous les toits dame Fatou ; tout ce temps perdu pour en arriver au triste constat que les preuves recueillies par l’accusation contre Laurent Gbagbo ne sont pas suffisantes et que l’enquête non plus a été – c’est le cas de le dire - bâclée.

Mais au-delà du manque d’éléments substantiels au dossier de l’accusation de la procureure de la CPI, n’est-ce pas le régime d’Abidjan dont Alassane Ouattara est le maitre absolu qui est ici interpellé ? Et pour cause…

L’on a encore en mémoire que dès leur arrivée au pouvoir, Alassane Ouattara et ses hommes de main, emportés par l’euphorie et la vengeance, se sont aussitôt lancés dans une sorte de chasse aux sorcières aveugle et tous azimuts contre les partisans présumés de Laurent Gbagbo. Plusieurs ONG des Droits de l’Homme sont alors montées au créneau pour dénoncer : « des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes d’extorsion,  des traitements inhumains et, dans certains cas, des actes de torture perpétrés par les Forces républicaines (FRCI) à l’encontre de partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ». Dans la même foulée, ces ONG ont aussi dénoncé ce qu’elles ont décrit comme: « L’impunité qui caractérise le camp pro-Ouattara qui ne tient pas ses promesses d’appliquer la même justice pour tous ». Aujourd’hui encore, les chiffres collectés sont alarmants. Ils font état de près de 703 prisonniers dans les geôles de la ouattarandie et plus de 80.000 refugiés hors de la Côte d’Ivoire...

Devant un tel constat, la question est - à l’image de ce qui se passe à la CPI – la suivante: a-t-on pensé un seul instant, avant d’engager cette croisade à relent meurtrière et à caractère épuratoire ? A-t-on eu suffisamment de preuves ou, a-t-on mené des enquêtes crédibles et approfondies pour en arriver à animaliser une partie de la population ivoirienne parce que celle-ci était supposée soutenir Laurent Gbagbo ?

Comme on peut le voir, l’empressement à neutraliser son adversaire le plus farouche et ses partisans, afin de diriger tranquillement, l’a emporté chez Alassane Ouattara. Conséquence: il se retrouve aujourd’hui dans la plus mauvaise des postures pour prétendre réconcilier les ivoiriens.

Et pour preuve, la réconciliation en Côte d’Ivoire n’a jamais décollé d’un seul iota sous Ouattara. Même si ce dernier s’en défend en prétextant – depuis sa visite à Tokyo -  qu’: «il ne faut pas confondre la réconciliation entre les Ivoiriens et les relations entre partis politiques », tout en se dissimulant derrière le facteur temps : « Quand il y a eu des crises aussi fortes, comme en France et en Europe après la Seconde Guerre mondiale, ou aux Etats-Unis après la guerre de Sécession, combien d'années a-t-il fallu pour une vraie réconciliation? ». Faudrait avoir une parfaite ignorance du terrain ou de l’état d’esprit des ivoiriens pour affirmer de telles choses. De même, le temps n’est rien en lui-même s’il n’est pas mis à profit pour poser des actes concrets et salvateurs. Ce qui ne semble pas être actuellement le cas en Côte d’Ivoire depuis avril 2011.

La détention de Laurent Gbagbo: un facteur d’exacerbation de la fracture sociale

« Une justice impartiale doit être la base de la réconciliation », disait – visiblement désabusé – l’ex-patron de l’Onuci (organisation des nations unies en Côte d’Ivoire), certainement à l’endroit des dirigeants ivoiriens, avant ses adieux à la Côte d’Ivoire. Et, il n’a pas tort.

Faut-il encore se le cacher ? En Côte d’Ivoire, les conflits meurtriers qui ont précédés le changement de régime et les représailles qui l’ont succédés ont consacré – certes - une  scission de fait entre ivoiriens pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Mais le plus triste est que depuis son arrivée, Alassane Ouattara n’a fait qu’ « institutionnaliser » ce que de nombreux rapports d’ONG de Droits de l’Homme ont dépeint comme: « la loi des vainqueurs », tout en soulignant que : « Laurent Gbagbo est, pour l'heure, le seul acteur de la crise post-électorale ivoirienne à faire face à la justice internationale » et en déplorant qu’ « Aucun responsable militaire du camp Ouattara, connu pour avoir commis des crimes contre l’humanité ou des atrocités, n’a été poursuivi, arrêté ou ne fait l’objet d’enquête ». Ces ONG ne manquent surtout pas de rappeler qu’Alassane Ouattara avait pourtant affirmé au cours d'une conférence de presse donnée au siège de l’ONU, à New York en juillet 2011 : « Il n'y aura pas d'exception. Les Ivoiriens seront traités de façon égale, spécialement dans la partie ouest du pays où beaucoup de gens ont été tués. Ceux qui ont commis des crimes feront face aux juges. Pas d'exception, nous sommes très clairs là-dessus ».

Ainsi, le sort de Laurent Gbagbo, est-il perçu comme l’exemple frappant de la justice sélective orchestrée par Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo est – pour ainsi dire – le porte-étendard de ses partisans, victimes de la politique ouattariste ; l’homme dont ils ont épousé le combat, celui à cause duquel ils sont massacrés, emprisonnés, torturés, marginalisés, contraints à l’exil…, bref, celui dont le sort est quasiment lié au leur.

En Côte d’Ivoire, « la question Laurent Gbagbo » fâche très souvent. On n’évoque pas ce nom sans – quelques fois - déchainer les passions diverses, sans les exacerber dans un camp comme dans l’autre. Preuve que Laurent Gbagbo est et demeure au cœur du processus de réconciliation nationale.

