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24/07/2015

Le poète prodigue

Bientot...

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07/05/2013

Plat du jour en Dramanistan: promesses et chiffres virtuels

 

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Yopougon Nouveau goudron. J’emprunte un taxi woro-woro, direction Bel air. Dans le taxi, un passager converse avec le chauffeur dont on devine à première vue qu’il est un ami de longue date. 9h38, le soleil darde ses rayons sur nos pauvres crânes. Dans le taxi, la chaleur est encore plus étouffante. Je me hasarde à prêter une oreille indiscrète à leur conversation. D’ailleurs cela ne les gêne pas puisqu’après être monté dans le taxi, ils n’interrompirent pas leur dialogue.

 

-     

-   Chauffeur : (…) tu n’es pas allé accueillir le président lors de sa visite dans le Tonkpi ?

 

-      Passager : Quoi ? Je vais aller faire quoi là-bas ? à l’heure où tout le monde se cherche, je vais aller perdre mon temps là-bas. Djo, ça chauffe trop actuellement.

 

-      Chauffeur : Djo, tu as raison, c’est pas toi seul. Eux (Ouattara et ses ministres ndlr) ils sont rassasiés, alors que nous, on souffre ici. La vie est devenue trop dure tchè !

 

-      Passager : Oui, nous on souffre, pendant que certains sont à la fois Ministres, Députés, Maires, Directeurs et hommes d’affaires. C’est eux qui ont tous les marchés. Ils font pour eux vis-à-vis et puis ça va pas quelque part.

 

-      Chauffeur : en tout cas, c’est là que le Prési a  vraiment zaillé (faillit ndlr)

 

-      Passager : vrai vrai là, il a zaillé partout même !

 

J’écoute sagement la conversation. Je n’en reviens pas. Des partisans de Ouattara – car à leur façon de l’appeler affectueusement « Prési » - déçus – à mi-parcours – de leur mentor ! Des partisans de Ouattara se plaignant de la gabegie au sommet de l’Etat, de la cherté de la vie, de la rareté des emplois, bref de la misère ambiante qu’ils subissent, c’était inattendu.

 

Quand je descendis du taxi, le soleil avait redoublé d’ardeur, comme pour me rappeler que ce que je venais d’entendre de mes propres oreilles, n’était rien d’autre que la triste vérité.

 

Je me demandai : mais alors que font-ils des discours, promesses et chiffres virtuels de croissance que le régime Ouattara leur sert ? Auraient-ils compris qu’en fin de comte, l’essentiel n’était pas d’arriver au pouvoir, mais de pouvoir répondre aux attentes des populations, sans exclusion. Et qu’il fallut privilégier le bien-être de ces populations, pour qu’elles puissent se nourrir à leur faim, trouver et exercer un emploi pour vivre décemment, jouir de leurs libertés, bref, vivre dans un pays où les gouvernants ne s’accaparent pas à eux seuls le peu d’ombre qui reste et que leurs paroles se traduisent en actes concrets, pour le bien-être des citoyens et celui de leurs familles.

 

Après ce bref échange dont je fus le témoin privilégié, je compris que les partisans de Ouattara, comme les autres ivoiriens d’ailleurs, ploient sous le poids de la misère, ils ont faim, mais comme à son habitude, Ouattara leur sert comme plat, des promesses et des chiffres virtuel. Pendant que les proches de son clan se la coulent douce et s’en mettent plein les poches. Et ce, jusqu’à quand ?

 

Marc Micael

zemami1er@yahoo.fr


 

 

 

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