En tout état de cause, quelle conclusion peut-on tirer de ce fâcheux constat qui risque fort de conduire la Côte d’Ivoire – si l’on n’y prend garde - vers le scénario rwandais?

Sinon reconnaitre en toute objectivité que la fracture sociale, les divisions religieuses et ethniques, les haines, la méfiance, les rancœurs, les velléités de vengeance entre ivoiriens…, iront en s’aggravant d’avantage, tant que le régime en place continue de faire l’apologie d’une justice des vainqueurs, pilotée en sous-main par des puissances occultes, dont l’objectif inavoué est de mettre « hors d’état de nuire » tous ceux oseraient commettre le crime de lèse-majesté de contester leur hégémonie, c'est-à-dire l’ordre mondiale pré-établie par elles.

Dans cette dernière perspective, Laurent Gbagbo, ce digne fils africain, déporté à la CPI, n’apparait-il pas alors comme une victime de la machine meurtrière lancée contre toute velléité panafricaniste ? Sauf que cette fois et contrairement à ses prédécesseurs, au lieu d’une mort atroce dans une cuve d’acide, ou d’une balle plantée à bout touchant dans le crane, ces esclavagistes d’une nouvelle ère, ont préféré le jeter pour le restant de ses jours dans leurs geôles infectes afin qu’il se perde à jamais dans les méandres de l’oubli de l’humanité.

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

27/05/2013

FPI-PDCI : jeu en eaux troubles

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Depuis quelques temps, les deux partis politiques que sont le FPI (Front Populaire Ivoirien), principal parti d’opposition et le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire), se livrent – c’est le cas de le dire – à un jeu des plus troublants.

D’un côté, on lance un appel sans vraiment aller vers son destinataire. De l’autre, on se fait désirer, en n’osant dire clairement « oui » ou « non ». Naturellement, un tel schéma ne peut qu’ouvrir une voie royale à toutes sortes de supputations et de sous-entendus, dont des esprits mal inspirés pourraient se servir.

Certes le jeu d’alliances fait partie du jeu politique. Mais très souvent en Afrique, ces alliances entre partis politiques, finissent par se muer en guerres de tranchées entrainant parfois avec elles les différents groupes ethniques « affiliées » à ces partis.

En Afrique, même si, la démocratie est le principal système politique adopté par nos jeunes Etats au sortir de la colonisation, soit plus d’une cinquantaine d’années plus tard, l’on s’accorde à dire que des progrès restent encore à faire, notamment dans le domaine de l’éducation des populations à la culture politique et démocratique, de sorte à éviter les fréquentes guerres dont l’enjeu majeur est le contrôle du pouvoir, preuve que la politique n’est toujours pas le jeu noble qu’il devrait être et que nous devons sans cesse veiller à ce qu’il n’y ait pas de débordements en la matière.

Par ailleurs, si l’on s’accorde à admettre que la politique est un jeu, voire un art, elle ne peut l’être pleinement et réellement que lorsqu’elle se déroule entre personnes consciencieuses et soucieuses du respect des règles. Or, dès lors qu’il y a violence et mort d’hommes, peut-on encore parler de jeu politique ?

En Côte d’Ivoire, l’élection présidentielle de 2010, et son corollaire d’alliances entre partis politiques, ce que l’on a cru être de la politique nous a conduit à un chaos sans précédent. Un chaos si profond que les mémoires en sont encore fraiches: fracas de tirs lourds et nourris ; bruits de chars, de canons et d’hélicoptères de combat ; nuits effroyables ; déluges de feu ; cris, pleurs et douleurs ; cœurs battants la chamade ; rues souillées de sang et de cadavres en putréfaction, psychose générale…

C’est pourquoi, l’histoire douloureuse et récente de ce pays commande à chacun d’avoir un regard attentif sur toutes les tractations de nos hommes politiques et surtout, elle nous amène à exiger d’eux, franchise, clarté et transparence, tant que demeure au centre de ces tractations, l’avenir des populations et du pays qu’ils aspirent à diriger.

Cela nous pousse donc à nous intéresser de près, à l’appel lancé par le FPI au PDCI. Quelles peuvent en être les enjeux pour les différents acteurs impliqués, mais aussi et surtout pour un pays ravagé par plusieurs décennies de crises et trimbalé en eaux troubles par un « capitaine » pratiquement dépassé par l’ampleur de la tâche?  Que peuvent encore espérer les ivoiriens d’une nouvelle « combinaison » d’alliance, là où les précédentes ont lamentablement échoué ?

Enjeux pour le FPI

Extrait de l’appel du FPI au PDCI : « (…) Frères et sœurs du PDCI, le moment du grand sursaut national est venu. Resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs. Rassemblons-nous, pour défendre la Nation en péril. Nous n’avons que cette Patrie, alors défendons-là ensemble, au risque de disparaître tous ensemble, quand l’on nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous ».

« Défendre la Nation en péril », ainsi pourrait se résumer l’appel du FPI au PDCI. Mais au-delà, que peut bien cacher cet appel ?

Pourquoi donc, le FPI chercherait-il à s’allier au PDCI de Konan Bédié ? Serait-ce pour fragiliser l’alliance RHDP afin de mieux se positionner ? Ou alors, est-ce pour éjecter tout simplement Ouattara du fauteuil présidentiel ? Ou encore, serait-ce un aveu de reconnaissance du poids du PDCI dans l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir ? En somme, le FPI n’est-il pas en train de se fragiliser en montrant aux yeux du monde qu’il a nécessairement besoin du PDCI pour « vaincre » Ouattara ?

Reconnaissons qu’à première vue, pour un parti qui s’est toujours réclamé vainqueur de la présidentielle de 2010 face au RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix), coalition politique au sein de laquelle figure le PDCI, une telle démarche ne peut que susciter des interrogations. Tout compte fait, au parti à la rose, aguerri à l’art de la « subtilité politique » - à l’image de son mentor Laurent Gbagbo – cet appel n’a pas fini de livrer tout son contenu.

Enjeux pour le PDCI

Au PDCI, la récente réunion du Bureau politique, a levé un coin de voile sur la réaction de ce parti face à l’appel du FPI l’invitant à sortir d’une alliance en soutenant que le RDR : « nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous ». Et le PDCI de répondre - par la voix de Konan Bédié - : « (…) faut-il, pour cela, revenir sur la parole donnée et quitter une alliance parce que des éléments de l’association n’ont pas réussi à se maitriser ? Faut-il oublier ce que cette alliance a apporté à chaque membre et qu’elle a permis de débarrasser le pays d’un tyran ? Que le RHDP ne fonctionne pas, comme nous l’aurions souhaité est un fait, mais ne faut-il pas plutôt chercher à l’améliorer, que de la quitter ? ».

Dès lors, l’on penserait les carottes cuites pour l’appel du FPI au PDCI. Ce qui n’est pourtant pas le cas si l’on s’en tient aux déclarations de Kouadio Konan Bertin, dit KKB, président de la jeunesse du PDCI : « Le FPI n’est pas notre ennemi ». Et le Bureau politique qui ne semble pas non plus, avoir dit le dernier mot. « Alliance PDCI-FPI ? », s’interroge le principal quotidien proche du PDCI à sa Une, avant de répondre : « ni oui… ni non ! ». De quoi donner - au passage - des sueurs froides à son allié, le RDR (Rassemblement des Républicains) d’Alassane Ouattara.

C’est un secret pour personne, le PDCI se met désormais dans la peau du « sauveur » de la Côte d’Ivoire, car c’est – selon lui – son président Konan Bédié qui a permis de « sauver la Côte d’Ivoire ».

En adoptant une telle posture, en faisant d’avantage languir ses « prétendants », le PDCI ne caresserait-il pas – lui aussi – le secret espoir de se servir de sa position de « courtisée », pour revenir au pouvoir ou, à défaut réclamer d’avantage à son allié, le RDR, de plus grandes parts du gâteau ?

Enjeux pour le RDR

A les voir s’agiter dans tous les sens,  on comprend aisément que l’invite du FPI au PDCI à quitter le RHDP pour le rejoindre, vient sans doute, troubler le sommeil des républicains. Et pour cause…

Même allié au PDCI, le RDR a-t-il pu faire le poids face à la coalition politique dénommée LMP (La Majorité Présidentielle), qui supporta la candidature de Laurent Gbagbo ? A ce jour, rien n’atteste que ce parti ait réussi à remporter l’élection présidentielle de 2010, en dehors – bien sûr - des bombes de l’armée françaises. Le PDCI reste donc le seul accessoire de légitimité dont peut encore se revêtir le RDR d’Alassane Ouattara aux yeux de l’opinion publique.

Ainsi, au RDR, la question de « la mort du RHDP » demeure un sujet absolument tabou. Il suffit de remarquer comment, ce parti s’acharne à combattre tous ceux qui déclarent la mort de l’alliance des houphouétistes pour s’en rendre compte. Anaki Kobenan, président du MFA (Mouvement des Forces d’Avenir, parti politique membre (?) du RHDP) et Kouadio Konan Bertin dit KKB – pour ne citer que ces deux là - en ont déjà fait les frais.

Au RDR, la consigne est claire : mettre tout en œuvre pour ne pas perdre le PDCI, pour ne pas que le parti de Konan Bédié réponde favorablement à l’appel du FPI, pour qu’une alliance FPI-PDCI, jugée d’ores et déjà comme « explosive », ne voit le jour ; mettre tout mettre en œuvre, y comprit une campagne médiatique visant à faire croire à l’opinion que: à ceux qui « manœuvraient dans l’ombre pour déstabiliser l’alliance (RHDP, ndlr) », « Bédié ferme la bouche (…) ». Alors qu’en réalité, il n’en est rien.

Et, quand l’attitude du PDCI, face à l’appel du FPI, ne semble pas les satisfaire, les républicains n’hésitent pas alors à le traiter d’« allié douteux ».

En somme, l’appel du FPI au PDCI, est au RDR ce qu’est dans un camp adverse, une grenade dégoupillée, lancée par l’ennemi.

Enjeux pour  la Côte d’Ivoire et les ivoiriens

Pas besoin d’être devin pour savoir que le souhait de tout ivoirien, reste avant tout de voir son pays sortir du cycle de violences ; de voir s’éloigner de lui, le spectre de la haine, des frustrations gratuites ; de pouvoir célébrer la fin de la justice sélective ; de voir enfin s’estomper la confiscation et l’expropriation des biens, le désordre et l’insécurité, l’animalisation d’une catégorie d’ivoiriens au profit d’une autre…, bref, de sortir de cette période trouble que lui impose Alassane Ouattara et son clan.

Pour l’ivoirien qui ne sait plus à quel saint se vouer, bien au-delà de ce jeu de cache-cache entre le FPI et le PDCI, il importe que l’intérêt de la nation soit la priorité des priorités. En cela, le FPI et le PDCI, ont le devoir de définir clairement leur position, de prendre leurs courages à deux mains, d’assumer leurs responsabilités devant l’histoire et les hommes, de montrer aux ivoiriens qu’ils aiment leur pays, en le défendant, au-delà même de toute considération politique ou de tout avantage matériel.

Sinon, que ces partis politiques sachent bien que l’heure n’est plus au jeu, mais à la restauration de la cohésion sociale, de l’unité nationale pour ensemble affronter les défis majeurs qui s’annoncent dans les années à venir pour la Côte d’Ivoire. Au-delà du FPI et du PDCI, puissent-ils être nombreux ces ivoiriens qui saisiront la portée d’un tel défi.

Marc Micael

marcmicael@yahoo.fr

 

 

 

11/05/2013

Alassane Ouattara, objectif : amuser la galerie pour perpétuer son règne

20130506-13_jeune_afrique_2729.jpg Ces derniers temps, il n’est pas rare de le voir devant micros et journalistes, à la télévision nationale, en page de couverture de magazines politiques. Il parle et parle. Selon ses partisans, « il dit tout ». Comme toujours, depuis son arrivée au pouvoir, il vague sans cesse d’opérations de charme en opérations de charme pour se redorer une image plus que jamais ternie.

Mais nous sommes bien ici en politique. Et en politique, rien ne se fait au hasard. Il nous faut saisir – au-delà de cette machination opaque, le message « subliminal » qu’il nous renvoi.

Alassane Ouattara parle alors qu’on attend de lui des actes concrets. Il parle, répond aux questions des journalistes pendant que le chômage, la vie chère la pauvreté et leurs pénibles corolaires traquent les ivoiriens jusque dans leurs derniers retranchements. Il parle pendant que ces derniers crient leur misère sans savoir – finalement - à quel saint se vouer.

Il ne fait que parler, alors que ses seigneurs de guerre – en toute impunité - s’adonnent – au vu et au su de tous –  à des pratiques mafieuses, à ce que l’on a appelé « des activités économiques prédatrices » dans les zones qu’ils occupent depuis la rébellion de 2002.

Il ne fait que parler. Et ses paroles sont loin d’apaiser les cœurs et les esprits. Car que vaut la parole d’un homme qui a fini par habituer l’opinion nationale -  et même internationale - à des promesses non tenues ? Absolument rien.

Parler pour flatter

L’adage dit : « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». L’homme fort du régime d’Abidjan en est conscient. C’est pourquoi il se donne à fond, dans ce triste jeu de verbiage, monté de toute pièce.

Il lui faut sauver le semblant d’honorabilité qui reste à son régime. Il lui faut colmater les brèches, boucher les fissures qui apparaissent de plus en plus au grand jour. Il faut à monsieur Ouattara, rassurer ses partisans, montrer qu’il a encore toutes les cartes en main et que – sous son règne - demain sera radieux. En l’écoutant, on est tout de suite séduit, tant il manie à merveille promesses, chiffres virtuels sur la croissance économique et optimisme béat. Mais il est loin, bien loin de « transformer les discours en réalité », constatait – il y a peu - Human Rights Watch.

Pourquoi donc s’évertuer à vouloir convaincre – comme le malicieux renard - par des discours vains – un peuple affamé qui n’a d’ailleurs point d’oreilles et qui attend beaucoup de lui sur le terrain si ce n’est pas entre autre pour… ?

Gagner du temps

Pour les dossiers aussi brûlants que ceux du seigneur de guerre Amadé Ourémi qui sévit dans le mont Péko, la cherté de la vie et l’impunité érigée en programme de gouvernance, Ouattara préconise la patience aux ivoiriens. Il déclare : « (…) les dossiers sont en cours » ou encore « (…) on ne peut pas nous demander des résultat après un ou deux ans ».

Ici, le discours n’est pas que creux ou inutilement vain, il est mesuré, calculé d’avance. Il poursuit un but. Il vise à faire gagner du temps à celui qui le tient. Il vise à préparer les esprits à une éventuelle perpétuation de son règne à la tête de ce pays.

En 1990, Alassane Ouattara promettait 100 jours pour redresser l’économie de la Côte d’Ivoire. 100 jours plus tard, il demandait une rallonge. Pendant la campagne présidentielle de 2010, il sollicite 5 ans auprès des ivoiriens, prétendant être « la solution » à leurs problèmes. Deux ans après, soit à mi-parcours de son mandat, le ton du discours est plus modéré et l’ambition est revue à la baisse: « (…) à priori, je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois ans à venir ». Conclusion : Ouattara est candidat à sa propre succession pour 2015.

Après deux ans de règne à la tête de la Côte d’Ivoire, nous en sommes encore là avec monsieur Ouattara, à nous gaver de « solutions », à nous entre-dévorer comme des chiens affamés que l’on veut distraire en leur jetant des miettes afin d’avoir toute la latitude de commettre son forfait. Bref, après deux ans, nous en sommes encore à assister monsieur Ouattara amuser la galerie. Nous en sommes encore à nous contenter des discours creux et vains alors que les problèmes essentiels, ceux qui touchent à l’avenir de ce pays font l’objet de petites spéculations politiques au profit d’un clan qui entend perpétuer son règne, fut-ce au prix d’une dictature sans égale.

Mais comme toujours et encore, l’on s’accordera à dire que le dernier mot appartient aux seuls ivoiriens. Mais là encore, l’on ne saurait ne pas se demander : sauront-ils taire leurs petites querelles pour déjouer cette supercherie en préparation ?

 

Marc Micael

marcmicael@yaoo.fr 

 

 

17/04/2013

Concessions selon Ouattara

alassane_ouattara.jpgMême si le personnage est certes différent, le lieu, le décor et l’ambiance, sont  - quant à eux – les mêmes. Encore un autre chef d’Etat africain venu « prendre conseils » au siège de la présidence française, auprès de l’ex-puissance coloniale, la France.

Ce 11 avril 2013, Alassane Ouattara est reçu à l’Elysée. A sa sortie de visite, il apparait, sur le perron du palais, raccompagné par François Hollande, le président français. Poignée de main d’au revoir, quelques flash d’appareils photos, et Holland s’éclipse. Alassane Ouattara peut se diriger – enfin – vers les journalistes qui l’attendaient. Sourire commercial aux lèvres, la séance de questions-réponses peut commencer.

Sur la question se rapportant à la réconciliation en Côte d’Ivoire, la réponse de Ouattara aura fait sursauter plus d’un: « J’ai fait toutes les concessions » sic. Le ton est définitif.

Et, l’affirmation laisse supposer que monsieur Ouattara a – pour sa part – accompli tous les « sacrifices » nécessaires pour régler la crise socio-politique qui secoue la Côte d’Ivoire, depuis plus de 20 ans. Et qu’il n’y aurait en conséquence plus de concessions possibles en dehors de celles qu’il a déjà faites.

Si donc Ouattara soutien avoir « fait toutes les concessions », alors que l’on sait les tensions nées de la crise post-électorale encore vives et le sentiment d’une justice sélective, plus que jamais encrée, dans la conscience populaire en Côte d’Ivoire ; si tous s’accordent – pourtant –à dire qu’il reste encore un énorme travail à faire pour parvenir à réparer le tissu social profondément endommagé, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter – notamment - sur la nature des « concessions » qu’il dit avoir faites ?  Posons clairement la question: Ouattara a-t-il réellement fait des concessions ? Si oui, lesquelles ?

Des concessions de forme

Pour se rapprocher, différentes parties en conflit ont nécessairement besoin de faire des concessions. En Côte d’Ivoire, les deux adversaires de la crise post-électorale sont connus: l’opposition conduite par le Front Populaire Ivoirien (FPI) et le régime en place avec à sa tête Alassane Ouattara, chef de l’exécutif.

Pour ce que l’on sait, Ouattara a d’abord lancé des appels: au FPI, pour l’inviter à entrer dans son gouvernement ; ensuite, pour l’amener à prendre part aux élections locales, législatives notamment ; il a aussi lancé un appel aux exilés à rentrer au pays. Il a fait libérer quelques prisonniers– dont on sait – de « faible envergure » politique. Il a enfin, fini par accepter – à la demande de l’opposition – l’idée d’un « dialogue-direct » opposition-gouvernent. Un dialogue qui, jusqu’ici n’a apporté aucun résultat probant.

Peut-être, est-ce à tout cela qu’il fait allusion. Dans ce cas, il faut avouer que ces « concessions » – si on peut ainsi les appeler - n’auront été que pour la forme. Puisque qu’elles n’ont pas suffit à faire bouger les lignes.

En fait, n’aurait-il pas fallu aller plus loin, pour obtenir des résultats manifestes ? Suffit-il de lancer des appels pour que les gens se précipitent ? Ou bien, peut-on s’asseoir et discuter sans chercher à trouver des accords pour rapprocher les points de vue ? En somme, n’aurait-il pas fallu faire de véritables concessions avec à la clé des résultats concrets ?

L’exemple de l’accord politique de Ouagadougou, qui a vu le jour par une ferme volonté – d’au moins une des parties signataires dudit accord - d’aller à la paix, est encore là pour répondre à cette préoccupation.

Au lieu de cela, monsieur Ouattara a-t-il raison de parler de « concessions », en donnant à l’opinion publique l’impression qu’il en a déjà assez fait ? Absolument pas. A moins que…

Quand on a le soutien de la communauté dite internationale…

Quand on se dit vainqueur d’une guerre et que l’on a le soutien de la communauté dite internationale - comme c’est le cas pour Alassane Ouattara - il existe une forte éventualité de croire que l’on n’a pas besoin de faire des concessions. Et qu’il revient – par conséquent - aux « vaincus » de se plier à nos exigences.

Si l’on veut comprendre l’arrogance et le refus de tout compromis qui conforte le camp Ouattara, il faudrait aussi chercher par là.

Aux dires de Anne Oulotto, ministre d’Alassane Ouattara, « Le FPI a introduit la sorcellerie en politique ». Propos recueillis dans une interview où elle défend la thèse selon laquelle le FPI, parti d’opposition, devrait demander pardon et se repentir pour avoir occasionné la crise post-électorale Côte d’Ivoire. On aurait bien voulu qu’elle nous livre objectivement les arguments qui la fondent à dire que le FPI est plus coupable que ne l’est son parti à elle, le RDR. On aurait voulu qu’elle nous dise pourquoi le FPI serait le seul coupable à qui il revient avant tout de demander pardon. Malheureusement, ce dédain à l’égard de l’autre, ne peut s’expliquer que par le soutien aveugle de la communauté dite internationale qui, il faut le croire, fini par monter  à la tête de celui qui en bénéficie.

De fausses concessions pour gagner du temps

Mais au-delà de ces concessions de forme ou fausses concessions, le régime Ouattara, ne cherche t-il pas – plutôt - à gagner du temps et à faire le jeu des puissances occidentales et de la nébuleuse appelée ONU ? Deux entités qui  se complaisent dans des situations de « ni-paix, ni-guerre » au sein de nos Etats africains pour pérenniser leur présence et leur domination impériale en échange de leur soutien aux régimes qui leur sont favorables.

Aussi, tant que Ouattara bénéficiera du bouclier des puissances occidentales, toute idée de concessions visant à ressouder les ivoiriens autour de la mère patrie pour la protéger des prédateurs, tournera court. Car sa présence au pouvoir trouve toute son essence dans ce soutien dont il bénéficie. Il a donc intérêt à ce que la Côte d’Ivoire demeure un royaume à jamais divisé, une terre où ses soutiens pourront mieux asseoir leur règne et ce, pout longtemps encore.

Malheureusement, le temps, c’est ce qui manque le plus au peuple ivoirien. Car plus le temps passe, les nuages sombres s’amoncèlent au-dessus de leur pays. La situation de crise socio-politique ne cesse de s’envenimer, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. Et ce ne sont pas les torrents de milliards promis – par Ouattara - qui y changeront grand chose.

Finalement, le drame des peuples africains, et singulièrement du peuple ivoirien, se situe à ce niveau. Ces peuples finissent, tôt ou tard, par devenir, les otages d’un chantage honteux entre politiciens véreux. Leur avenir fini malheureusement par être confisqué par des loups qu’ils prenaient pourtant pour des agneaux bienveillants.

La question qui demeure - en fin de compte – et qui se dégage de ce triste constat est la suivante : quel mécanisme peut-on mettre en place pour s’assurer - à la base - que celui qui sollicite le suffrage du peuple, ne délaisse pas les intérêts de ce peuple, une fois au pouvoir, pour finalement privilégier ses propres intérêts et ceux de son clan ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

12/04/2013

Côte d’Ivoire - Réconciliation forcée

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Les partisans de la coalition autoproclamée « houphouétistes », seraient-ils revenus de leurs illusions, après s’être rendu compte qu’il ne suffisait pas de s’accaparer du pouvoir pour que, comme par enchantement, la Côte d’Ivoire devienne un havre de paix ? L’exercice du pouvoir a ses réalités. En Côte d’Ivoire, il s’agit entre autres de l’épineuse question de la réconciliation.

Certes, la réconciliation ne se décrète pas. Sinon, il aurait suffit  à monsieur Ouattara de prendre un décret à cet effet. Et les ivoiriens auraient fini – à ce jour - de se réconcilier. Evitant par la même occasion, à monsieur Charles Konan Banny, président de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), de se mettre à genou devant la nation – dans une mise en scène grotesque - et, d’avoir à justifier le budget à lui alloué, en courant de ville en ville, organiser d’improductives cérémonies de libations.

Le régime – abusivement - « houphouétiste » d’Abidjan, fait – quand même - bien de reconnaitre par la voix de monsieur Duncan, que la réconciliation «(…) n’est pas une option, mais bien une obligation de bon sens ». Mais ce la ne saurait suffire. Il faut aller au-delà des déclarations et des promesses. Il faut que les ivoiriens se réconcilient effectivement et cela, au plus vite, s’ils veulent éviter à leur pays de sombrer dans un chaos aux conséquences irréparables. Car, comme l’ont reconnu certains observateurs, « La Côte d’Ivoire est en effet loin d’être apaisée » et, « Les plaies de la crise post-électorale sont toujours saillantes ».

 

Dans le contexte socio-politique actuel, même si tous s’accordent à dire que la réconciliation est un passage certes obligé, doit-on, ou peut-on pour autant forcer la main au destin? Ne serait-il pas plus sage de se demander comment réconcilier les ivoiriens ? Surtout, y parvenir, sans avoir renoncé à la mise en œuvre d’une pratique visant à « neutraliser » Laurent Gbagbo, et ne pas réaliser qu’en fin de compte, c’est faire aussi un grand tort que l’on fait à ses partisans, donc à des ivoiriens ?

Alassane Ouattara gagnerait à se saisir de la question. D’abord, parce qu’il a appelé à la guerre. Son niveau de responsabilité morale est alors plus grand. Ensuite, parce qu’il est chef de la coalition politique au pouvoir. Un pouvoir qui œuvre d’arrache pied pour « effacer les traces » de Laurent Gbagbo.

Or, apparemment, monsieur Ouattara rechigne à saisir la portée d’une telle question. Il apparaît dès lors que la réconciliation telle que voulue, ne peut qu’être une tentative de passage en force. Pour cause…

 

A près la bataille, l’écriture de l’histoire doit-elle appartenir aux vainqueurs ?

 

« Après la bataille, l’écriture de l’histoire appartient aux vainqueurs », a-t-on l’habitude d’entendre très souvent.

 

En Côte d’Ivoire, si la question de savoir qui a gagné l’élection présidentielle de 2010, déchaîne tant de passions et  divise encore profondément les ivoiriens, c’est qu’il y a bien au-delà de cette polémique, toute une séries d’évènements qui entrent en ligne de compte. Ce sont différents évènements de la crise sur lesquelles ils n’arrivent pas à s’entendre. Qu’est ce qui s’est réellement passé avant, durant et après cette crise électorale ? Comment cela s’est-il passé ?

 

Arriver à comprendre ce qui a conduit à l’imbroglio électoral en Côte d’Ivoire, ne revient-il pas nécessairement à dire qui a gagné les élections ?

 

Si les ivoiriens – sans passions aucune - parviennent à trouver les vraies réponses à ces questions, pour en dégager les conclusions qui s’imposent, alors ils auront – pratiquement - réussi à trouver le chemin salvateur de la réconciliation.

Mais si une certaine classe politique ivoirienne continue de vendre à l’opinion une version préfabriquée de la crise post-électorale, les ivoiriens n’en seront que toujours et plus divisés. Surtout quand il s’avère que cette version est dictée par la « grande prescriptrice » occidentale et imposée comme la « version officielle » de l’histoire.

C’est pourquoi, l’histoire de la crise post-électorale, ne doit pas s’écrire par ceux que l’on dit « vainqueurs ». Encore moins par ceux que l’on appelle les « vaincus ».  L’histoire de la Côte d’Ivoire, doit s’écrire par les ivoiriens, tout simplement. Ils doivent l’écrire sans rien éluder.

Par exemple, l’embargo sur les médicaments et la fermeture des banques, passés sous silence. Quelles en ont été les conséquences ? Combien de précieuses vies humaines ces mesures iniques ont-elles occasionné ? Comment justifier l’utilisation des armes, avec l’implication d’une armée occidentale, de surcroit ex-puissance colonisatrice, dans un conflit électoral…?

Ainsi donc, affirmer dans le cas de la Côte d’Ivoire, qu’« Après la bataille, l’écriture de l’histoire appartient aux vainqueurs », relève tout simplement de l’obscurantisme. Mais encore, d’un malveillant désir de voir la Côte plonger pour de bon dans la division. Pourtant…

Les « vainqueurs » écrivent l’histoire en Côte d’Ivoire

Faut-il encore le rappeler ? Alassane Ouattara, soutenu par la ce que l’on a appelé la communauté internationale, a appelé de tous ses vœux, la guerre en Côte d’Ivoire.

Après le décompte macabre faisant état de plusieurs milliers de morts, il lui fallu se soulager la conscience. Un bouc émissaire fut trouvé: Laurent Gbagbo. Un récit préfabriqué de toutes pièces pour donner vie au scénario: « Laurent Gbagbo est un mauvais perdant ; Il s’est accroché au pouvoir après avoir perdu les élections ; C’est un affreux dictateur qui massacre son peuple ». Et l’histoire est écrite. Il ne restait plus qu’à la faire gober à l’opinion publique. Les médias occidentaux s’en sont donné à cœur joie.

De cette « thèse » découle la chasse aux sorcières perpétrée contre les partisans de Laurent Gbagbo. Emboitant le pas aux « vainqueurs », la justice internationale se rendit coupable d’impartialité. Si bien qu’elle sera épinglée par Human Rights Watch, une ONG des Droits de l’Homme. Sans détour, Human Rights Watch déclare : « La Cour pénale internationale (CPI) a "légitimé" la mise en place d'une justice partiale contre l'ex-président Laurent Gbagbo et ses proches en Côte d'Ivoire ».

Aujourd’hui, les partisans de Laurent Gbagbo et toutes les personnes supposées comme tel, sont « sommés » d’aller à la réconciliation. Au quel cas, ils s’exposent à la vindicte populaire, présentés comme étant opposés à la réconciliation nationale.

La réconciliation s’impose à tous, certes. Mais a-t-on le choix d’y aller sans se faire passer pour des automates programmables ? Sans se laisser manipuler comme des marionnettes ? Sans être contraints à s’inscrire dans une logique selon laquelle : de jour, l’on doit se conformer au dictat de la réconciliation, et de nuit subir la justice « des vainqueurs » ; être victime de violations des droits de l’homme ; d’emprisonnements abusifs ; de répressions brutales et sauvages…? Est-ce là, la réconciliation qu’il nous faut ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

29/03/2013

Conflits à l’ouest - la fuite en avant du régime Ouattara

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« La réconciliation du pays passe par celle des habitants de Duékoué (ville située dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, et qui a enregistré le plus grand nombre de victimes, ndlr) », reconnait – pour une fois - France 24, une chaine de télévision française, à l’issue d’un reportage, en 2011, dans cette zone sinistrée de la Côte d’Ivoire, période post-électorale. Ce média a-t-il tort d’être aussi catégorique ?

En réalité, le constat de cette chaine de télé française sur les tueries de l’ouest et la conclusion qu’elle en tire, n’est ni plus, ni moins, ce que chacun de nous sait déjà. Et sur lesquelles, une fois de plus, certains ont préféré fermer les yeux – manifestement - par mauvaise foi. Le drame de l’ouest ivoirien, le voici, en quelques mots: habitations brûlées, détruites ; des centaines, voire des milliers de cadavres gisant dans des marres de sang, sauvagement massacrés ; des corps en putréfaction avancée, jetés dans des fosses communes ; des bras, des jambes, des têtes de personnes mutilées ; des villages entiers désertés, ou complètement rayés de la carte ; torrents de larmes ; silence de douleur ; fantômes errants, à la recherche de sépultures dignes… Nul doute, que ces tueries ont notamment eut lieu aux heures sombres qui ont marqué l’arrivée – au forceps – d’Alassane Ouattara au pouvoir, au cours de l’assaut sanguinaire des troupes rebelles venues du nord vers le sud. Ce que les communicants du régime ont, dans leurs illusions mesquines appelé « la chevauchée fantastique ».  

Ce tragique décor, aucune autre région de la Côte d’Ivoire, période crise post-électorale, mieux que la région ouest, ne pourra le revendiquer.

Et comme si cela ne suffisait pas, l’ouest de la Côte d’Ivoire continue de sombrer : « Au moins trois attaques armées ont été enregistrées en 10 jours (dans le seul mois de mars 2013, ndlr) dans les villages de Zilébly, Tuobly et Petit-Guiglo dans les départements de Toulepleu et de Bloléquin, faisant au total une vingtaine de morts (…) », rapporte la presse ivoirienne dans son ensemble.

Alors que les inquiétudes se font sentir au sujet de ces nouvelles tueries à l’ouest, et que les yeux se tournent vers lui pour en savoir d’avantage et surtout sur le fond du problème et espérer le voir être réglé de façon efficace et durable, le régime en place, par la voix de son porte-parole, Koné Bruno, nous apprend, non sans désinvolture : « Les auteurs (des attaques, ndlr) peuvent être des bandits égarés ou d'anciens miliciens qui viennent se servir dans les villages" (…). Ces jeunes ne gagnent rien à s'en prendre aux populations et aux forces armées nationales ». En guise de conclusion, il indiquera qu’il y a lieu: « d'écarter le mobile politique ».

Cette posture adoptée par le régime Ouattara, alors que des vies humaines sont en jeu, et dès lors qu’il s’avère que le problème de l’ouest est plus profond qu’il ne le parait, n’est pas – à notre sens – pertinent. A la lumière de nombreux rapports d’enquêtes d’organismes internationaux, sur cette région du pays, ne serait-ce pas ses propres tares que le régime en place tente de  soustraire à l’opinion publique ?

La politique a exacerbé les clivages ethniques

La cohabitation n’étant pas toujours aisée, il est vrai que des conflits liés au foncier rural ont secoué cette zone de la Côte d’Ivoire, entre autochtones et allogènes, comme d’ailleurs dans bien d’autres régions. Un pays qui regorge de terres arables, objet d’attraction de plusieurs populations venues des pays voisins, ou de l’intérieur même de la Côte d’Ivoire.Il faut noter que la Côte d’Ivoire a cette particularité d’accueillir plus de 37% d’étrangers (chiffres officiels) sur son sol.

Pendant plusieurs années, des politiciens véreux ont surfé sur les vagues des clivages ethniques, tribales et régionales pour les besoins de la conquête du pouvoir politique. Mettant en conflit ivoiriens contre étrangers, puis ivoiriens contre ivoiriens. L’«ivoirité» promue par Henri Konan Bédié, a envenimé les relations entre nationaux et nouveaux migrants. Ensuite, en 2002, la tentative de coup d’Etat contre le régime de Laurent Gbagbo, transformée en rébellion. Cette rébellion qui estimait qu’une partie de la population ivoirienne, notamment celle du nord était exclue et l’objet de tracasseries en tout genre. La crise de 2002 a donné naissance à des groupes paramilitaires. Des mercenaires libériens, des miliciens ou encore groupes d’auto-défense, sévissant essentiellement dans la partie Ouest du pays, à la frontière avec le Libéria. A l’occasion de la crise post-électorale, la situation à l’ouest va s’aggraver d’avantage, en témoignent de nombreux rapports (Croix-Rouge, HCR, ONG de droits de l’Homme, etc.). Dans un article de terrain titré : «Un territoire hors de contrôle-Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien», le périodique français ‘’Le Monde Diplomatique’’, dans son édition de septembre fait de graves révélations : « Quand la crise postélectorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars 2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par l’armée créée par M. Ouattara, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines de personnes – la Croix rouge a compté 867 corps –, essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinés. Selon une commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels du nord du pays, et des partisans de M. Ouérémi ». Le périodique remarque aussi : « Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones » et ce pendant que FRCI, Dozos et ressortissants étrangers se sont arrogés les terres des autochtones en guise de butin de guerre.

Le périodique poursuit : « (…) l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au nord de Taï. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones ». Et ne s’arrête pas là : « Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni Fofana alias Loss. (…) les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans. (…) Ensuite viennent les dozos : arrivés dans la région pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leurs fusils ‘’calibre 12’’. Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali. Certains sont devenus agriculteurs ».

Comme on peut le constater, pour la plupart des conflits, le mobile politique est toujours présent en toile de fond, pour les besoins de la cause.

Impuissance et laxisme du régime Ouattara: des choix politiques incongrus

Aujourd’hui, il est question de savoir : Comment règle-t-on le problème des réfugiés ivoiriens au Libéria ? Pourquoi ne peuvent t-ils pas rentrer chez eux ? Que fait l’Etat ivoirien pour leur retour en Côte d’Ivoire, et comment pourront-ils récupérer leurs terres confisquées par les FRCI, les Dozos et les immigrés étrangers ? Comment ramener la paix dans cette zone et surtout comment réconcilier les populations en conflits ? C’est aux réponses à ces questions que nous nous attendions et non à la déclaration teintée de faux-fuyant de monsieur le porte-parole du gouvernement.

En fait, à l’ouest du pays, le régime Ouattara ne contrôle visiblement rien face à la mafia qui y est organisée. L’ultimatum d’évacuation des forêts, le désarmement annoncé, les promesses de poursuite judiciaire contre les responsables des tueries…, sont tous restés sans suite. Voilà le véritable fond du problème, voilà les raisons de la fuite en avant du régime Ouattara, son impuissance et son laxisme. N’est-ce pas là des choix politiques qu’il doit aussi reconnaitre et assumer ?

Finalement, retenons que les attaques de ces derniers jours, ne sont pas des faits isolés, comme tente de le faire croire le régime Ouattara. Le problème de l’ouest de la Côte d’Ivoire se situe bien au-delà de « bandits égarés (…) qui viennent se servir dans les villages ». Le mobile politique, ou tout simplement la politique, est bien présente, à l’origine des conflits. Le régime Ouattara a tort de négliger les signaux lancés ces derniers temps dans sa direction. Un principe élémentaire recommande de ne  négliger aucune piste, lorsque l’on veut se donner les chances de résoudre définitivement un problème. N’est-ce pas ce que nous enseignent les fins limiers, rompus à la résolution des situations les plus compliquées et dont doit aussi s’inspirer tout gouvernement sérieux ?

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr